Passer au contenu principal
AlgèbreNotion · Glossaire

Maximal (idéal)

Un idéal maximal d'un anneau commutatif unitaire A est un idéal propre M qu'aucun idéal propre de A ne contient strictement. Pour le reconnaître, on peut utiliser ce critère : M est maximal si et seulement si le quotient A/M est un corps.
Inclusions autour de l'idéal 5ℤ 5ℤ est directement inclus dans ℤ, tandis que 10ℤ et 15ℤ sont inclus dans 5ℤ. aucun idéal intermédiaire 5ℤ exemples : 10ℤ et 15ℤ
Dans ℤ, 5ℤ est relié directement à ℤ : aucun idéal propre ne s'intercale entre eux. 10ℤ et 15ℤ sont au contraire contenus dans 5ℤ.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Caractériser un idéal maximal par l'absence d'idéal propre strictement plus grand.
  • Relier la maximalité de M à la structure de corps du quotient A/M.
  • Vérifier pas à pas que 5ℤ est maximal dans ℤ.
  • Distinguer idéal maximal, idéal premier et plus grand idéal propre.
  • Repérer les hypothèses et les cas qui invalident un raisonnement trop rapide.

En clair

Prenons dans ℤ l'ensemble 5ℤ des multiples de 5. Il est stable par addition et par passage à l'opposé. Multiplier l'un de ses éléments par n'importe quel entier donne encore un multiple de 5. C'est donc un idéal.
Si l'on agrandit 5ℤ tout en conservant les règles d'un idéal, on obtient aussitôt tous les entiers. Il n'existe pas d'étape propre entre 5ℤ et ℤ : voilà l'idée de « maximal ». En regroupant les entiers selon leur reste modulo 5, le quotient ne garde que cinq classes et permet de diviser par toute classe non nulle.

Définition

Soit A un anneau commutatif possédant un élément unité. Un idéal M de A est propre lorsqu'il est différent de A. Il est maximal lorsque tout idéal I satisfaisant M ⊆ I ⊆ A est nécessairement égal à M ou à A. Le mot « maximal » porte donc sur l'inclusion parmi les idéaux propres ; il n'affirme ni l'unicité de M ni l'existence d'un idéal propre contenant tous les autres.
L'anneau quotient A/M regroupe deux éléments de A lorsqu'ils diffèrent d'un élément de M. Le critère fondamental relie exactement les deux notions :
M est maximal dans AA/M est un corpsM\text{ est maximal dans }A \Longleftrightarrow A/M\text{ est un corps}
Dans ce cadre commutatif unitaire, tout idéal maximal est premier, mais un idéal premier n'est pas toujours maximal.
Le théorème de Krull assure qu'un anneau commutatif unitaire non trivial possède au moins un idéal maximal. Dans ℤ, les idéaux maximaux sont précisément les ensembles pℤ de multiples d'un nombre premier p. Cette correspondance explique en quel sens les idéaux maximaux généralisent les nombres premiers.

Un exemple, pas à pas

On veut décider si 5ℤ est maximal dans ℤ.
Données : l'anneau est ℤ ; l'idéal étudié est 5ℤ ; les restes possibles modulo 5 sont 0, 1, 2, 3 et 4.
1. Dans le quotient ℤ/5ℤ, deux entiers appartiennent à la même classe lorsque leur différence est un multiple de 5. Les cinq classes sont donc représentées par 0, 1, 2, 3 et 4.
2. Chaque classe non nulle possède un inverse pour la multiplication : 1 × 1 donne 1, 2 × 3 donne 6, donc la classe de 1, et 4 × 4 donne 16, donc encore la classe de 1.
3. Le quotient ℤ/5ℤ est ainsi un corps. Le critère du quotient montre que 5ℤ est maximal. Le diagramme d'inclusion matérialise l'absence d'idéal propre intermédiaire entre 5ℤ et ℤ.
Contrôle. Tout idéal de ℤ contenant 5ℤ s'écrit dℤ avec d divisant 5. Les seuls diviseurs positifs de 5 sont 1 et 5 : on retrouve uniquement ℤ et 5ℤ.

En pratique

Pour construire un corps à partir d'un anneau, on cherche un idéal maximal M puis on forme A/M. Si le quotient conserve des éléments non nuls sans inverse, il faut choisir un autre idéal : le quotient obtenu n'est pas un corps.
Dans ℤ, l'idéal nℤ est maximal exactement lorsque l'entier positif n est premier. Pour n = 5, le quotient a cinq classes et chaque classe non nulle est inversible. Pour n = 6, les classes de 2 et de 3 ont un produit nul ; on écarte donc 6ℤ.
Pour tester la maximalité, deux voies se complètent. L'étude des idéaux contenant M convient lorsque leur inclusion est facile à décrire. Le critère du quotient est préférable lorsque les inverses dans A/M se calculent directement.

À ne pas confondre

Idéal maximal et idéal premier. Dans un anneau commutatif unitaire, un idéal maximal est toujours premier. La réciproque échoue : dans ℤ, l'idéal nul est premier puisque ℤ est intègre, mais il n'est pas maximal car 0 ⊊ 2ℤ ⊊ ℤ.
Élément maximal et plus grand élément. Un idéal maximal ne peut être agrandi sans devenir l'anneau entier. Il ne contient pas nécessairement tous les autres idéaux propres : dans ℤ, 2ℤ et 3ℤ sont tous deux maximaux, et aucun ne contient l'autre.

Limites et pièges

L'idéal doit être propre. Prendre M = A rendrait impossible le quotient corps : A/A ne possède qu'un élément et son zéro coïncide avec son unité. Il faut d'abord vérifier M ≠ A.
L'anneau trivial est exclu du théorème d'existence. Lorsque 0 = 1, l'unique idéal est l'anneau entier ; aucun idéal propre, donc aucun idéal maximal, n'existe. L'hypothèse « non trivial » est indispensable.
Le cadre commutatif unitaire compte. Le critère « A/M est un corps » est formulé ici pour un anneau commutatif avec unité. Dans un cadre non commutatif ou sans unité, il faut préciser le côté des idéaux et employer la version adaptée.
Un quotient fini n'est pas automatiquement un corps. ℤ/6ℤ a six classes, mais les classes non nulles de 2 et de 3 ont un produit nul. Ce symptôme montre que 6ℤ n'est pas maximal ; il faut vérifier les inverses, pas seulement compter les classes.

Pour aller plus loin

L'article anneau quotient détaille la construction de A/M, l'objet qui transforme la maximalité de M en propriété de corps.
Continuez avec Tangente

Explorez les mathématiques autrement

Retrouvez nos magazines, podcasts et jeux pour explorer les mathématiques autrement.

Découvrir les offres