AnalyseNotion · Glossaire
Zaragosa José
Bernardo José Zaragoza y Vilanova est un jésuite espagnol, mathématicien et astronome. Ses travaux relient calcul, géométrie et observation du ciel : il étudie notamment les centres de gravité et les moments d'inertie à l'aide de coordonnées barycentriques, redécouvre le théorème de Ceva et soutient prudemment l'héliocentrisme. Son apport tient à cette circulation entre mathématiques théoriques, méthodes de calcul et pratique instrumentale.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Situer la carrière d'enseignant de Zaragoza entre Valencia et Madrid.
- Identifier ses contributions en géométrie, calcul, traduction et astronomie.
- Distinguer la publication géométrique de 1674 des deux faits associés à 1675.
- Comprendre pourquoi l'attribution ultérieure de certains résultats appelle de la prudence.
En clair
En 1674, à Tolède, José Zaragoza publie un livre de géométrie consacré notamment aux centres de gravité et aux moments d'inertie. Ce savant jésuite ne sépare pas les mathématiques de l'observation : il fabrique aussi ses propres instruments astronomiques.
Son parcours relie ainsi l'enseignement, le calcul, la géométrie et l'étude du ciel. Il redécouvre le théorème de Ceva, emploie des coordonnées barycentriques et défend prudemment les théories héliocentriques. Une partie de ces apports sera pourtant oubliée ou attribuée à d'autres après sa mort.
Définition
Bernardo José Zaragoza y Vilanova (1627-1679) est un jésuite espagnol, mathématicien et astronome. Né près de Valencia, il obtient un diplôme en arts à l'université de Valencia. Il enseigne ensuite la rhétorique, les arts puis la théologie, à Calatayud, Majorque, Barcelone et Valencia. En 1670, il devient professeur de mathématiques au Collège impérial de Madrid. En 1675, la Reine le désigne aussi comme professeur de mathématiques du dauphin Charles II d'Espagne.
Ses publications couvrent l'arithmétique, la trigonométrie et les logarithmes. Dans Geometria magna in minimis, publié à Tolède en 1674, il étudie géométriquement le centre de gravité et le moment d'inertie avec des coordonnées barycentriques. Il y redécouvre le théorème de Ceva avant Giovanni Ceva. Il figure aussi parmi les premiers traducteurs de François Viète en espagnol et propose une méthode efficace pour extraire la racine cubique de grands nombres.
Son travail reste toutefois extérieur à la géométrie analytique de Descartes et aux débuts du calcul différentiel. En astronomie, il construit ses instruments. Dans Espera comune en 1675, il soutient avec prudence les théories héliocentriques, admet un espace infini et rejette l'immutabilité de la substance céleste. Mort à Madrid, il tombe largement dans l'oubli jusqu'en 1930.
Un exemple, pas à pas
Pour situer précisément un apport de Zaragoza, suivons la publication de Geometria magna in minimis. La frise associée permet de contrôler visuellement l'ordre des dates sans leur attribuer d'autres événements.
Les données sont celles de la source : sa naissance en 1627, sa nomination au Collège impérial en 1670, la publication à Tolède en 1674, sa nomination auprès du dauphin et la parution d'Espera comune en 1675, puis sa mort en 1679.
1. Repérons 1674 : l'ouvrage étudie le centre de gravité et le moment d'inertie par des méthodes géométriques employant des coordonnées barycentriques. L'activité proposée ici est historique, et non mathématique : elle consiste à associer chaque date au fait correspondant.
2. Attachons à ce même ouvrage la redécouverte du théorème de Ceva. La source la situe quelques années avant Giovanni Ceva, sans fournir une seconde date précise.
3. Passons à 1675 : cette année correspond à deux faits distincts, la nomination auprès du dauphin Charles II et le traité astronomique Espera comune. Ils ne doivent pas être confondus avec la publication géométrique de 1674.
Le contrôle consiste à relire la séquence 1670, 1674, 1675 et 1679. Elle sépare nettement poste d'enseignement, ouvrage de géométrie, traité d'astronomie et fin de vie.
En pratique
Pour replacer Zaragoza dans l'histoire de la géométrie, on part de Geometria magna in minimis et de sa date, 1674. Le bon repère est son emploi des coordonnées barycentriques pour étudier centres de gravité et moments d'inertie.
Pour suivre la circulation des idées algébriques, on retient son activité de traducteur de François Viète en espagnol. Il faut cependant choisir une autre référence pour la géométrie analytique de Descartes ou les débuts du calcul différentiel, qu'il ne connaît pas.
Pour comprendre sa place en astronomie, on examine Espera comune, publié en 1675. Le critère décisif est la prudence de son adhésion : Zaragoza soutient les théories héliocentriques sans que la source lui attribue une défense sans réserve.
À ne pas confondre
José Zaragoza et Giovanni Ceva. Zaragoza redécouvre le théorème dans son ouvrage de 1674 quelques années avant Ceva lui-même. Le nom attaché au théorème ne suffit donc pas à identifier l'auteur évoqué dans cet épisode.
José Zaragoza et François Viète. Zaragoza compte parmi les premiers traducteurs espagnols de l'œuvre de Viète ; il n'en est pas l'auteur. La mention d'une traduction en espagnol signale Zaragoza, tandis que l'œuvre traduite est celle de Viète.
Limites et pièges
Une année ne résume pas une œuvre. En 1675, Zaragoza reçoit une fonction auprès du dauphin et publie Espera comune. Attribuer ces deux faits à Geometria magna in minimis est un symptôme de confusion : cet ouvrage géométrique date de 1674.
Une redécouverte n'est pas une attribution durable. La source indique que Zaragoza redécouvre le théorème de Ceva avant Giovanni Ceva, mais aussi que plusieurs de ses découvertes seront attribuées à d'autres. Il faut donc distinguer l'antériorité rapportée du nom resté attaché au résultat.
Son héliocentrisme est formulé prudemment. Présenter Zaragoza comme un partisan sans réserve dépasserait la source. Il faut conserver cette nuance, ainsi que ses deux autres positions : l'infinité de l'espace et le refus d'une substance céleste immuable.
Son activité mathématique a des frontières. Traduire Viète et travailler en géométrie ne signifie pas maîtriser tous les développements contemporains. La source précise qu'il ignore la géométrie analytique de Descartes et les débuts du calcul différentiel.
Pour aller plus loin
Le théorème de Céva précise le résultat géométrique que Zaragoza a redécouvert dans son ouvrage de 1674.
Les coordonnées barycentriques éclairent l'outil employé dans ses études du centre de gravité et du moment d'inertie.
L'héliocentrisme donne le cadre de la position astronomique prudente exprimée dans Espera comune.
La fiche Viète François situe l'auteur dont Zaragoza fut l'un des premiers traducteurs en espagnol.
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