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AnalyseThéorème · Glossaire

Valeur initiale (théorème de)

Le théorème de la valeur initiale est le dual du théorème de la valeur finale : il permet de déterminer la valeur d'un signal f(t) à l'instant initial t = 0 à partir de sa transformée de Laplace F(s). Il affirme que f(0+) est égal à la limite de s F(s) quand s tend vers l'infini. Ce résultat est utile pour vérifier la cohérence des calculs en traitement du signal et en automatique.
Signal partant de 5 et décroissant vers 3 Graphe de la fonction f de t égale à 3 plus 2 exponentielle moins 4t, entre 0 et 1,25. f(t) t f(0+) = 5 niveau 3
Le signal part exactement de 5 à t = 0, puis décroît vers le niveau 3 sans l'atteindre en temps fini.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Interpréter correctement f(0+) et la limite de sF(s).
  • Appliquer le théorème à F(s) = 3/s + 2/(s + 4) et contrôler le résultat 5.
  • Reconnaître les hypothèses et les cas où aucune valeur initiale ordinaire n'est disponible.
  • Distinguer le théorème de la valeur initiale de celui de la valeur finale.

En clair

Imaginez un signal qui vaut 5 juste après sa mise en route, puis descend progressivement vers 3. Sa transformée de Laplace rassemble toute son évolution dans une expression dépendant d'une variable s. Le théorème de la valeur initiale dit où regarder dans cette expression : on multiplie la transformée par s, puis on observe ce qui reste lorsque s devient arbitrairement grand.
Le résultat donne la valeur juste après l'instant initial, notée f(0+). Il fournit donc un contrôle rapide sans reconstruire tout le signal.

Définition

Le théorème de la valeur initiale relie le comportement d'un signal au voisinage de l'origine au comportement de sa transformée de Laplace à grande valeur du paramètre. On note f la fonction du temps, définie pour t ≥ 0, et F sa transformée de Laplace. La notation f(0+) désigne la limite de f(t) lorsque t tend vers 0 par valeurs supérieures.
Si cette limite à droite existe et est finie, et si les hypothèses assurant l'existence de F sont satisfaites, alors lims+sF(s)=f(0+)\lim_{s \to +\infty} sF(s)=f(0^+). Dans cette limite, la variable s tend vers l'infini par valeurs réelles positives.
Le signe + est essentiel : le théorème lit l'état immédiatement après t = 0, pas une éventuelle valeur définie isolément en t = 0 ni une limite venant des temps négatifs. Il s'emploie notamment comme test de cohérence d'une transformée calculée.

Le principe

Soit f un signal défini pour t ≥ 0, possédant une limite à droite finie en 0 et une transformée de Laplace F. Si les conditions usuelles d'existence de cette transformée sont remplies, alors :
f(0+)=lims+sF(s)f(0^+)=\lim_{s \to +\infty}sF(s)
La règle opératoire consiste donc à multiplier F(s) par s, à simplifier l'expression, puis à calculer sa limite lorsque s tend vers +∞. Une limite infinie ou inexistante ne fournit pas une valeur initiale finie.

Quand l'utiliser

Le signal doit admettre une limite à droite finie en t = 0. Il doit aussi posséder une transformée de Laplace dans le domaine considéré ; des conditions suffisantes classiques sont une continuité par morceaux sur tout intervalle borné et une croissance au plus exponentielle. Ces conditions sont suffisantes, sans être l'unique cadre possible du théorème.
Un saut à l'origine n'est pas un obstacle : c'est précisément la valeur du côté t > 0 qui est lue. En revanche, un terme impulsionnel de Dirac à l'origine ne possède pas de valeur ordinaire f(0+) ; sF(s) peut alors diverger. Il faut traiter séparément la composante impulsionnelle, dans le cadre des distributions, au lieu d'interpréter la limite comme une amplitude instantanée finie.

Un exemple, pas à pas

Considérons, pour t ≥ 0, le signal f(t) = 3 + 2e−4t. Les données sont la constante 3, l'amplitude transitoire 2 et le taux de décroissance 4. Sa transformée de Laplace est F(s)=3s+2s+4F(s)=\frac{3}{s}+\frac{2}{s+4}.
1. On multiplie F(s) par s : sF(s)=3+2ss+4sF(s)=3+\frac{2s}{s+4}.
2. Lorsque s tend vers +∞, le quotient s/(s + 4) tend vers 1. La limite cherchée vaut donc 3 + 2 × 1 = 5.
3. Le théorème donne f(0+) = 5. Le graphe du signal met en regard cette valeur de départ et le niveau 3 vers lequel la courbe décroît.
Le contrôle direct est refaisable : en remplaçant t par 0 dans 3 + 2e−4t, on obtient 3 + 2e0 = 5. Les deux calculs concordent exactement.

En pratique

En traitement du signal, le théorème contrôle une transformée obtenue par calcul. Si la limite de sF(s) ne coïncide pas avec la valeur de départ connue, il faut rechercher une erreur de coefficient, de signe ou de condition initiale. Une transformée inverse reste préférable lorsque toute l'évolution temporelle est nécessaire.
En automatique, il indique la réponse immédiatement après une commutation à partir d'une expression dans le domaine de Laplace. Pour prévoir le régime durable, on choisit plutôt le théorème de la valeur finale, à condition que ses hypothèses propres soient vérifiées.

À ne pas confondre

Le théorème de la valeur finale étudie le temps long : il relie, sous des conditions de stabilité supplémentaires, la limite de f(t) quand t tend vers +∞ à celle de sF(s) quand s tend vers 0. Dans l'exemple f(t) = 3 + 2e−4t, la valeur initiale est 5, tandis que la valeur finale est 3.
La valeur assignée en t = 0 n'est pas nécessairement f(0+). Modifier la valeur d'une fonction en ce seul point ne change pas sa transformée de Laplace, alors que le théorème porte sur la limite observée juste après l'origine.

Limites et pièges

Si f(t) oscille sans limite lorsque t tend vers 0 par valeurs positives, le symbole f(0+) n'est pas défini. Même si une transformée de Laplace existe, il ne faut pas présenter la limite de sF(s) comme une valeur initiale ordinaire.
Si sF(s) tend vers +∞ ou −∞, le test signale qu'aucune valeur initiale finie n'est obtenue. Il ne faut pas remplacer ce constat par un nombre ni appliquer une règle de valeur finale.
Une impulsion de Dirac placée à t = 0 relève des distributions et non d'une fonction possédant une valeur ponctuelle finie. Il faut identifier cette impulsion dans F(s) et la traiter séparément.
Enfin, 0+ fixe le côté d'approche. Pour un signal bilatéral, une limite à gauche différente ne contredit pas le théorème unilatéral : elle décrit simplement un autre comportement, antérieur à l'origine.

Pour aller plus loin

La Transformée de Laplace permet d'approfondir le passage du signal temporel à la fonction F(s) utilisée par le théorème.
La fiche Valeur finale (théorème de) complète cette lecture en reliant la transformée au comportement à long terme, sous ses propres conditions.
L'article À la base du traitement du signal replace ces outils dans le contexte plus large de l'analyse des signaux.
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