GéométrieNotion · Glossaire
Nombres triangulaires
Un nombre triangulaire compte des points disposés en rangées de 1, 2, 3, jusqu’à n points, où n désigne le nombre de rangées. Le total, noté T_n, est la somme des n premiers entiers naturels positifs : T_n = n(n+1)/2. On obtient ainsi la suite 0, 1, 3, 6, 10, 15, 21, 28, ...
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Relier un arrangement triangulaire à la somme des premiers entiers.
- Calculer T₆ et contrôler le résultat par un double comptage.
- Distinguer un nombre triangulaire d’un nombre carré.
- Identifier les conventions et cas limites liés au rang.
En clair
Disposez un point, puis deux points sur une nouvelle rangée, puis trois sur la suivante. Le total passe de 1 à 3, puis à 6 : les points dessinent un triangle et chaque nouvelle rangée ajoute un entier de plus.
Ces totaux sont les nombres triangulaires. Ainsi, six rangées contiennent 1 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6, soit 21 points. L’image proposée matérialise cette accumulation rangée après rangée.
Définition
Un nombre triangulaire compte les points d’un arrangement triangulaire dont les rangées successives contiennent 1, 2, 3, jusqu’à un entier naturel donné. Si la lettre n désigne le nombre de rangées, le nombre triangulaire de rang n, noté Tn, est la somme des n premiers entiers naturels positifs.
Cette somme possède la forme fermée suivante : . Elle donne la suite 0, 1, 3, 6, 10, 15, 21, 28, … lorsque le rang commence à 0. Le cas n = 0 correspond à une somme vide et donne T0 = 0.
La même quantité intervient en combinatoire : choisir deux éléments parmi n + 1 revient à compter Tn paires. Cette écriture relie les nombres triangulaires aux identités de Pascal. Ils apparaissent aussi dans les sommes de séries. Enfin, le théorème attribué à Gauss affirme que tout entier positif est la somme d’au plus trois nombres triangulaires.
Un exemple, pas à pas
On veut déterminer le nombre de points d’un triangle comportant six rangées. Les données sont le rang n = 6 et les effectifs successifs 1, 2, 3, 4, 5 et 6.
1. Additionner les rangées : 1 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6 = 21.
2. Appliquer la formule avec n = 6 : .
3. Calculer le produit 6 × 7 = 42, puis sa moitié : 42 ÷ 2 = 21.
2. Appliquer la formule avec n = 6 : .
3. Calculer le produit 6 × 7 = 42, puis sa moitié : 42 ÷ 2 = 21.
Le sixième nombre triangulaire est donc T6 = 21 points. Pour contrôler le résultat sans reprendre toute l’addition, on associe deux copies de l’escalier : elles forment six rangées de sept points, soit 42 points ; une seule copie en contient la moitié, donc 21.
En pratique
Pour compter un empilement en rangées de 1 à n objets, la formule de Tn remplace une longue addition. Avec six rangées, elle donne directement 21 objets.
Dans un problème combinatoire où chaque paire d’un ensemble de n + 1 éléments doit être comptée une fois, Tn fournit le total. Une addition directe reste préférable si les groupes ne croissent pas exactement de 1 à chaque étape.
Pour reconnaître un nombre triangulaire candidat, on cherche un rang naturel n qui vérifie la formule. Si aucun rang entier naturel ne convient, le nombre n’est pas triangulaire.
À ne pas confondre
Un nombre carré compte un arrangement en carré avec autant de lignes que de colonnes ; un nombre triangulaire additionne des rangées de longueurs successives. Ainsi, 9 est carré car 3 × 3 = 9, mais il n’apparaît pas dans la suite triangulaire 0, 1, 3, 6, 10, …
Un triangle géométrique est une figure, tandis qu’un nombre triangulaire est un entier. Le dessin de 21 points rend T6 visible, mais déplacer ces 21 points ne change pas la valeur de l’entier.
Limites et pièges
Le rang 0 est un cas charnière : avec la convention où les entiers naturels commencent à 0, la somme vide donne T0 = 0. Une liste qui commence à 1 omet simplement ce premier cas ; il faut donc vérifier la convention d’indexation.
La formule exige un rang entier naturel. Lui substituer un nombre négatif ou non entier peut produire une valeur algébrique, mais ne décrit plus un nombre de rangées dans la suite définie ici.
Dans le théorème de Gauss, « au plus trois » signifie qu’un entier positif peut nécessiter un, deux ou trois termes. Cela ne signifie ni exactement trois termes, ni trois termes nécessairement distincts.
Pour aller plus loin
L’écriture combinatoire approfondit la notion : . Elle interprète Tn comme un nombre de paires et explique sa présence dans les identités de Pascal.
Le résultat de Gauss ouvre une autre direction : au lieu de demander si un entier est triangulaire, on étudie comment tout entier positif peut se décomposer en somme d’au plus trois nombres triangulaires.
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