GéométrieObjet géométrique · Glossaire
angle trièdre
En géométrie dans l'espace, un trièdre est constitué de trois plans deux à deux sécants selon trois droites orientées, les trois plans ayant un point commun. Ces trois plans divisent l'espace en huit régions, appelées angles trièdres, opposées deux à deux par rapport au sommet commun.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Identifier le sommet, les trois faces et les trois arêtes d’un angle trièdre.
- Retrouver les huit régions grâce aux signes des coordonnées.
- Reconnaître deux régions opposées et le cas dégénéré de trois plans partageant une droite.
En clair
Imaginez trois feuilles planes qui se coupent toutes au même point, sans partager une même ligne. Elles découpent l’espace autour de ce point comme les trois plans de coordonnées découpent un repère en huit « coins ». Chacun de ces coins est un angle trièdre.
Chaque coin possède un sommet commun, trois arêtes issues de ce sommet et trois faces planes. Le coin situé de l’autre côté du sommet, dans les trois directions à la fois, est son angle trièdre opposé.
Définition
Un angle trièdre est l’une des régions de l’espace délimitées par trois plans distincts qui passent par un même point et se coupent deux à deux suivant trois droites distinctes. Le point commun est le sommet. Dans une région choisie, les trois droites d’intersection fournissent trois demi-droites issues du sommet : ce sont les arêtes. Entre deux arêtes consécutives, une portion de plan forme une face.
Chaque plan offre deux côtés. Choisir un côté pour chacun des trois plans permet d’identifier une région par un triplet de signes. Lorsque les trois droites d’intersection sont distinctes, les huit choix compatibles donnent les huit angles trièdres. Deux régions sont opposées par rapport au sommet lorsque leurs trois choix de côtés sont inversés.
L’orientation des droites sert à nommer leurs deux demi-droites, mais elle ne crée pas le découpage. La condition décisive pour obtenir huit régions est que les trois plans n’aient pas une droite entière en commun.
De quoi c'est fait
La structure repose sur quatre éléments liés. Les trois plans réalisent le découpage. Leur sommet est leur point commun. Leurs intersections deux à deux donnent trois droites. Après le choix d’une région, chacune de ces droites fournit une arête, c’est-à-dire la demi-droite tournée vers cette région. Enfin, les portions des plans comprises entre les arêtes sont ses trois faces.
Les plans déterminent donc les droites, puis le choix d’un côté de chaque plan détermine les arêtes et les faces du coin retenu. Une rotation, un changement d’échelle ou des couleurs différentes ne modifient pas cette structure. Ces données suffisent à construire les huit régions et à associer chacune à sa région opposée.
Un exemple, pas à pas
Dans un repère de sommet O, prenons les trois plans de coordonnées : le plan x = 0, le plan y = 0 et le plan z = 0. Les données sont donc un sommet O, trois plans et les trois coordonnées x, y et z d’un point.
1. Les plans se coupent deux à deux selon les trois axes du repère.
2. Pour un point qui n’appartient à aucun plan, relevez le signe de x, puis celui de y, puis celui de z.
3. Le triplet (+, +, +) repère le coin où x > 0, y > 0 et z > 0.
4. En inversant les trois signes, on obtient le coin (−, −, −), opposé au précédent par rapport à O.
2. Pour un point qui n’appartient à aucun plan, relevez le signe de x, puis celui de y, puis celui de z.
3. Le triplet (+, +, +) repère le coin où x > 0, y > 0 et z > 0.
4. En inversant les trois signes, on obtient le coin (−, −, −), opposé au précédent par rapport à O.
Chaque coordonnée ayant deux signes possibles, le nombre de régions est exactement 2 × 2 × 2 = 8. Le contrôle consiste à énumérer les huit triplets de signes : aucun ne se répète, et chacun possède un unique triplet opposé. La figure matérialise le coin (+, +, +) sans remplacer ce contrôle.
En pratique
Dans un repère à trois dimensions, les signes des coordonnées situent immédiatement un point dans l’un des huit angles trièdres. Si le point possède une coordonnée nulle, il faut plutôt le placer sur une face de séparation que dans une région.
Au voisinage d’un sommet de polyèdre, on peut prolonger les faces en plans et examiner le coin qu’elles encadrent. Cette lecture convient lorsque trois plans de faces se rencontrent ; avec davantage de faces, on parle plus généralement d’un angle polyèdre.
Pour réaliser un modèle, trois feuilles rigides transparentes peuvent représenter les plans. On vérifie alors que leurs intersections sont trois lignes distinctes ; si toutes suivent la même ligne, le modèle ne produit pas les huit coins attendus.
À ne pas confondre
Un angle dièdre est formé par deux demi-plans bordés par une même droite ; il possède une arête commune et deux faces. Un angle trièdre possède trois faces et trois arêtes issues d’un sommet.
Un angle solide mesure l’ouverture d’une région vue depuis son sommet, généralement en stéradians. L’angle trièdre désigne ici la région géométrique délimitée par trois plans ; sa mesure d’angle solide est une grandeur associée.
Un tétraèdre est un polyèdre fermé à quatre faces triangulaires. L’angle trièdre n’est pas fermé : il se prolonge indéfiniment depuis son sommet, même lorsqu’il décrit localement un coin du tétraèdre.
Lorsqu’il est défini, le trièdre de Frenet est le repère orthonormé mobile formé des vecteurs tangent, normal et binormal associés à une courbe suffisamment régulière. Le critère qui tranche est la présence de cette courbe et de ce repère tangent-normal-binormal, absents du découpage de l’espace par trois plans.
Limites et pièges
Si les trois plans contiennent une même droite, leurs intersections deux à deux ne donnent plus trois droites distinctes. Une coupe perpendiculaire à la droite montre trois lignes passant par un point : elles forment six secteurs, pas huit. Il faut alors décrire un faisceau de plans, et non le trièdre non dégénéré étudié ici.
Un point situé sur l’un des plans appartient à la frontière de plusieurs régions. Son triplet de signes contient au moins un zéro : il ne permet donc pas de choisir un unique angle trièdre ouvert. Il faut préciser si les faces sont incluses ou travailler avec les régions intérieures.
Les huit régions ne sont pas nécessairement de même ouverture. Cette égalité apparaît dans le cas particulier des trois plans de coordonnées, perpendiculaires deux à deux. Dans le cas général, il faut étudier chaque région au lieu de transposer la symétrie du repère orthogonal.
Orienter les droites change leurs noms ou le sens positif choisi, mais pas les régions elles-mêmes. Pour identifier un angle trièdre sans ambiguïté, il faut indiquer les trois côtés de plans retenus, et pas seulement trois flèches sur les droites.
Pour aller plus loin
L’angle solide fournit une mesure de l’ouverture occupée par un angle trièdre autour de son sommet.
L’angle dièdre isole l’ouverture entre deux faces et éclaire chacune des trois paires de faces d’un trièdre.
Le tétraèdre montre comment un angle trièdre apparaît localement au sommet d’un polyèdre fermé.
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