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AlgèbreHistoire et culture · Glossaire

problème babylonien

Un problème babylonien est un problème mathématique transmis par une tablette d’argile en écriture cunéiforme de Mésopotamie. Ces documents éclairent des pratiques mathématiques anciennes, à condition de distinguer leur contenu des usages qu’on leur attribue.
problème babylonien
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Définir ce que recouvre l’expression « problème babylonien ».
  • Situer les principales périodes des tablettes mentionnées par la source.
  • Distinguer le support cunéiforme, le contenu mathématique et la fonction pédagogique.
  • Lire un document sans lui attribuer plus que les indices disponibles.
  • Orienter vers le glossaire général « mathématiques babyloniennes » pour prolonger cet angle documentaire.

En clair

Imaginez une tablette d’argile couverte de signes cunéiformes. Son texte peut poser un problème lié à l’économie ou à une activité sociale, puis en conserver la solution. Ce support matériel donne accès à une manière ancienne de pratiquer et d’enseigner les mathématiques en Mésopotamie.
L’expression « problème babylonien » renvoie ainsi aux problèmes mathématiques transmis par ces tablettes. Certaines listes de problèmes résolus fonctionnent comme des manuels pédagogiques, notamment pour les équations du second degré.

Définition

Un problème babylonien est ici un problème mathématique conservé dans le corpus des tablettes d’argile cunéiformes de Mésopotamie. Il appartient aux mathématiques babyloniennes, ensemble de connaissances et de pratiques développé sur une longue durée à partir d’environ 5000 avant J.-C. La chute de Babylone en 539 avant J.-C. constitue un repère politique, et non la fin de la transmission documentaire du corpus.
Les tablettes découvertes depuis le XIXe siècle proviennent principalement de deux ensembles chronologiques : la première dynastie babylonienne, entre 1800 et 1500 avant J.-C., et la période hellénistique, entre 600 avant J.-C. et 300 après J.-C. Elles transmettent des problèmes souvent économiques ou liés aux activités sociales.
Le corpus ne se réduit pas à des énoncés isolés. Des listes associent des problèmes à leur résolution et constituent de véritables supports pédagogiques, en particulier pour les équations du second degré. Un problème babylonien se comprend donc à la fois comme un contenu mathématique et comme la trace d’une pratique d’enseignement.

Où on le rencontre

Le support à observer est une tablette d’argile portant une écriture cunéiforme. Quatre marqueurs situent le corpus : une origine mésopotamienne centrée sur Babylone, des textes mis au jour par les fouilles depuis le XIXe siècle, deux grandes périodes de provenance et la présence de problèmes parfois accompagnés de leur résolution.
Ces tablettes portent des informations mathématiques, mais aussi la trace de leurs usages économiques, sociaux ou pédagogiques. La matérialité du support et le contenu du texte doivent donc être considérés ensemble.

Le mode d'emploi

Pour situer un problème babylonien, on lit d’abord son support et son contexte avant d’interpréter son contenu mathématique.
1. Vérifiez qu’il s’agit d’une tablette d’argile en écriture cunéiforme provenant du corpus mésopotamien.
2. Situez-la, si la source le permet, dans l’une des deux périodes principalement représentées : 1800–1500 avant J.-C. ou 600 avant J.-C.–300 après J.-C.
3. Repérez la fonction du texte : problème économique ou social, problème résolu, ou liste à visée pédagogique.
4. Isolez enfin l’objet mathématique, par exemple une équation du second degré lorsque le texte en traite.
L’apparence ancienne du support peut faire croire que toute tablette cunéiforme est mathématique. Le bon réflexe consiste à établir la nature du contenu ; l’écriture et l’argile identifient un support, pas à elles seules un problème mathématique.

Un exemple, pas à pas

Vous examinez la fiche documentaire d’un texte du corpus. Elle fournit quatre indices observables : le support est une tablette d’argile, l’écriture est cunéiforme, le texte conserve un problème avec sa résolution et l’objet mentionné est une équation du second degré. Elle ne donne ni date précise ni indication d’usage scolaire : le classement doit respecter ces silences.
1. Le support et l’écriture rattachent le document aux tablettes cunéiformes étudiées, mais ne datent pas cette tablette.
2. Le problème et sa résolution établissent la nature mathématique du contenu, mais pas un usage pédagogique.
3. La mention de l’équation du second degré précise l’objet traité, sans fournir ici de valeurs ni de méthode à reconstituer.
4. L’ensemble autorise donc à parler d’un document mathématique contenant un problème résolu, sans lui attribuer une date ou une fonction scolaire.
Le contrôle est refaisable : si l’un des quatre éléments manque, la conclusion doit être limitée à ce que les éléments restants établissent réellement. La tablette seule, par exemple, ne suffit pas à prouver une fonction pédagogique.

En pratique

En histoire des mathématiques, on confronte l’énoncé et la résolution conservés sur une tablette. Si la provenance ou la période ne sont pas établies, on évite de les déduire du seul aspect du support.
Dans une activité pédagogique, une liste de problèmes résolus peut servir de source primaire. On la préfère à une présentation moderne lorsque l’objectif est d’observer comment un savoir mathématique était transmis.
Pour étudier une équation du second degré, la tablette apporte un témoignage historique sur une méthode de résolution. Une méthode moderne reste préférable si l’objectif est seulement de résoudre efficacement l’équation aujourd’hui.

À ne pas confondre

Un problème babylonien n’est pas le système de numération babylonien. Le premier est un problème transmis par le corpus ; le second serait un mode d’écriture des nombres. Un texte portant un problème résolu relève du premier, même si l’étude de sa numération demande une analyse distincte.
Il ne faut pas non plus confondre tablette cunéiforme et tablette mathématique. La première expression décrit le support et l’écriture ; la seconde exige que le contenu mathématique soit effectivement identifié.

Limites et pièges

Le singulier « problème babylonien » ne désigne pas, dans la source, un énoncé unique et canonique. Si aucun énoncé précis n’est cité, il faut parler d’un type de document ou du corpus, et non reconstituer un problème particulier.
Les deux périodes indiquées sont celles dont datent principalement les tablettes mises au jour ; elles ne bornent pas toute l’histoire des mathématiques babyloniennes. Celle-ci prend racine vers 5000 avant J.-C. ; la chute de Babylone en 539 avant J.-C. est un repère politique, tandis que la transmission tardive du corpus est attestée par un second ensemble de tablettes allant jusqu’à 300 après J.-C.
Enfin, une résolution conservée ne prouve pas à elle seule que le texte était un manuel. La fonction pédagogique est établie dans la source pour des listes de problèmes résolus ; il faut préserver cette distinction lorsque l’on étudie une tablette isolée.

Pour aller plus loin

Le glossaire mathématiques babyloniennes replace les problèmes dans l’ensemble des connaissances et pratiques dont ils proviennent.
La fiche Équation du second degré approfondit l’objet algébrique explicitement mentionné parmi les contenus pédagogiques des tablettes.
L’article L'histoire des mathématiques autrement ouvre une perspective plus générale sur la manière d’aborder les mathématiques par leur histoire.
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