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AnalyseNotion · Glossaire

analyse diophantienne

L'analyse diophantienne étudie les solutions entières d'équations algébriques et, dans un cadre plus large, leurs solutions rationnelles ; une équation soumise à une telle contrainte est dite diophantienne. La restriction du domaine change la nature du problème : un énoncé simple peut exiger des outils arithmétiques profonds.
Solutions entières de 15x + 21y = 6 Cinq points entiers correspondant aux paramètres k de moins deux à deux sont alignés sur une droite rouge. 15x + 21y = 6 : les solutions entières sont discrètes −16 −11 −6 −1 4 9 14 10 5 −5 −10 x y k = −2 k = 0 k = 2
Pour k de −2 à 2, cinq couples entiers de la famille apparaissent sur la droite 15x + 21y = 6.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Distinguer une résolution sur les entiers d'une résolution sur les réels ou les rationnels.
  • Tester l'existence de solutions pour une équation linéaire grâce au plus grand diviseur commun.
  • Décrire et contrôler toutes les solutions entières de 15x + 21y = 6.

En clair

Prenons 15x + 21y = 6 et n'autorisons pour x et y que des nombres entiers. Il ne suffit plus de tracer une droite et d'accepter tous ses points : il faut trouver ceux dont les deux coordonnées tombent exactement sur la grille des entiers.
L'analyse diophantienne étudie ce changement de règle. Une équation très courte peut n'avoir aucune solution, en avoir quelques-unes ou en posséder une infinité. La difficulté vient autant du domaine imposé aux solutions que de l'équation elle-même.

Définition

L'analyse diophantienne est une branche de la théorie des nombres qui étudie les solutions d'équations algébriques lorsque les inconnues sont astreintes à des valeurs entières ou, dans un cadre plus large, rationnelles. Une équation soumise à cette contrainte est dite diophantienne. Le nom renvoie à Diophante d'Alexandrie et à son traité Arithmétiques.
Le domaine des solutions fait partie du problème. Pour une même équation, chercher des solutions réelles, rationnelles ou entières donne donc trois questions différentes. Dans le cas linéaire à deux inconnues, on cherche par exemple des couples d'entiers, tandis que des équations de degré supérieur peuvent demander des outils dépassant l'arithmétique élémentaire. Une écriture simple ne présage ni l'existence d'une solution ni la difficulté de la preuve.
Le grand théorème de Fermat, l'identité de Bézout, le théorème de Wilson et le petit théorème de Fermat comptent parmi les repères classiques associés à ce domaine. Ils n'ont pas tous la même forme ni le même rôle : ils illustrent plutôt la variété des questions arithmétiques reliées aux entiers.

Un exemple, pas à pas

Cherchons les solutions entières de l'équation suivante. Les données sont les coefficients 15 et 21, le second membre 6, et deux inconnues entières nommées x et y.
15x+21y=615x+21y=6
1. Le plus grand diviseur commun de 15 et 21 vaut 3. Comme 3 divise 6, le critère de Bézout garantit l'existence de solutions entières.
2. Le couple x = −1 et y = 1 convient, car −15 + 21 = 6.
3. Pour tout entier nommé k, toutes les solutions s'écrivent :
x=1+7k,y=15k,kZx=-1+7k,\qquad y=1-5k,\qquad k\in\mathbb{Z}
4. Le contrôle se refait par substitution : 15(−1 + 7k) + 21(1 − 5k) = 6, car les termes 105k s'annulent. La figure montre cinq couples obtenus pour k allant de −2 à 2 ; chacun appartient à la grille entière et à la même droite.

En pratique

Pour une équation linéaire à coefficients entiers, on commence par calculer le plus grand diviseur commun des coefficients. S'il ne divise pas le second membre, on conclut à l'absence de solution entière ; sinon, l'identité de Bézout fournit un point de départ.
Lorsque l'équation n'est pas linéaire, tester des entiers peut faire apparaître des solutions ou suggérer un motif. Si la question exige une preuve complète, cette exploration doit céder la place à un argument qui couvre tous les entiers, par exemple une divisibilité ou un raisonnement par congruences.
Avant tout calcul, on précise enfin si les solutions attendues sont entières ou rationnelles. Si des fractions sont admises, une méthode adaptée aux points rationnels est nécessaire, car le verdict peut différer de celui obtenu sur les seuls entiers.

À ne pas confondre

Résoudre une équation sur les réels. La contrainte décisive n'est pas la forme de l'équation, mais le domaine des solutions. L'équation 15x + 21y = 6 décrit une droite sur les réels ; en analyse diophantienne entière, seuls les points de cette droite dont les deux coordonnées sont entières sont retenus.
Approcher numériquement une solution. Une valeur décimale très proche ne remplace pas une solution exacte. Si 15x + 21y vaut 6,0001, le couple testé ne résout pas l'équation 15x + 21y = 6, même si l'écart paraît minime.
Approximation diophantienne. Celle-ci étudie notamment la qualité avec laquelle des nombres réels peuvent être approchés par des rationnels. L'analyse diophantienne cherche ici des solutions exactes d'équations algébriques ; le critère qui tranche est donc égalité exacte contre approximation contrôlée.

Limites et pièges

Une recherche bornée ne prouve pas l'absence. Ne trouver aucun couple entre −100 et 100 signifie seulement que cette zone ne contient pas de solution. Il faut un argument valable hors de la zone testée pour conclure.
Le domaine ne se devine pas. Une équation peut avoir des solutions rationnelles sans avoir de solutions entières. Il faut annoncer le domaine recherché et vérifier chaque solution dans ce domaine précis.
Une solution particulière n'est pas toujours la liste complète. Pour 15x + 21y = 6, le couple (−1, 1) n'est qu'un point de départ. Le paramètre entier k est nécessaire pour décrire l'infinité des solutions.
La simplicité de l'énoncé est trompeuse. Les techniques du cas linéaire ne se transportent pas automatiquement aux degrés supérieurs. L'absence d'une méthode élémentaire immédiate ne signifie ni absence de solution ni impossibilité de preuve.

Pour aller plus loin

identité de Bézout — Elle donne le critère d'existence utilisé pour les équations linéaires à coefficients entiers.
théorème de Fermat — Il prolonge l'étude vers une équation très simple dont la résolution a exigé des outils profonds.
petit théorème de Fermat — Il introduit une propriété de divisibilité utile dans de nombreux raisonnements sur les entiers.
théorème de Wilson — Il relie nombres premiers et congruences, deux outils naturels pour étudier des contraintes entières.
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