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AlgèbreObjet mathématique · Glossaire

matrice d'une dilatation

Soit E un espace vectoriel de dimension n muni d'une base B = (e1, …, en). Une dilatation de direction ej et de coefficient k est l'endomorphisme qui multiplie ej par k et fixe les autres vecteurs de B. Dans B, sa matrice est diagonale, avec k en position (j,j) et 1 sur les autres termes diagonaux : seule la coordonnée selon ej est modifiée.
Coordonnées avant et après une dilatation de direction e₂ Le vecteur de coordonnées 2, moins 1, 4 devient 2, moins 3, 4. Seule la deuxième coordonnée est multipliée par 3. Une seule coordonnée change Avant Après e₁ e₂ e₃ 2 −1 4 e₁ e₂ e₃ 2 −3 4 inchangée inchangée inchangée inchangée × 3 φ(2, −1, 4) = (2, −3, 4)
La dilatation de direction e₂ et de coefficient 3 conserve les première et troisième coordonnées et triple la deuxième.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Reconnaître la case diagonale qui porte le coefficient de dilatation.
  • Construire la matrice dans une base adaptée et calculer l'image d'un vecteur.
  • Distinguer la dilatation d'une homothétie et traiter les coefficients 0 et 1.

En clair

Imaginez trois curseurs indépendants qui règlent les trois coordonnées d'un vecteur. Une dilatation choisit un seul curseur : elle multiplie sa valeur par un nombre fixé et ne touche pas aux deux autres.
Dans la matrice associée, cette action se voit immédiatement sur la diagonale. Les directions conservées portent le nombre 1 ; la direction étirée, comprimée ou renversée porte le coefficient choisi. Ainsi, toute l'information utile tient dans la position de ce coefficient et dans sa valeur.

Définition

Soit un espace vectoriel E de dimension n, muni d'une base B formée des vecteurs e1, …, en. On choisit un indice j entre 1 et n et un scalaire k. La dilatation φ de direction ej et de coefficient k fixe chaque vecteur de base dont l'indice diffère de j, tandis qu'elle multiplie ej par k.
Sa matrice dans la base B est donc
[φ]B=diag(1,,1,,1,,1)[\varphi]_B=\operatorname{diag}(1,\ldots,1,\underset{j\text{-ième position}}{k},1,\ldots,1)
Tous les coefficients hors diagonale sont nuls. Sur la diagonale, le coefficient situé à la ligne j et à la colonne j vaut k ; chacun des autres vaut 1. Pour un vecteur, seule la j-ième coordonnée est multipliée par k.
Les vecteurs de la base B sont des vecteurs propres : ej a pour valeur propre k et les autres ont pour valeur propre 1. Cette base est donc une base propre, ce qui rend φ diagonalisable. Lorsque k vaut 1, φ est l'identité. Lorsque k est non nul, φ est inversible et son inverse est la dilatation de même direction, de coefficient 1/k.

De quoi c'est fait

La construction réunit cinq données. L'espace E fournit les vecteurs à transformer. La base ordonnée B fixe les coordonnées et l'ordre des lignes et des colonnes. L'indice j désigne la direction choisie. Le scalaire k règle l'action dans cette direction. Enfin, l'endomorphisme φ relie ces données en fixant les autres vecteurs de base.
La position du coefficient k dépend à la fois de l'ordre de la base et de l'indice j : permuter les vecteurs de base déplace sa case diagonale. Sa valeur détermine l'effet sur la direction correspondante, tandis que les 1 garantissent l'invariance des autres directions. Ces données suffisent à écrire la matrice, à transformer les coordonnées d'un vecteur et à décider si l'application est inversible.

Un exemple, pas à pas

Dans l'espace ℝ3, on utilise la base B = (e1, e2, e3). La direction choisie est e2, le coefficient vaut 3 et le vecteur x a pour coordonnées (2, −1, 4) dans B.
1. Les directions e1 et e3 restent fixes. Leurs coefficients diagonaux valent donc 1.
2. La direction e2 est multipliée par 3. Le coefficient placé à la deuxième ligne et à la deuxième colonne vaut donc 3.
3. La matrice et le calcul des nouvelles coordonnées sont
[φ]B=(100030001),[φ(x)]B=(100030001)(214)=(234)[\varphi]_B=\begin{pmatrix}1&0&0\\0&3&0\\0&0&1\end{pmatrix},\qquad [\varphi(x)]_B=\begin{pmatrix}1&0&0\\0&3&0\\0&0&1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}2\\-1\\4\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2\\-3\\4\end{pmatrix}
Le résultat est φ(x) = 2e1 − 3e2 + 4e3. Une lecture composante par composante confirme que seule la deuxième valeur change. Pour contrôler le calcul, on vérifie aussi les trois colonnes : elles représentent respectivement e1, 3e2 et e3.

En pratique

Pour construire la matrice, on part de la matrice identité et l'on remplace le coefficient diagonal d'indice j par k. Cette procédure convient lorsque la transformation fixe tous les autres vecteurs de la base ; sinon, il faut calculer chaque colonne à partir de l'image correspondante.
Pour transformer un vecteur exprimé dans cette base, il suffit de multiplier sa j-ième coordonnée par k. Une multiplication matricielle complète reste préférable si la matrice n'est pas déjà diagonale dans la base utilisée.
Pour tester l'inversibilité, on observe le coefficient k. S'il est non nul, on remplace k par 1/k pour obtenir la matrice inverse ; s'il est nul, la coordonnée de direction ej est perdue et aucune application inverse n'existe.

À ne pas confondre

Une homothétie. Elle multiplie toutes les directions par un même coefficient. La dilatation étudiée n'en modifie qu'une : dans l'exemple, (2, −1, 4) devient (2, −3, 4), et non (6, −3, 12).
Un endomorphisme diagonal quelconque. Sa diagonale peut contenir plusieurs coefficients distincts de 1. Si deux coordonnées ou davantage sont modifiées, la matrice est encore diagonale, mais elle ne décrit plus une seule dilatation de direction ej au sens retenu ici.
Une dilatation géométrique uniforme. Dans certains contextes, ce mot désigne un changement global d'échelle. Le test décisif est la matrice : ici, toutes les directions de la base sauf une portent le coefficient 1.

Limites et pièges

Coefficient égal à 1. La case distinguée devient identique aux autres : la matrice est l'identité et aucune direction n'est effectivement modifiée. Il faut reconnaître ce cas dégénéré plutôt que chercher un étirement invisible.
Coefficient égal à 0. La direction ej est envoyée sur le vecteur nul. La matrice reste diagonale et l'endomorphisme reste diagonalisable, mais il n'est plus inversible. Certaines conventions réservent le mot « dilatation » aux coefficients non nuls ; il faut alors parler d'endomorphisme diagonal pour ce cas.
Changement de base. La forme avec un seul coefficient k parmi des 1 est garantie dans la base B adaptée. Dans une autre base, la même application peut avoir des coefficients hors diagonale. Il faut recalculer sa matrice au lieu de conserver visuellement la même diagonale.
Direction mal identifiée. L'indice j désigne la droite engendrée par ej, pas la j-ième ligne prise isolément. La modification doit apparaître simultanément à la j-ième ligne et à la j-ième colonne, donc dans la case diagonale correspondante.

Pour aller plus loin

La notion de valeur propre précise pourquoi les vecteurs de la base B donnent directement les coefficients diagonaux 1 et k.
L'homothétie permet ensuite de comparer une transformation qui agit dans toutes les directions avec la dilatation qui n'en privilégie qu'une.
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