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GéométrieNotion · Glossaire

centre d'une conique

Le centre d'une conique est le point d'intersection de ses deux axes de symétrie. Pour une ellipse, il est équidistant des quatre sommets et constitue le milieu de chaque diamètre. Pour une hyperbole, il est le point fixe par rapport auquel la courbe est symétrique, et se situe à l'intersection des deux axes principaux. Le cercle, cas particulier de l'ellipse où les deux axes sont égaux, possède un centre unique qui est équidistant de tous les points de la courbe. La parabole, quant à elle, n'admet pas de centre au sens propre du terme, son unique axe de symétrie n'ayant pas de perpendiculaire jouant le rôle de second axe ; son centre est conventionnellement rejeté à l'infini. En géométrie projective, le centre d'une conique est défini comme le pôle de la droite à l'infini par rapport à la conique.

Le centre d'une conique est un point tel que la symétrie centrale, c'est-à-dire un demi-tour autour de lui, laisse la courbe inchangée. Toute ellipse ou hyperbole non dégénérée en possède un unique, utile pour lire ou retrouver sa forme canonique, tandis qu'une parabole n'a pas de centre fini.
Ellipse centrée en C(2 ; −1), avec ses deux axes de symétrie et ses quatre sommets. (x − 2)²/9 + (y + 1)²/4 = 1 C(2 ; −1) y = −1 x = 2
Les axes x = 2 et y = −1 se coupent en C(2 ; −1), milieu des deux paires de sommets opposés.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Reconnaître la symétrie centrale d'une ellipse ou d'une hyperbole.
  • Calculer le centre d'une ellipse en complétant les carrés.
  • Expliquer pourquoi une parabole n'a pas de centre fini.
  • Distinguer le centre des foyers et des sommets.

En clair

Imaginez une ellipse dessinée sur une feuille, puis pliée suivant chacun de ses deux axes de symétrie. Les deux plis se croisent en un point : le centre. Si l'on fait tourner la feuille d'un demi-tour autour de ce point, l'ellipse revient exactement sur elle-même.
Une hyperbole possède la même symétrie de demi-tour, malgré ses deux branches séparées. Un cercle a aussi un centre. Une parabole, en revanche, ne se superpose pas à elle-même par un demi-tour autour d'un point fini.

Définition

Dans le plan affine, le centre d'une conique est un point autour duquel la courbe possède une symétrie centrale : à tout point de la conique correspond le point opposé par rapport au centre. Lorsqu'une ellipse ou une hyperbole est non dégénérée, ce point est unique. Il se trouve à l'intersection des deux axes de symétrie et au milieu de toute corde passant par lui, appelée diamètre.
Pour l'ellipse d'équation (xh)2a2+(yk)2b2=1\frac{(x-h)^2}{a^2}+\frac{(y-k)^2}{b^2}=1, où les nombres positifs a et b sont les demi-axes, le centre est le point de coordonnées (h ; k). Pour l'hyperbole obtenue en remplaçant le signe plus par un signe moins, le même repérage vaut. Dans le cas particulier a = b, l'ellipse est un cercle et son centre est équidistant de tous ses points.
Une parabole n'a aucun centre fini : elle possède un seul axe de symétrie, mais aucune symétrie centrale. Dire que son centre est « à l'infini » relève d'une convention projective. Dans ce cadre plus large, le centre d'une conique est le pôle de la droite à l'infini par rapport à cette conique.

Un exemple, pas à pas

Considérons la conique d'équation 4x2+9y216x+18y11=04x^2+9y^2-16x+18y-11=0. Les données sont les coefficients 4 et 9 des termes quadratiques, −16 et 18 des termes du premier degré, et la constante −11.
1. Regrouper les termes en x et en y donne 4(x24x)+9(y2+2y)11=04(x^2-4x)+9(y^2+2y)-11=0.
2. Compléter les carrés conduit à 4((x2)24)+9((y+1)21)11=04((x-2)^2-4)+9((y+1)^2-1)-11=0.
3. Après réduction puis division par 36, l'équation canonique est :
(x2)29+(y+1)24=1\frac{(x-2)^2}{9}+\frac{(y+1)^2}{4}=1
4. Le centre est donc C(2 ; −1). Les quatre sommets sont (−1 ; −1), (5 ; −1), (2 ; −3) et (2 ; 1) ; C est bien le milieu de chaque paire de sommets opposés.
Le dessin rend visibles les deux axes de symétrie et leur intersection. Un contrôle algébrique consiste à poser x = 2 + u et y = −1 + v : l'équation devient 4u2+9v2=364u^2+9v^2=36, inchangée lorsque (u ; v) est remplacé par (−u ; −v).

En pratique

Pour lire une ellipse ou une hyperbole déjà écrite sous forme canonique, on repère les translations dans les carrés. Dans l'exemple, les expressions (x − 2) et (y + 1) donnent directement le centre C(2 ; −1). Si des termes du premier degré subsistent, on complète d'abord les carrés.
Sur un tracé, on peut chercher le milieu de deux sommets opposés, puis contrôler qu'un demi-tour autour de ce point échange les deux moitiés de la courbe. Cette lecture géométrique est préférable lorsque l'équation n'est pas disponible.
Avant tout calcul, il faut reconnaître la famille de coniques. Une ellipse ou une hyperbole non dégénérée admet un centre fini ; une parabole demande plutôt la recherche de son sommet et de son axe, car aucun point fini n'en est le centre.

À ne pas confondre

Centre et foyer. Le centre est fixé par une symétrie de demi-tour, tandis qu'un foyer intervient dans une propriété de distances. Dans une ellipse non circulaire, les deux foyers sont distincts et placés de part et d'autre du centre : aucun n'est le centre.
Centre et sommet. Un sommet appartient à la conique ; le centre d'une ellipse ordinaire se trouve à l'intérieur et n'appartient pas à la courbe. Dans l'exemple, C(2 ; −1) est le milieu des sommets (−1 ; −1) et (5 ; −1), mais il n'est pas lui-même un sommet.

Limites et pièges

Parabole. Son axe unique ne suffit pas à produire une symétrie centrale. Le symptôme est qu'un demi-tour autour de n'importe quel point fini ne conserve pas la courbe. Il faut chercher son sommet et son axe ; le « centre à l'infini » appartient au langage projectif.
Cercle. Une infinité de droites sont des axes de symétrie, mais elles passent toutes par un seul et même centre. Il ne faut donc pas conclure que la multiplicité des axes produit plusieurs centres.
Conique dégénérée. Une équation du second degré peut représenter deux droites, une droite double, un point ou l'ensemble vide. Les règles d'unicité valables pour une ellipse ou une hyperbole non dégénérée ne s'y appliquent pas automatiquement ; il faut d'abord identifier l'ensemble représenté. Deux droites sécantes ont leur intersection comme centre, tandis que deux droites parallèles admettent une infinité de centres situés sur leur droite médiane.
Test insuffisant. Le centre d'une ellipse n'appartient généralement pas à la courbe. Remplacer ses coordonnées dans l'équation et obtenir autre chose que zéro n'invalide donc pas le résultat ; le bon contrôle porte sur l'invariance par la transformation (x ; y) ↦ (2hx ; 2ky).

Pour aller plus loin

La fiche conique replace le centre parmi les propriétés générales de cette famille de courbes.
L'article L'ellipse et ses différents attributs approfondit les éléments géométriques qui accompagnent le centre d'une ellipse.
Les entrées hyperbole et parabole permettent de comparer une conique à centre fini avec une conique qui n'en possède pas.
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