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AnalyseNotion · Glossaire

spirales de Cotes

Les spirales de Cotes sont, sous les hypothèses mécaniques de la classification de Roger Cotes, des trajectoires planes de points matériels soumis à une force centrale. Cotes en distingue cinq types : 1. les spirales de Poinsot bornées ; 2. les spirales logarithmiques ; 3. les spirales de Poinsot à asymptote ; 4. les spirales hyperboliques ; 5. les épis.
Trajectoire bornée autour d'un centre fixe Schéma qualitatif d'une trajectoire rouge bornée, d'un centre O et d'une force centrale. O point matériel trajectoire force centrale trajectoire bornée
Le centre fixe O, la force portée par le rayon et la trajectoire bornée rendent visibles les données du cas, sans suffire à identifier un type.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier le lien entre la trajectoire plane et la force centrale.
  • Retenir les cinq types distingués par Roger Cotes.
  • Éviter de prendre les cinq appellations pour des spirales strictes.

En clair

Imaginez le chemin suivi par un point qui se déplace autour d'un centre attirant ou repoussant. Pour parler de force centrale, ce centre doit être fixe et la force doit rester portée par la ligne qui relie le centre au point. Sa trajectoire peut s'enrouler, s'éloigner ou tendre vers une direction sans se refermer. Les spirales de Cotes regroupent, sous les hypothèses de leur classification et selon la forme vérifiable de la trajectoire, cinq familles.
Le classement porte donc dans la représentation du chemin, mais son origine est mécanique : une force centrale agit sur le point matériel. Le mot « spirale » doit être pris avec prudence, car certaines trajectoires de la liste ne sont pas des spirales au sens strict.

Définition

Une spirale de Cotes est une courbe plane qui représente, sous les hypothèses de la classification de Cotes, la trajectoire d'un point matériel soumis à une force centrale. Une force centrale possède un centre fixe O et une ligne d'action qui passe par O : sa force est colinéaire au vecteur radial reliant O au point matériel, son intensité pouvant dépendre de la distance à O. Cette seule centralité ne suffit toutefois pas à identifier un type de Cotes ; la loi de force et les conditions initiales peuvent aussi intervenir.
Dans le cadre mécanique retenu par Cotes, cinq types de trajectoires sont distingués : les spirales de Poinsot bornées ; les spirales logarithmiques, décrites en coordonnées polaires par une relation exponentielle entre le rayon et l'angle ; les spirales de Poinsot à asymptote, qui tendent vers une asymptote ; les spirales hyperboliques, décrites par leur loi polaire et leur comportement asymptotique ; et les épis, reconnaissables à leur forme à branches ou lobes.
La trajectoire est le résultat observable du mouvement dans le plan ; elle ne suffit pas, à elle seule, à reconstituer la force centrale ou les données initiales. Pour identifier une courbe dans cette famille, il faut donc conserver ensemble le contexte mécanique et une caractérisation suffisante de la trajectoire — équation, loi polaire ou comportement asymptotique établi — avant d'annoncer son type ; le seul caractère borné reste insuffisant.

Un exemple, pas à pas

Un manuel présente une trajectoire plane bornée, produite par un point matériel soumis à une force centrale autour d'un centre fixe, et demande de la situer dans la classification de Cotes. La bornitude est une donnée utile, mais elle ne suffit pas à identifier un type : sans équation, loi polaire ou autre caractérisation complète, le cas ne permet pas de conclure à une spirale de Poinsot bornée.
1. La courbe est reconnue comme une trajectoire plane.
2. Le contexte est vérifié : le point matériel est soumis à une force centrale autour d'un centre fixe, avec une force colinéaire au rayon.
3. La propriété fournie par l'énoncé est relevée : la trajectoire est bornée.
4. Ce critère est comparé aux désignations de Cotes, mais il est reconnu comme insuffisant à lui seul : plusieurs trajectoires centrales peuvent être bornées.
5. Le contrôle final cherche donc une équation, une loi polaire ou une caractérisation complète. Dans le cas présenté, cette information manque : la trajectoire est bornée dans un contexte de force centrale, mais son type de Cotes reste indéterminé.

