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ArithmétiqueNotion · Glossaire

gnomon d'un nombre figuré

Le gnomon d'un nombre figuré est la quantité d'éléments à ajouter pour passer au nombre figuré suivant de même forme. Géométriquement, c'est la portion qui agrandit la figure d'un rang : il relie ainsi la différence entre les nombres de deux rangs consécutifs à la bordure ajoutée.
Du carré de 16 points au carré de 25 points Seize points noirs forment le carré initial. Neuf points rouges ajoutés sur la droite et en bas forment son gnomon en équerre. carré initial : 16 points gnomon : 9 points total : 25 points
Les 9 points rouges forment l’équerre qui transforme le carré de 16 points en carré de 25 points.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier le gnomon comme l’ajout entre deux nombres figurés consécutifs.
  • Calculer le gnomon du carré de 16 à 25 points.
  • Distinguer les deux conventions d’indexation.
  • Relier les cas triangulaire, carré et pentagonal à leurs suites gnomoniques.

En clair

Imaginez 16 points disposés en carré, avec quatre points sur chaque côté. Pour former le carré suivant, qui compte 25 points, on ajoute une bordure de 9 points en forme d’équerre. Cette bordure est le gnomon du passage de 16 à 25.
Le même geste vaut pour d’autres nombres figurés : le gnomon mesure ce qui s’ajoute quand la figure conserve sa forme et gagne un rang.

Définition

Un gnomon, ou nombre gnomonique, est l’accroissement entre deux nombres figurés consécutifs de même famille. Pour les nombres polygonaux, on adopte l’indexation standard : k est un entier supérieur ou égal à 3 et les rangs n sont des entiers supérieurs ou égaux à 1. Notons Pk(n) le nombre de points au rang n et prolongeons cette indexation par Pk(0) = 0. Pour tout entier n supérieur ou égal à 0, le gnomon qui fait passer du rang n au rang suivant vaut :
Pk(n+1)Pk(n)=(k2)n+1P_k(n+1)-P_k(n)=(k-2)n+1
L’indexation doit toujours être précisée. Si le gnomon est nommé par son rang d’arrivée n, avec n entier supérieur ou égal à 1, il vaut Pk(n) − Pk(n − 1), soit (k2)n(k3)(k-2)n-(k-3). Cette convention donne les entiers 1, 2, 3, 4, … pour les triangles, les impairs 1, 3, 5, 7, … pour les carrés et 3n − 2 pour les pentagones. Géométriquement, l’ajout est un segment pour un triangle et une équerre pour un carré. Le principe s’étend au-delà des polygones : pour les cubes, le gnomon est la différence entre deux cubes consécutifs.

Un exemple, pas à pas

On agrandit un carré de points du rang 4 au rang 5. Les données sont : 4 points par côté au départ, 16 points au total, puis 5 points par côté à l’arrivée et 25 points au total.
1. Calculez l’ajout : 25 − 16 = 9 points.
2. Placez 5 nouveaux points le long d’un côté.
3. Placez 4 autres points le long du côté adjacent ; le point d’angle est déjà compté.
4. Réunissez les 9 points ajoutés : ils forment une équerre autour de l’ancien carré.
Le gnomon vaut donc exactement 9 points. Le contrôle par la suite des impairs donne 2 × 5 − 1 = 9, car on nomme ici le gnomon par son rang d’arrivée, 5.

En pratique

Avec une figure de points, on repère le gnomon en conservant la figure ancienne et en isolant seulement les points ajoutés. Pour le carré de 16 à 25 points, cette bordure compte 9 points et dessine une équerre.
Avec une suite numérique, on soustrait deux termes consécutifs. Cette approche est préférable au dessin lorsque seuls les nombres sont connus : 25 − 16 révèle immédiatement le gnomon 9.
Pour reconnaître une famille polygonale, on observe aussi la suite de ses gnomons. Les entiers successifs signalent les triangles, les impairs les carrés et les valeurs 3n − 2, avec n comme rang d’arrivée, les pentagones.

À ne pas confondre

Le nombre figuré compte toute la figure, tandis que le nombre gnomonique compte seulement l’ajout entre deux rangs. Dans le passage du carré 16 au carré 25, 25 est le nombre figuré d’arrivée et 9 est son gnomon.
Il ne faut pas davantage confondre le rang avec le gnomon. Au rang d’arrivée 5 d’un carré, le rang vaut 5, mais l’accroissement vaut 9 : ces deux nombres ne décrivent pas la même chose.

Limites et pièges

Décalage d’indice. La formule change d’apparence selon que n désigne le rang de départ ou celui d’arrivée. Pour un carré, le passage de n à n + 1 donne 2n + 1 ; le gnomon qui arrive au rang n vaut 2n − 1. Il faut annoncer la convention avant tout calcul.
Rang zéro. Certaines écritures commencent par une figure vide de 0 point, d’autres par la première figure de 1 point. Le premier gnomon reste 1, mais son indice n’est pas le même. Il faut comparer les figures associées aux indices, pas seulement les suites affichées.
Dimension supérieure. Pour des cubes, le gnomon n’est plus une bordure polygonale plane. Entre les cubes de rang n et n + 1, il compte (n+1)3n3=3n2+3n+1(n+1)^3-n^3=3n^2+3n+1 éléments. Il faut alors raisonner sur l’ajout en trois dimensions.

Pour aller plus loin

Nombres polygonaux — Situez le gnomon dans la famille générale des figures de points construites rang après rang.
Nombres triangulaires — Examinez le cas où les gnomons successifs sont les entiers naturels.
Nombres carrés — Reliez l’équerre ajoutée à la suite des nombres impairs.
Nombres pentagonaux — Prolongez le calcul avec les gnomons de terme général 3n − 2.
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