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conditions de Yule

Les conditions de Yule sont six critères qualitatifs permettant d'évaluer et de comparer des indicateurs statistiques de tendance centrale. Elles examinent si leur définition est objective, s'ils utilisent toutes les observations, sont interprétables et simples à calculer, varient peu entre échantillons comparables et se prêtent au calcul algébrique ; le choix dépend donc de l'usage visé.
Effet d'une valeur extrême sur la moyenne et la médiane Deux séries de cinq temps d'attente. Lorsque 30 minutes est remplacé par 60 minutes, la moyenne passe de 10 à 16 minutes et la médiane reste à 5 minutes. Sensibilité à une valeur extrême Série initiale 30 min remplacées par 60 min 0102030405060 min 0102030405060 min Moyenne 10 min Moyenne 16 min Médiane 5 min Médiane 5 min
Quand 30 devient 60 minutes, la moyenne passe de 10 à 16 minutes, tandis que la médiane reste à 5 minutes.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Nommer et interpréter les six conditions de Yule.
  • Appliquer la grille à la moyenne et à la médiane d'une même série.
  • Distinguer sensibilité à une valeur extrême et fluctuation d'échantillonnage.
  • Choisir un indicateur selon l'usage et la qualité prioritaire.

En clair

Cinq personnes attendent 4, 5, 5, 6 et 30 minutes. Pour résumer ces temps par un seul nombre, on peut choisir la moyenne ou la médiane. Le choix change le message : la moyenne utilise chaque durée, tandis que la médiane reste au centre de la série ordonnée.
Les conditions de Yule servent de grille de comparaison. Elles demandent notamment si la règle est objective, si elle mobilise toutes les observations, si son résultat se comprend, se calcule simplement, varie peu d'un échantillon à l'autre et se manipule bien en algèbre.

Définition

Les conditions de Yule forment une grille qualitative pour examiner un indicateur de tendance centrale. Elles ne définissent pas un nouvel indicateur et ne fournissent pas une note automatique. Elles invitent à comparer plusieurs résumés d'une même distribution selon six qualités.
Premièrement, la définition doit être objective : deux personnes appliquant la même règle aux mêmes données obtiennent le même résultat. Deuxièmement, l'indicateur doit dépendre de la totalité des observations, et non d'un sous-ensemble. Troisièmement, sa valeur doit avoir une signification concrète et interprétable. Quatrièmement, son calcul doit rester simple. Cinquièmement, sa valeur doit peu fluctuer lorsque l'on recommence l'échantillonnage dans des conditions comparables. Sixièmement, l'indicateur doit se prêter au calcul algébrique afin de faciliter les raisonnements théoriques.
Ces exigences peuvent favoriser des indicateurs différents. La moyenne exploite toutes les valeurs et possède des propriétés algébriques commodes. La médiane se lit directement comme une valeur centrale ordonnée et réagit moins à une valeur extrême. Le contexte et la qualité prioritaire guident donc le choix.

Un exemple, pas à pas

On observe cinq temps d'attente, déjà rangés : 4 ; 5 ; 5 ; 6 ; 30 minutes. La série compte cinq observations, leur somme vaut 50 minutes et la troisième valeur vaut 5 minutes. On compare la moyenne et la médiane avec la grille de Yule.
1. La moyenne vaut 50 / 5 = 10 minutes. La médiane est la troisième valeur : 5 minutes. Les deux règles sont objectives, simples à appliquer et leurs résultats s'interprètent dans l'unité des données.
2. La moyenne dépend de chacune des cinq durées. La médiane exige de classer toute la série, mais sa valeur ne dépend ici que de la position centrale : remplacer 30 par 60 ne la modifie pas.
3. Après ce remplacement, la somme vaut 80 minutes et la moyenne vaut 80 / 5 = 16 minutes ; la médiane reste 5 minutes. Ce contrôle montre une sensibilité à une valeur extrême, pas une fluctuation d'échantillonnage. Cette cinquième condition demanderait plusieurs échantillons comparables.
4. Pour le calcul algébrique, la moyenne se combine aisément avec un effectif et une somme. La médiane requiert l'ordre des valeurs. Le schéma permet de contrôler les deux sommes, les deux moyennes et la médiane inchangée.

En pratique

Pour choisir entre moyenne et médiane, on regarde d'abord la série ordonnée. Si une valeur extrême, comme 30 minutes parmi des attentes proches de 5 minutes, tire fortement la moyenne, la médiane décrit mieux le centre observé.
Pour regrouper plusieurs lots dont on connaît les effectifs et les moyennes, la moyenne est préférable. Sa facilité de calcul algébrique permet de retrouver la moyenne globale à partir des sommes et des effectifs.
Pour comparer la stabilité de deux indicateurs, une seule série ne suffit pas. Il faut calculer chaque indicateur sur plusieurs échantillons obtenus dans des conditions comparables, puis observer l'ampleur de leurs variations.

À ne pas confondre

Conditions de Yule et coefficient de Yule. Les conditions sont six critères servant à juger un indicateur statistique. Un coefficient est au contraire un indicateur particulier, calculé par une formule ; la présence du nom de Yule ne suffit donc pas à les identifier.
Indicateur de position et indicateur de dispersion. La moyenne ou la médiane situe un centre, tandis qu'un indicateur de dispersion mesure un étalement. Dans leur emploi classique, les conditions de Yule servent à examiner les indicateurs de tendance centrale ; leur application à la dispersion constitue une extension méthodologique qui doit être annoncée et justifiée.
Stabilité d'échantillonnage et résistance aux valeurs extrêmes. La première compare les valeurs obtenues sur plusieurs échantillons. La seconde modifie une observation atypique dans une série donnée ; le remplacement de 30 par 60 minutes teste seulement cette seconde propriété.

Limites et pièges

Les six conditions ne donnent pas un classement universel. Un indicateur peut être excellent pour le calcul algébrique et moins adapté à une série comportant une valeur extrême. Il faut annoncer l'usage visé et les qualités prioritaires.
Une règle objective peut rester conventionnelle. Pour un effectif pair, la définition de la médiane doit préciser la convention retenue. Sans cette précision, deux calculs cohérents peuvent produire des résultats différents.
La stabilité ne se lit pas sur cinq valeurs. Comparer 30 et 60 minutes mesure l'effet d'une modification ciblée. Pour étudier les fluctuations d'échantillonnage, il faut répéter le prélèvement dans un cadre comparable.
Utiliser toutes les observations ne signifie pas leur donner le même poids. Un indicateur pondé peut dépendre de chaque valeur tout en accordant des poids différents. Il faut donc examiner sa formule avant de valider ce critère.

Pour aller plus loin

valeur moyenne — Approfondir l'indicateur qui utilise toutes les observations et se combine aisément par sommes et effectifs.
écart-type — Examiner un indicateur de dispersion auquel la grille de Yule peut aussi être appliquée.
Caractères de dispersion — Comparer plusieurs mesures d'étalement, leurs calculs, leurs unités et leurs sensibilités.
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