Cas positif vérifiable : un second énoncé fournit le même contexte mécanique, établit la bornitude et donne la loi polaire 1/r(θ) = A cosh(kθ + ε), avec A > 0 et k > 0, explicitement identifiée comme la forme d'une spirale de Poinsot bornée. Les données sont donc le contexte, la bornitude et cette loi ; l'interprétation de la loi — qui donne 0 < r(θ) ≤ 1/A puisque cosh(kθ + ε) ≥ 1 — établit la forme bornée de la famille de Poinsot, et la conclusion est le nom « spirale de Poinsot bornée ». La classification repose ici sur la caractérisation fournie, et non sur l'apparence du tracé ni sur la bornitude seule.
Le contrôle final consiste à vérifier que le nom choisi correspond bien à la forme et que le contexte de force centrale n'a pas été oublié. Une courbe qui ressemble à une spirale, mais qui n'est pas donnée dans ce contexte, ne suffit pas pour conclure.

En pratique

Dans un exercice de mécanique céleste, la classification sert à nommer la trajectoire étudiée. Le geste consiste à lire d'abord le centre de la force, puis à décrire la forme du chemin dans le plan.
Dans un dessin ou une figure de cours, il faut distinguer une courbe réellement issue du mouvement étudié d'une simple forme décorative. Le critère observable est la présence du point matériel, de sa trajectoire et du contexte de force centrale.
Pour communiquer le résultat, donnez le type précis de Cotes plutôt que le seul mot « spirale », mais seulement lorsqu'une caractérisation suffisante est établie. Dans l'exemple guidé, le caractère borné seul ne conduit pas au nom « spirale de Poinsot bornée » : il faut signaler que le type reste indéterminé sans équation ou donnée complète.

À ne pas confondre

Une courbe en forme de spirale n'est pas automatiquement une spirale de Cotes. Un dessin établit une ressemblance graphique, pas à lui seul l'identification d'un type. La caractérisation complète se vérifie dans le contexte mécanique et les données du mouvement.
Il ne faut pas non plus confondre la famille de Cotes avec une seule forme particulière, par exemple la spirale logarithmique. La spirale logarithmique n'est qu'un des cinq types distingués dans cette classification ; le nom du type doit être conservé lorsque la figure permet de le préciser.

Limites et pièges

La première limite est incluse dans l'énoncé lui-même : certaines trajectoires classées par Cotes ne sont pas des spirales au sens strict. Le symptôme est l'emploi du mot « spirale » comme garantie de forme pour les cinq cas. Il faut alors parler de types de trajectoires dans la classification de Cotes.
La deuxième limite concerne l'information disponible. Une trajectoire plane ne détermine pas, à elle seule, toute la mécanique qui l'a produite ni le type de Cotes. Si la force n'est pas centrale, si le point matériel n'est pas identifié ou si aucune propriété vérifiable de la courbe n'est fournie, il faut décrire la courbe sans la classer comme spirale de Cotes.
Enfin, les mots « bornée » et « à asymptote » appartiennent aux désignations de deux types précis. Ils ne doivent pas être ajoutés à une trajectoire simplement parce qu'elle paraît se rapprocher d'un centre ou d'une direction ; la figure ou l'énoncé doit fournir une caractérisation suffisante, pas seulement ce critère isolé.

Pour aller plus loin

Pour prolonger la notion, la spirale logarithmique permet d'étudier séparément l'un des cinq types cités par Cotes. Le lecteur y gagne une description dédiée d'une forme précise, au lieu de rester au niveau du classement général.
La spirale hyperbolique offre le même approfondissement pour un autre type de la liste. Elle aide à distinguer le nom d'une courbe particulière du nom de la famille historique.
L'article Kepler ou la défaite du cercle élargit le contexte de la mécanique céleste et des trajectoires étudiées en astronomie mathématique.
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