AlgèbreObjet mathématique · Glossaire
mineur d'une matrice
Pour une matrice carrée, le mineur associé à une position est le déterminant de la sous-matrice obtenue en supprimant la ligne et la colonne de cette position. Il sert notamment à calculer le déterminant et les cofacteurs.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Former la sous-matrice associée à une position et calculer son mineur.
- Passer d'un mineur au cofacteur avec le bon signe.
- Vérifier un développement du déterminant sur une matrice 3 × 3.
- Distinguer sous-matrice, mineur, cofacteur et mineur principal.
En clair
Imaginez neuf nombres rangés en carré, sur trois lignes et trois colonnes. Choisissez une case, puis barrez toute sa ligne et toute sa colonne. Il reste quatre nombres, encore disposés en carré.
Le déterminant de ce petit carré est le mineur associé à la case choisie. Dans l'exemple de cette fiche, la case située ligne 2, colonne 3 laisse les nombres 2, 1, 5 et 2 : leur déterminant vaut −1.
Définition
Soit A une matrice carrée de taille n, dont l'entrée située sur la ligne i et la colonne j est notée aij. On supprime la ligne i et la colonne j de A. La matrice carrée restante, de taille n − 1, a un déterminant : ce nombre est le mineur Mij associé à l'entrée aij.
Le cofacteur Cij ajoute au mineur un signe qui alterne comme sur un damier :. Le déterminant de A se développe alors selon n'importe quelle ligne i :
Un développement analogue est possible selon une colonne.
Dans un sens plus général, un mineur d'ordre k est le déterminant de toute sous-matrice carrée k × k choisie dans une matrice, même rectangulaire. La notation Mij obtenue en rayant exactement une ligne et une colonne suppose en revanche que la matrice de départ soit carrée.
De quoi c'est fait
Quatre éléments interviennent. La matrice carrée A fournit les nombres de départ. La position (i, j) désigne la ligne et la colonne à retirer. La sous-matrice restante conserve toutes les autres lignes et colonnes dans leur ordre initial. Son déterminant est le mineur Mij.
Le mineur dépend donc à la fois des valeurs de A et de la position choisie : deux cases différentes peuvent laisser deux sous-matrices différentes. En revanche, la valeur aij placée dans la case choisie disparaît avant le calcul ; elle ne détermine pas à elle seule Mij.
Ces données suffisent à calculer le cofacteur en appliquant le signe (−1)i+j. L'ensemble des cofacteurs permet ensuite de développer le déterminant ou, après transposition, de construire la matrice adjointe.
Un exemple, pas à pas
On considère une matrice carrée A de neuf entrées et la position choisie : ligne 2, colonne 3. On cherche d'abord le mineur M23, puis le cofacteur C23.
1. Supprimer. On retire la deuxième ligne, qui contient 0, −1 et 4, puis la troisième colonne, qui contient 3, 4 et 0. Il reste une matrice 2 × 2.
2. Calculer le mineur. La suppression et le calcul donnent :
3. Appliquer le signe. La somme des indices vaut 2 + 3 = 5, un nombre impair. Le cofacteur vaut donc C23 = (−1)5 × (−1) = 1.
4. Contrôler par le déterminant. Sur la deuxième ligne, M22 vaut −15, donc C22 vaut −15. Le développement donne 0 × C21 + (−1) × (−15) + 4 × 1 = 19. Un calcul direct du déterminant de A donne aussi 19.
En pratique
Pour calculer un déterminant à la main, on développe de préférence selon une ligne ou une colonne riche en zéros : les termes correspondants s'annulent. Une élimination de Gauss est souvent plus efficace pour une grande matrice dense.
Pour construire la matrice adjointe, on calcule tous les mineurs associés aux positions, on leur applique le damier des signes, puis on transpose la matrice des cofacteurs. Pour inverser une matrice numériquement, une factorisation est généralement préférable à cette formule.
Pour étudier le rang, on cherche le plus grand ordre d'un mineur non nul. En calcul exact, ce critère est décisif ; avec des données arrondies, on emploie plutôt une méthode numérique assortie d'un seuil de tolérance.
À ne pas confondre
Sous-matrice. C'est un tableau obtenu en conservant certaines lignes et colonnes. Le mineur est un nombre : le déterminant d'une sous-matrice carrée. Dans l'exemple, le tableau de taille 2 × 2 est la sous-matrice et −1 est son mineur.
Cofacteur. Il vaut le mineur multiplié par le signe (−1)i+j. Pour la position (2, 3), le mineur vaut −1 tandis que le cofacteur vaut 1 : l'impair 2 + 3 change le signe.
Déterminant de la matrice entière. Il utilise toutes les lignes et colonnes d'une matrice carrée. Pour A, le déterminant vaut 19 ; M23 vaut −1 et provient seulement de la sous-matrice restante.
Limites et pièges
Matrice rectangulaire. Après suppression d'une ligne et d'une colonne d'une matrice m × n avec m ≠ n, la sous-matrice reste rectangulaire et n'a pas de déterminant. Il faut choisir autant de lignes que de colonnes pour former un mineur d'ordre k.
Cas de taille 1. Supprimer l'unique ligne et l'unique colonne laisse une matrice 0 × 0. Avec la convention det(∅) = 1, le seul mineur associé et le seul cofacteur valent 1, ce qui préserve les formules de développement.
Mineur principal. Ce nom est réservé à une sous-matrice obtenue avec le même ensemble d'indices de lignes et de colonnes. Tous les mineurs ne sont donc pas principaux ; le terme ne signifie ni « plus grand » ni « plus important ».
Signe oublié. Un développement du déterminant emploie les cofacteurs, pas les mineurs seuls. Le symptôme est une erreur de signe aux positions où i + j est impair ; il faut appliquer le damier commençant par + en position (1, 1).
Pour aller plus loin
La fiche sur le cofacteur approfondit le damier des signes qui transforme les mineurs en termes d'un développement du déterminant.
La matrice adjointe montre comment la transposée de la matrice des cofacteurs intervient dans une formule de l'inverse.
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