Histoire et cultureNotion · Glossaire
Varahamihira
Varāhamihira est un astronome, mathématicien et astrologue indien dont l’œuvre synthétise des savoirs anciens tout en apportant des contributions originales. Le Pañca-Siddhāntika transmet cinq traités astronomiques aujourd’hui perdus, tandis que ses travaux en combinatoire et en trigonométrie témoignent de son rôle propre dans le développement des mathématiques.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Situer prudemment les dates et les éléments biographiques connus de Varāhamihira.
- Distinguer la fonction de ses trois principaux ouvrages.
- Relier ses travaux aux coefficients binomiaux, aux sinus et aux carrés magiques.
- Reconnaître les limites documentaires et les attributions incertaines.
En clair
Dans l’Inde du VIe siècle, Varāhamihira rassemble des connaissances qui circulent entre astronomie, calcul et astrologie. Né vers 505 et mort vers 587, il ne se contente pas de compiler : la source lui attribue aussi des contributions personnelles.
Son œuvre permet aujourd’hui d’entrevoir cinq anciens canons astronomiques dont les originaux sont perdus. Elle relie aussi son nom aux coefficients binomiaux, à des tables de sinus et aux carrés magiques. Ce portrait est toutefois reconstitué surtout à partir de ses textes et de leurs commentaires.
Définition
Varāhamihira, également appelé Varāha Mihira, Varāha ou Mihira, est un mathématicien, astronome et astrologue indien. Sa vie est mal documentée. L’analyse de ses textes et de leurs commentaires situe vraisemblablement sa naissance vers 505 et sa mort vers 587. Il serait né dans une famille brahmane d’origine possiblement persane.
Ses trois ouvrages majeurs ont des fonctions distinctes. Le Pañca-Siddhāntika, ou Les Cinq Canons astronomiques, daté vers 575, résume et commente cinq traités astronomiques anciens aujourd’hui perdus. Le Bṛhat-Jātaka, ou Le Grand Horoscope, traite de l’influence attribuée aux planètes sur la profession, les maladies et les événements quotidiens. La Brihat-Samhita, ou La Grande Collection, datée vers 550, associe astronomie, présages célestes, calcul du temps et conseils agronomiques dans un guide destiné aux astrologues.
Ses apports mathématiques ne forment pas un traité séparé. Ils concernent des règles de calcul des coefficients binomiaux, un triangle arithmétique analogue au triangle de Pascal, des formules et tables de sinus, ainsi que les carrés magiques. La frise chronologique permet de distinguer les dates approximatives de sa vie de celles attribuées à deux ouvrages.
Un exemple, pas à pas
Prenons le Pañca-Siddhāntika pour suivre la manière dont une œuvre de Varāhamihira transmet un savoir plus ancien. Les données sont son titre, sa datation vers 575, sa nature de traité d’astronomie mathématique et les cinq canons qu’il résume.
1. On identifie d’abord le document conservé : le traité de Varāhamihira.
2. On repère ensuite son opération : il résume et commente cinq traités anciens.
3. On constate la limite documentaire : les cinq originaux sont aujourd’hui perdus. Le traité conservé donne donc accès à leur contenu par l’intermédiaire de Varāhamihira, et non par consultation directe.
4. On contrôle la conclusion : qualifier l’ouvrage de synthèse est justifié par les cinq sources résumées ; lui attribuer tout leur contenu comme une création personnelle ne le serait pas.
En pratique
Pour étudier l’astronomie ancienne, le Pañca-Siddhāntika sert de témoin indirect de cinq canons perdus. Il faut préférer cette formulation à celle de cinq textes conservés, puisque seuls leur résumé et leur commentaire subsistent ici.
En histoire des mathématiques, on repère plusieurs fils distincts : coefficients binomiaux, triangle arithmétique, trigonométrie et carrés magiques. Il faut les examiner séparément, car la source précise qu’ils ne sont pas réunis dans des traités mathématiques spécifiques.
Pour lire ses ouvrages, on distingue enfin observation astronomique et interprétation astrologique. Varāhamihira les articule et exige de l’astrologue de solides compétences scientifiques, notamment en astronomie ; cela ne rend pas les deux démarches identiques.
À ne pas confondre
Varāhamihira et Āryabhaṭa. Ce sont deux savants distincts. Le cas qui tranche dans la source est la comparaison des tables de sinus : celles de Varāhamihira y sont dites plus précises que celles d’Āryabhaṭa.
Le Pañca-Siddhāntika et la Brihat-Samhita. Le premier résume cinq canons astronomiques ; la seconde est un guide divinatoire mêlant notamment présages, calcul du temps et agronomie. Leur contenu et leur fonction les distinguent.
Triangle arithmétique et triangle de Pascal. La source parle d’une construction analogue au triangle de Pascal, non d’une identité de nom ou d’époque. Le critère est donc l’analogie de structure, pas l’appellation historique.
Limites et pièges
Dates approximatives. Les années 505 et 587 sont les repères les plus vraisemblables, établis par l’analyse des textes et des commentaires. Il faut écrire « vers 505 » et « vers 587 », sans transformer ces estimations en dates certaines.
Biographie fragmentaire. L’origine familiale brahmane et possiblement persane est formulée comme une hypothèse. Le manque d’informations impose de conserver cette réserve plutôt que de présenter une ascendance certaine.
Légende non datable. Le récit qui associe son nom à la prédiction de la mort du fils d’un souverain légendaire se heurte à des dates qui ne coïncident pas. Il ne constitue donc pas un repère biographique fiable.
Synthèse et invention. Le Pañca-Siddhāntika transmet cinq traités perdus, tandis que Varāhamihira possède aussi des contributions personnelles. Il faut attribuer chaque résultat avec prudence et ne pas confondre le contenu résumé avec son apport propre.
Pour aller plus loin
Le portrait de Aryabhata éclaire le savant auquel la source compare les tables de sinus de Varāhamihira.
La fiche Binomiaux (coefficients) approfondit l’objet combinatoire pour lequel Varāhamihira établit des règles de calcul.
La fiche triangle de Pascal développe la construction à laquelle son triangle arithmétique est comparé.
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