Histoire et cultureNotion · Glossaire
Wang Xiaotong
Wang Xiaotong (vers 580-640) est un mathématicien et astronome chinois. Dans le Jigu Suanjing, son ouvrage principal, il part de problèmes de construction pour les traduire en équations et les résoudre. Cette démarche étudie notamment des équations cubiques et, dans deux problèmes, des équations de la forme x⁴ + px² + qx = N.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Identifier Wang Xiaotong et son ouvrage principal.
- Comprendre comment des problèmes de construction sont mis en équation.
- Distinguer les équations cubiques, les deux cas quartiques et les incertitudes historiques.
En clair
Imaginez une tour à construire, une digue à dimensionner ou un canal à creuser. Pour résoudre le problème, Wang Xiaotong décrivait les longueurs connues, choisissait une longueur inconnue, puis traduisait les relations de construction en équation. Certaines situations conduisaient à une équation cubique, c'est-à-dire une équation polynomiale de degré exactement égal à 3 : le coefficient de la troisième puissance de l'inconnue est non nul et aucun terme de degré supérieur n'intervient.
Cette démarche est au cœur du Jigu Suanjing, son ouvrage principal. Le livre montre ainsi que des questions très concrètes de construction peuvent conduire à une recherche algébrique, tout en conservant un raisonnement explicite pour revenir de l'équation à la situation. Le texte contient aussi un problème sur le triangle rectangle et deux problèmes de forme quartique.
Définition
Wang Xiaotong est un mathématicien et astronome chinois actif entre environ 580 et 640. Son apport connu repose principalement sur le Jigu Suanjing, ou « Continuation des anciennes mathématiques », un traité de vingt problèmes. Les énoncés partent surtout de constructions : tours d'observation, digues et creusement de canaux. Wang Xiaotong y expose le passage de la situation concrète à l'équation, puis le raisonnement qui permet de la résoudre.
L'objectif algébrique sous-jacent est notamment l'étude d'équations cubiques. Deux autres problèmes conduisent à une équation quartique, distincte des équations cubiques, de la forme suivante, où x est l'inconnue et p, q et N représentent des quantités déterminées par le problème :
Le traité s'inscrit dans une tradition savante : Wang Xiaotong avait étudié les Neuf Chapitres sur l'art mathématique et les commentaires de Liu Hui. Il a aussi travaillé à la réforme du calendrier impérial, notamment parce que celui-ci ne permettait plus de prédire les éclipses de manière satisfaisante vers 623. La plupart des copies du traité ont disparu ; un exemplaire a survécu sous forme de copie manuscrite au musée de la Cité Interdite.
Un exemple, pas à pas
Pour rendre la démarche refaisable, prenons un exercice reconstruit à des fins pédagogiques : il illustre la forme quartique documentée pour deux problèmes du Jigu Suanjing, sans prétendre en reproduire les mesures. La source donne l'inconnue x et les quantités déterminées p, q et N, mais pas leurs valeurs ni la construction particulière d'un énoncé.
1. Dans ce modèle pédagogique en unités normalisées, x est la longueur positive recherchée ; les données choisies sont p = 3, q = 2 et N = 32.
2. En remplaçant ces données dans la forme étudiée, on obtient :
3. On essaie x = 2 : le membre de gauche vaut 2⁴ + 3 × 2² + 2 × 2, soit 16 + 12 + 4 = 32. La valeur x = 2 est donc une racine ; comme le membre de gauche augmente pour une longueur positive, c'est la racine positive retenue dans cet exercice.
4. Le contrôle numérique est ici immédiat : x = 2 est positif et respecte la longueur recherchée du modèle. Cet exercice montre comment réinjecter une racine et vérifier sa compatibilité ; les mesures historiques particulières du Jigu Suanjing, elles, ne sont pas fournies par la source.
En pratique
Le Jigu Suanjing se lit comme un recueil de problèmes appliqués. Une question de tour, de digue ou de canal fournit le contexte ; le travail mathématique consiste à isoler les données, choisir l'inconnue et établir l'équation correspondante.
Dans le cas de forme quartique présenté pas à pas, cette vérification porte sur le rôle des quantités : x est la longueur recherchée, tandis que p, q et N regroupent les données déterminées par l'énoncé. La forme conserve ainsi le lien avec la construction ; faute de mesures particulières dans la source fournie, elle reste un contrôle symbolique.
Pour situer l'œuvre, il faut aussi distinguer son rôle mathématique de son rôle astronomique. La réforme du calendrier répondait à la prédiction des éclipses ; les problèmes du traité ont assuré la postérité mathématique de Wang Xiaotong.
À ne pas confondre
Wang Xiaotong ne désigne pas une méthode algébrique abstraite indépendante de son auteur. Le nom renvoie à une personne, tandis que le Jigu Suanjing désigne son ouvrage principal. Le critère qui tranche est le type de référence : une biographie parle de Wang Xiaotong ; un traité ou un problème renvoie au Jigu Suanjing.
Il ne faut pas non plus confondre la réforme du calendrier avec le contenu mathématique du traité. La première concerne la prédiction des éclipses vers 623 ; le second rassemble vingt problèmes, principalement fondés sur des constructions, dont un porte sur le triangle rectangle, et l'étude sous-jacente porte notamment sur des équations cubiques.
Limites et pièges
Le terme « équation cubique » ne signifie pas que tous les problèmes du Jigu Suanjing ont exactement la même forme. La source indique que l'objectif sous-jacent est l'étude des équations cubiques, mais précise aussi que deux problèmes relèvent d'une forme quartique :
Une autre limite tient à l'interprétation des solutions. Une valeur produite par l'équation n'est pertinente que si elle correspond à une longueur admissible dans la construction décrite. Le contrôle par retour aux données géométriques est donc nécessaire ; une équation seule ne conserve pas automatiquement le sens du problème.
Enfin, l'influence éventuelle sur Fibonacci demeure une estimation de certains historiens. Elle est formulée comme une possibilité passant par le monde islamique, et non comme une transmission établie avec certitude.
Pour aller plus loin
Le glossaire algèbre permet de replacer le passage d'une situation à une équation dans le langage plus large des relations symboliques. Le lecteur y gagne un cadre pour comprendre ce que le traité met en œuvre dans des problèmes de construction.
Le glossaire calendrier aide à distinguer l'objet astronomique de la réforme évoquée dans la biographie. Le lecteur peut ainsi situer la question de la prédiction des éclipses sans la confondre avec l'étude algébrique du traité.
Le glossaire Fibonacci Leonardo ouvre sur la prudence nécessaire lorsqu'une influence historique est seulement proposée par des historiens. Le lecteur gagne un point de comparaison pour examiner la transmission possible des idées mathématiques.
Explorez les mathématiques autrement
Retrouvez nos magazines, podcasts et jeux pour explorer les mathématiques autrement.
Découvrir les offres
