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ArithmétiqueNotion · Glossaire

théorèmes de Sylow

Soit G un groupe fini, p un nombre premier divisant l'ordre de G et pᵏ la plus grande puissance de p qui divise cet ordre. Un p-sous-groupe de Sylow est un sous-groupe de G d'ordre pᵏ. Les théorèmes de Sylow garantissent l'existence de tels sous-groupes et donnent des contraintes pour comprendre la structure de G à partir de son ordre.
Sous-groupes garantis dans un groupe d'ordre 12 pour p égal à 2 La factorisation de 12 conduit à un sous-groupe d'ordre 2 et à un sous-groupe de Sylow d'ordre 4. |G| = 12 12 = 2² × 3 |H| = 2 |P| = 4 (Sylow 2)
Pour |G| = 12 et p = 2, la puissance maximale est 4 : Sylow garantit des sous-groupes d'ordre 2 et 4.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier la plus grande puissance de p qui divise l'ordre d'un groupe fini.
  • Distinguer existence, conjugaison, dénombrement et inclusion dans les trois théorèmes.
  • Appliquer les conclusions à un groupe abstrait d'ordre 12 avec p = 2.
  • Distinguer un p-sous-groupe quelconque d'un p-sous-groupe de Sylow.

En clair

Prenons un groupe fini qui compte 12 opérations et observons le nombre premier 2. Parmi les puissances de 2, les nombres 2 et 4 divisent 12, mais pas 8. La plus grande puissance utile est donc 4. Les théorèmes de Sylow garantissent l'existence de sous-groupes de 2 et de 4 opérations.
Ils disent aussi que les symétries internes du groupe permettent de passer de l'un à l'autre de ses sous-groupes maximaux de 4 opérations : c'est ce que signifie ici « être conjugués ». Leur nombre est en outre impair. Ces contraintes révèlent une partie de l'organisation du groupe sans devoir dresser toute sa table d'opérations.

Définition

Les théorèmes de Sylow s'appliquent à un groupe fini G. Soit p un nombre premier qui divise l'ordre de G. L'entier k est l'exposant de p dans la décomposition de cet ordre ; autrement dit, pk divise l'ordre de G, mais pk + 1 ne le divise pas. Un p-sous-groupe de Sylow est un sous-groupe de G dont l'ordre vaut cette puissance maximale pk.
Le premier théorème garantit, pour chaque entier α compris entre 1 et k, l'existence d'au moins un sous-groupe d'ordre pα. Le cas α = 1 retrouve le théorème de Cauchy. Le deuxième affirme que tous les p-sous-groupes de Sylow sont conjugués dans G ; ils sont donc isomorphes et ont tous l'ordre pk.
Notons np le nombre de p-sous-groupes de Sylow. Le troisième théorème impose np1(modp)n_p \equiv 1 \pmod p. Il affirme aussi que tout sous-groupe dont l'ordre est une puissance pα, avec 1 ≤ α ≤ k, est contenu dans au moins un p-sous-groupe de Sylow. Existence, conjugaison, dénombrement et inclusion fournissent ainsi des contraintes complémentaires sur la structure de G.

Un exemple, pas à pas

Considérons un groupe fini G d'ordre 12 et le nombre premier p = 2. Les données sont l'ordre 12, le premier 2 et les puissances successives 2, 4 et 8. Le schéma organise les conclusions que les théorèmes autorisent sans supposer une forme particulière pour G.
1. On décompose l'ordre : 12 = 2² × 3. La plus grande puissance de 2 qui divise 12 est donc 2² = 4.
2. Le premier théorème garantit un sous-groupe d'ordre 2 et un sous-groupe d'ordre 4. Ceux d'ordre 4 sont exactement les 2-sous-groupes de Sylow.
3. Le deuxième théorème assure que tous les 2-sous-groupes de Sylow de G sont conjugués, donc isomorphes.
4. Si n2 compte ces sous-groupes, le troisième théorème donne n2 ≡ 1 modulo 2. Leur nombre est donc impair.
Le résultat certain est l'existence des ordres 2 et 4, ainsi que la conjugaison et la parité impaire des sous-groupes maximaux. Le contrôle arithmétique se refait immédiatement : 4 divise 12, tandis que 8 ne le divise pas.

En pratique

Pour commencer l'étude d'un groupe d'ordre donné, on factorise cet ordre. Pour chaque diviseur premier p, on repère sa plus grande puissance et l'on obtient aussitôt l'ordre des p-sous-groupes de Sylow dont l'existence est garantie. Cette voie remplace avantageusement l'énumération aveugle de tous les sous-groupes possibles.
Lorsque d'autres informations montrent qu'il n'existe qu'un seul p-sous-groupe de Sylow, la conjugaison donne un test structurel : ce sous-groupe reste inchangé par toute conjugaison dans G. S'il en existe plusieurs, on conserve plutôt leur conjugaison commune comme contrainte.
Pour situer un sous-groupe dont l'ordre est une puissance de p, on cherche un p-sous-groupe de Sylow qui le contient. Cette inclusion ramène l'étude locale à des sous-groupes maximaux pour la puissance de p considérée.

À ne pas confondre

Un p-sous-groupe n'est pas toujours un p-sous-groupe de Sylow. Le premier a pour ordre une puissance de p ; le second atteint la plus grande puissance de p qui divise l'ordre du groupe. Dans un groupe d'ordre 12 avec p = 2, un sous-groupe d'ordre 2 est un 2-sous-groupe, tandis qu'un sous-groupe d'ordre 4 est un 2-sous-groupe de Sylow.
Le théorème de Cauchy et les théorèmes de Sylow n'ont pas la même portée. Cauchy garantit un élément d'ordre p lorsque p divise l'ordre du groupe. Sylow traite aussi la puissance maximale pk, la conjugaison, le nombre et l'inclusion des sous-groupes correspondants.

Limites et pièges

Le cadre est celui des groupes finis. Pour un groupe infini, l'ordre du groupe ne fournit pas une plus grande puissance de p à extraire ; il faut employer des résultats adaptés au cadre considéré au lieu d'appliquer cet énoncé.
Le nombre premier p doit diviser l'ordre de G. Si p ne le divise pas, il n'existe aucun exposant k ≥ 1 répondant aux hypothèses, et la conclusion sur les sous-groupes d'ordre pα ne s'applique pas.
La congruence np ≡ 1 modulo p ne donne pas, à elle seule, une valeur unique. Pour p = 2, elle impose seulement un nombre impair. Il faut donc combiner cette contrainte avec d'autres informations sur le groupe avant d'annoncer un dénombrement exact.
Dans la terminologie usuelle, la valuation p-adique de l'ordre de G est l'exposant k ; la puissance pk est la plus grande puissance de p qui divise cet ordre. Distinguer l'exposant de la puissance évite de remplacer k par pk dans les bornes sur α.

Pour aller plus loin

Le glossaire P-sylow approfondit l'objet maximal auquel les trois théorèmes appliquent existence, conjugaison et dénombrement.
Le théorème de Cauchy isole le premier seuil d'existence, celui d'un élément d'ordre p.
L'article La classification des groupes finis simples situe ces contraintes dans un vaste programme de description des groupes finis.
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