GéométrieNotion · Glossaire
pantographe de Sylvester
Le pantographe de Sylvester, également appelé machine de Sylvester, est une machine articulée qui généralise le pantographe classique. Tandis que le pantographe ordinaire permet de réaliser des homothéties (agrandissements ou réductions de figures), le pantographe de Sylvester étend cette capacité aux similitudes planes directes, permettant ainsi de régler également des rotations.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Définir la machine de Sylvester.
- Distinguer homothétie et similitude plane.
- Vérifier une rotation suivie d’un changement d’échelle sur un point.
En clair
Imaginez un dessin que l’on veut reproduire en plus grand, plus petit ou après l’avoir tourné. Avec un rapport positif, un pantographe classique change la taille du dessin sans le tourner ; un rapport négatif correspond déjà à une inversion équivalente à un demi-tour. Le pantographe de Sylvester ajoute un réglage d’angle qui permet de faire tourner la copie au-delà de ce cas particulier tout en conservant sa forme.
La copie obtenue garde les mêmes angles et les mêmes proportions que le modèle. Elle peut donc être une réduction, un agrandissement ou une image tournée, selon le mouvement imposé à la machine articulée.
Définition
Le pantographe de Sylvester est un mécanisme articulé conçu pour réaliser une similitude plane directe d’une figure. Une similitude plane directe conserve les angles et multiplie toutes les longueurs par un même facteur positif, éventuellement après une rotation. Le pantographe classique correspond au cas où la rotation est nulle : il réalise alors une homothétie de rapport positif, c’est-à-dire un agrandissement ou une réduction.
Le modèle et sa copie doivent être considérés dans un même plan. Dans la convention retenue ici, le facteur de similitude est positif et fixe l’échelle de la copie. Un rapport négatif introduirait en plus une inversion équivalente à une rotation de 180°. La rotation fixe l’angle entre les directions correspondantes. Le résultat est une figure de même forme, mais pas nécessairement de même taille ni de même orientation.
La machine de Sylvester ne désigne donc pas une nouvelle figure géométrique. Elle désigne un système mécanique qui généralise la fonction du pantographe en combinant changement d’échelle et rotation dans le plan.
Un exemple, pas à pas
Dans un repère du plan, on considère le point P de coordonnées (1, 0). On applique d’abord une rotation d’un quart de tour dans le sens direct autour de l’origine O, puis une homothétie de facteur 2. Les longueurs sont exprimées dans une unité arbitraire.
Données : le centre est O, le point de départ est P = (1, 0), l’angle de rotation est 90° et le facteur d’échelle est 2.
Après la rotation, le point P devient P₁ = (0, 1). La distance OP reste égale à 1, car une rotation conserve les longueurs.
Après l’homothétie, chaque coordonnée de P₁ est multipliée par 2 : P₂ = (0, 2).
La transformation complète envoie donc P sur P₂ = (0, 2), à deux unités de l’origine et dans la direction verticale positive.
Après l’homothétie, chaque coordonnée de P₁ est multipliée par 2 : P₂ = (0, 2).
La transformation complète envoie donc P sur P₂ = (0, 2), à deux unités de l’origine et dans la direction verticale positive.
Le contrôle consiste à vérifier que OP₂ = 2 × OP = 2 et que la direction de OP₂ est celle obtenue après un quart de tour. Le résultat confirme séparément l’échelle 2 et la rotation de 90° ; il ne s’agit pas d’une égalité de longueurs entre le modèle et la copie.
En pratique
Pour reproduire un motif à une autre taille sans le tourner, on choisit un pantographe classique. Le critère observable est l’absence de changement d’orientation entre le modèle et la copie.
Pour reproduire ce motif avec une orientation différente qui ne se réduit pas à une inversion de 180°, on règle un pantographe de Sylvester. Dans la convention retenue, le geste consiste à guider le mécanisme afin que la copie combine la rotation voulue et un facteur d’échelle positif choisi.
En géométrie des transformations, le dispositif sert à rendre visible une similitude plane : les angles restent les mêmes, tandis que les longueurs sont toutes multipliées par une même échelle.
À ne pas confondre
Le pantographe classique et le pantographe de Sylvester sont deux mécanismes articulés proches, mais leur capacité ne coïncide pas. Le premier réalise une homothétie ; le second peut en plus réaliser une rotation. Un cas qui tranche est la copie tournée d’un motif : elle relève de la généralisation de Sylvester, pas du pantographe classique seul.
Une homothétie et une similitude plane ne sont pas non plus synonymes. Une homothétie de rapport positif change l’échelle autour d’un centre sans rotation ; un rapport négatif équivaut à une homothétie positive accompagnée d’une rotation de 180°. La similitude plane directe autorise en plus une rotation d’angle réglable. Si l’orientation de la copie diffère autrement que par cette inversion de 180°, la description par homothétie seule est incomplète.
Limites et pièges
Une copie plus grande ou plus petite ne suffit pas à identifier un pantographe de Sylvester. Une homothétie de rapport positif sans rotation produit déjà ce changement d’échelle ; un rapport négatif ajoute seulement une inversion équivalente à une rotation de 180°. Le symptôme à rechercher est une rotation réglable qui ne se réduit pas à cette inversion ; dans le cas sans rotation, le pantographe classique décrit le cas observé.
Le mot « similitude » impose aussi une même échelle pour toutes les longueurs et la conservation des angles. Si certaines longueurs sont étirées davantage que d’autres, ou si les angles changent, la transformation n’est pas une similitude plane ; il faut employer un modèle plus général.
Dans l’exemple du repère, l’angle de 90° est un quart de tour et le facteur 2 double chaque distance à l’origine. Ces deux valeurs ne doivent pas être confondues : l’une règle l’orientation, l’autre règle la taille.
Pour aller plus loin
Pour prolonger cette lecture, l’article Des cercles touchants permet d’observer une autre situation de géométrie plane où les relations entre figures et positions deviennent centrales. Le gain est de comparer le rôle d’une transformation avec celui d’une propriété de contact entre figures, sans les confondre.
Une piste de travail consiste ensuite à représenter la rotation et le facteur d’échelle par des coordonnées. Cette écriture relie le mécanisme articulé à la description algébrique d’une similitude plane.
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