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AnalyseThéorème · Glossaire

Valeur finale (théorème de)

Le théorème de la valeur finale est un résultat en théorie des systèmes qui permet de déterminer la valeur asymptotique d'un signal temporel f(t) quand t tend vers l'infini à partir de sa transformée de Laplace F(s). Il affirme que la limite de f(t) est égale à la limite de s F(s) quand s tend vers 0. Ce théorème est valide sous condition que la limite existe et que tous les pôles de sF(s) soient situés dans le demi-plan de partie réelle strictement négative.
Approche de la valeur finale 1 Courbe du signal f(t) égal à 1 moins exponentielle de moins 2t, de 0 à 3 secondes. t (s) f(t) valeur finale 1 f(t)=1−e⁻²ᵗ 1 2 3
Le signal part de 0 et se rapproche de la valeur finale 1 ; à t = 3 s, il vaut environ 0,998.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Relier la limite temporelle à la limite de sF(s) en zéro.
  • Contrôler les pôles avant d’appliquer le théorème.
  • Refaire un exemple complet dont la valeur finale est 1.
  • Reconnaître les cas oscillant, divergent ou non borné où le raccourci échoue.

En clair

Imaginez la sortie d’un système qui monte rapidement, puis se rapproche de plus en plus de la valeur 1 sans la dépasser. On pourrait suivre la courbe pendant très longtemps. Le théorème de la valeur finale offre un raccourci : il lit la valeur d’arrivée dans la transformée de Laplace du signal, au voisinage de zéro.
Ce raccourci n’est fiable que si le signal se stabilise réellement. Une oscillation persistante ou une évolution instable peut donner un calcul trompeur si les pôles ne sont pas contrôlés.

Définition

Le théorème de la valeur finale relie le comportement à long terme d’un signal temporel à sa transformée de Laplace. On note f(t) le signal défini pour le temps t ≥ 0 et F(s) sa transformée, où s est la variable complexe de Laplace. Lorsque les hypothèses du théorème sont satisfaites, la limite temporelle se calcule par :
limt+f(t)=lims0sF(s)\lim_{t \to +\infty} f(t)=\lim_{s \to 0} sF(s)
Dans le cadre rationnel courant en automatique, un critère suffisant est que tous les pôles de sF(s) aient une partie réelle strictement négative. Un éventuel pôle simple de F(s) en s = 0 est alors annulé par le facteur s. Cette condition garantit que les composantes transitoires décroissent. La seule absence de pôle dans le demi-plan droit ouvert ne suffit pas : des pôles sur l’axe imaginaire peuvent entretenir des oscillations.

Le principe

Dans le cadre des fonctions rationnelles usuelles en automatique, soit F(s) la transformée de Laplace du signal f(t). Si tous les pôles de sF(s) sont situés dans le demi-plan de partie réelle strictement négative, alors f(t) admet une valeur finale et :
limt+f(t)=lims0sF(s)\lim_{t \to +\infty} f(t)=\lim_{s \to 0} sF(s)
La règle s’applique après la vérification des pôles, et non avant. La limite obtenue est la valeur vers laquelle le signal converge, pas la vitesse à laquelle il l’atteint.

Quand l'utiliser

Le théorème s’emploie pour un signal admettant une transformée de Laplace et dont le comportement asymptotique peut converger. Dans le cas des fonctions rationnelles, trois contrôles sont décisifs : former sF(s), simplifier les facteurs communs, puis localiser tous ses pôles. Chacun doit avoir une partie réelle strictement négative. La limite de sF(s) lorsque s tend vers 0 doit en outre être finie pour obtenir une valeur finale finie.
Par exemple, pour f(t) = sin(t), la transformée vaut 1/(s² + 1). Le calcul de sF(s) tend vers 0, mais les pôles en s = i et s = −i restent sur l’axe imaginaire : le signal oscille sans limite. Il faut alors étudier directement le comportement temporel, et non retenir 0 comme valeur finale.

Un exemple, pas à pas

Considérons, pour t ≥ 0, le signal f(t) = 1 − e−2t. Les données sont le niveau visé 1, la valeur initiale 0 et le taux de décroissance 2 s−1. Sa transformée de Laplace est :
F(s)=1s1s+2=2s(s+2)F(s)=\frac{1}{s}-\frac{1}{s+2}=\frac{2}{s(s+2)}
1. Multiplions F(s) par s : sF(s) = 2/(s + 2).
2. Cette fonction possède un seul pôle, s = −2, de partie réelle négative.
3. Faisons tendre s vers 0 : 2/(0 + 2) = 1.
4. La valeur finale du signal est donc exactement 1.
Le contrôle dans le domaine temporel confirme le résultat : e−2t tend vers 0 lorsque t tend vers l’infini, donc 1 − e−2t tend vers 1. La courbe associée rend visible cette approche progressive de la limite.

En pratique

En automatique, le théorème donne la sortie stabilisée d’un système soumis à une entrée donnée. Si un pôle de sF(s) se trouve sur l’axe imaginaire ou dans le demi-plan droit, l’étude des pôles et de la réponse temporelle remplace ce raccourci.
En traitement du signal, il permet de vérifier la composante constante atteinte après la disparition des transitoires. Une oscillation persistante observable impose plutôt une analyse fréquentielle ou temporelle.
Dans un calcul, le bon geste consiste à examiner les pôles de sF(s) avant de substituer s = 0. Cette vérification évite d’attribuer une fausse valeur finale à un signal divergent ou oscillant.

À ne pas confondre

Théorème de la valeur initiale. Il décrit le comportement lorsque t tend vers 0+, à partir du comportement de sF(s) lorsque s tend vers l’infini. Pour le signal 1 − e−2t, la valeur initiale est 0 tandis que la valeur finale est 1.
Valeur maximale. La valeur finale est une limite à long terme, pas nécessairement le plus grand niveau atteint. Un signal amorti peut dépasser sa valeur d’équilibre avant d’y revenir ; son maximum et sa valeur finale sont alors différents.

Limites et pièges

Pôle dans le demi-plan droit. Pour f(t) = et, le calcul formel de s/(s − 1) tend vers 0 quand s tend vers 0. Pourtant, le pôle s = 1 signale une divergence : il faut conclure que le théorème ne s’applique pas.
Pôle sur l’axe imaginaire. Le cas sin(t) produit formellement la limite 0 dans le domaine de Laplace, mais le signal ne converge pas. Les pôles ±i imposent de constater l’oscillation au lieu d’annoncer une valeur finale.
Pôle restant en zéro. Pour la rampe f(t) = t, on a F(s) = 1/s², donc sF(s) = 1/s. La limite n’est pas finie et le signal croît sans borne ; aucune valeur finale finie n’existe.
Condition formulée trop faiblement. Dire seulement que sF(s) est analytique dans le demi-plan droit ouvert laisse de côté sa frontière. Dans le critère rationnel usuel, aucun pôle de sF(s) ne doit rester sur l’axe imaginaire, zéro compris.

Pour aller plus loin

La transformée de Laplace explique le passage du signal temporel à la fonction F(s) utilisée par le théorème.
Le théorème de la valeur initiale complète cette lecture en reliant le début du signal au comportement de sa transformée lorsque s tend vers l’infini.
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