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AnalyseFormule · Glossaire

règle de Kummer

Le critère de Kummer étudie une série ∑uₙ à termes strictement positifs à l'aide d'une suite (aₙ) de réels strictement positifs. Si aₙ(uₙ/uₙ₊₁) − aₙ₊₁ tend vers L, alors la série converge lorsque L > 0 ; elle diverge lorsque L < 0 à condition que ∑1/aₙ diverge ; pour L = 0, le critère ne conclut pas. Il ramène ainsi l'étude de la série au signe d'une limite adaptée.
Suite auxiliaire de l'exemple de Kummer Les huit premières valeurs de K n égal à un plus un sur n décroissent vers la limite un. Kₙ n L = 1 1 2 4 6 8 Kₙ = 1 + 1/n
Pour uₙ = 1/n² et aₙ = n, les valeurs Kₙ = 1 + 1/n restent au-dessus de 1 et s'en rapprochent.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Former la suite auxiliaire du critère de Kummer.
  • Déduire la convergence lorsque sa limite est strictement positive.
  • Contrôler la condition supplémentaire nécessaire au verdict de divergence.
  • Refaire le calcul complet pour la série de terme 1/n².
  • Reconnaître les cas où une limite nulle ou absente oblige à changer de test.

En clair

Imaginez une file de nombres tous positifs dont vous additionnez les termes. Pour savoir si la somme finit par se stabiliser, la règle de Kummer compare chaque terme au suivant, après avoir choisi des poids positifs adaptés.
Cette comparaison produit un nouveau nombre à chaque rang. S'il se rapproche d'une valeur strictement positive, la série converge. Un résultat négatif peut prouver la divergence, mais seulement avec une condition supplémentaire sur les poids. Une limite nulle ne tranche pas.

Définition

La règle, ou critère, de Kummer s'applique à une série dont le terme de rang n, noté un, est strictement positif. On choisit aussi une suite auxiliaire de nombres strictement positifs, notés an. À partir de ces deux suites, on forme le nombre Kn :
Kn=anunun+1an+1K_n=a_n\frac{u_n}{u_{n+1}}-a_{n+1}
Si la suite Kn admet une limite réelle L strictement positive, alors la série de terme général un converge. Si L est strictement négative, la divergence est garantie à condition que la série de terme général 1/an diverge. Lorsque L vaut 0, ce test ne décide rien : la série étudiée peut converger ou diverger. Le choix de la suite auxiliaire fait la souplesse du critère et permet de retrouver plusieurs tests classiques.

Le principe

Soient une suite de termes un strictement positifs et une suite auxiliaire an strictement positive. On suppose que la suite suivante converge vers un réel L :
anunun+1an+1La_n\frac{u_n}{u_{n+1}}-a_{n+1}\longrightarrow L
Si L > 0, alors la série ∑un converge. Si L < 0 et si la série ∑1/an diverge, alors ∑un diverge. Si L = 0, le critère est muet.

Quand l'utiliser

Les termes un doivent être strictement positifs à partir du rang où le test est appliqué, car le quotient un/un+1 doit exister. Les poids an doivent eux aussi être strictement positifs. Enfin, la forme énoncée ici demande que Kn ait une limite réelle.
Pour conclure à la divergence quand L < 0, il faut en plus que ∑1/an diverge. Sans cette condition, le verdict peut être faux. Par exemple, avec un = 2−n et an = 2n − 1, on obtient Kn = −1, alors que ∑2−n converge et que ∑1/(2n − 1) converge. Dans ce contre-cas, il faut employer un autre choix de poids ou un autre critère.

Un exemple, pas à pas

Étudions la série dont le terme de rang n est un = 1/n2, pour n ≥ 1. Choisissons les poids an = n. Toutes ces valeurs sont strictement positives, et la série ∑1/an est la série harmonique, qui diverge.
1. Le quotient de deux termes consécutifs vaut unun+1=(n+1)2n2\frac{u_n}{u_{n+1}}=\frac{(n+1)^2}{n^2}.
2. On le multiplie par le poids n.
3. On retranche le poids suivant n + 1.
4. La simplification donne :
Kn=n(n+1)2n2(n+1)=1+1nK_n=n\frac{(n+1)^2}{n^2}-(n+1)=1+\frac{1}{n}
Ainsi Kn tend vers 1, qui est strictement positif. La règle de Kummer prouve donc que ∑1/n2 converge. Le contrôle est direct : pour n = 1, 2 et 4, la formule donne respectivement 2, 3/2 et 5/4, des valeurs qui décroissent bien vers 1. Le graphique matérialise cette approche sans remplacer le calcul.

En pratique

Quand le quotient un/un+1 tend déjà vers une valeur différente de 1, le choix an = 1 ramène Kummer au critère de d'Alembert. Ce choix est le plus court lorsque le quotient suffit à trancher.
Quand ce quotient tend vers 1, des poids croissants comme an = n peuvent révéler un écart trop fin pour d'Alembert. On calcule alors Kn, puis sa limite, comme pour la série ∑1/n2.
Si le quotient est irrégulier ou si aucun choix simple de poids ne donne une limite exploitable, un critère de comparaison, le critère intégral ou le critère de Cauchy peut être préférable. Le signal observable est ici l'absence d'une limite simple pour Kn.

À ne pas confondre

Critère de d'Alembert. Il examine directement la limite du quotient un+1/un. Kummer introduit en plus les poids an. Si le quotient tend vers 1 mais que le choix an = n donne une limite positive, Kummer tranche là où d'Alembert ne conclut pas.
Critère de Cauchy. Il observe la racine n-ième de un, tandis que Kummer compare deux termes consécutifs à l'aide d'une suite auxiliaire. Pour une suite dont les quotients oscillent mais dont les racines ont une limite exploitable, le critère de Cauchy est le test direct.

Limites et pièges

Limite nulle. Le seuil L = 0 ne donne aucun verdict. Avec an = n, la série harmonique ∑1/n donne Kn = 0 et diverge ; la série ∑1/[n(log n)2], prise à partir de n = 2, converge mais donne aussi une limite nulle. Il faut alors changer de poids ou de critère.
Condition oubliée dans le cas négatif. Le seul constat L < 0 ne suffit pas. Le symptôme est une suite de poids qui croît si vite que ∑1/an converge. Avant d'annoncer la divergence, il faut donc contrôler explicitement la divergence de cette série auxiliaire.
Limite inexistante. Si Kn oscille sans converger, la version énoncée du critère ne s'applique pas, même si de nombreux termes sont positifs. Il faut établir des bornes uniformes adaptées ou choisir un autre test, sans remplacer une limite absente par une impression graphique.
Termes nuls ou de signes variables. Un terme nul rend le quotient problématique, et des changements de signe sortent du domaine des séries positives. On étudie alors éventuellement la convergence absolue, ou l'on utilise un critère conçu pour les séries alternées.

Pour aller plus loin

La fiche convergence d'une série numérique replace le verdict de Kummer dans la définition générale des sommes partielles convergentes.
Le critère de d'Alembert montre le cas où le quotient des termes consécutifs suffit, sans poids auxiliaires variables.
Le critère de Cauchy propose une autre lecture de la décroissance, fondée sur la racine n-ième du terme général.
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