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AnalyseObjet mathématique · Glossaire

Helmoltz (équation de)

L'équation de Helmholtz est l'équation aux dérivées partielles Δu + k²u = 0, où Δ est le laplacien, u la fonction inconnue et k un nombre réel appelé nombre d'onde. Elle décrit les profils spatiaux d'un régime oscillatoire stationnaire.
Profil sinusoïdal d'une solution de l'équation de Helmholtz La fonction u de x égale sinus de pi x sur deux parcourt une période entre zéro et quatre mètres. u(x) x (m) crête +1 creux −1
Le profil s'annule à 0, 2 et 4 m ; sa crête en 1 m et son creux en 3 m confirment une longueur d'onde de 4 m.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier le rôle du laplacien, de la fonction inconnue et du nombre d'onde.
  • Vérifier pas à pas qu'une sinusoïde satisfait l'équation et les conditions au bord.
  • Distinguer un profil harmonique stationnaire d'une onde dépendant du temps.
  • Reconnaître les cas où le domaine et les conditions au bord sont indispensables.

En clair

Imaginez une corde qui vibre régulièrement sans que son dessin d'ensemble se déplace. À certains endroits, elle reste immobile ; entre eux, elle oscille. Une photographie de ce profil spatial décrit une onde stationnaire.
L'équation de Helmholtz relie la courbure locale de ce profil à sa valeur. Le nombre d'onde indique à quel rythme le motif se répète dans l'espace : plus il est grand, plus les oscillations sont rapprochées.

Définition

L'équation de Helmholtz est une équation aux dérivées partielles pour une fonction inconnue notée u. Le laplacien, noté par la lettre grecque delta majuscule Δ, additionne les dérivées secondes spatiales de u. Le nombre d'onde réel, noté k, fixe l'échelle spatiale des oscillations. Ces objets vérifient :
Δu+k2u=0\Delta u+k^2u=0
Elle décrit la partie spatiale d'un phénomène harmonique stationnaire. En cherchant dans l'équation des ondes une solution séparée dont la dépendance temporelle est eiωte^{i\omega t}, où ω est la pulsation et t le temps, on obtient une équation de Helmholtz pour u. Ce cadre apparaît notamment pour les ondes acoustiques, électromagnétiques et quantiques. Sur un domaine donné, des conditions au bord complètent l'équation. Sous la forme Δu=k2u-\Delta u=k^2u, certaines valeurs de k2 et les fonctions associées deviennent des valeurs propres et des fonctions propres du laplacien.

De quoi c'est fait

Cinq éléments structurent un problème de Helmholtz. Le domaine précise l'espace où l'on cherche la solution. La fonction inconnue u y représente le profil spatial du phénomène. Le laplacien Δ mesure la somme de ses courbures selon les directions de l'espace. Le nombre d'onde réel k règle l'espacement des oscillations. Enfin, les conditions au bord indiquent le comportement imposé sur la frontière du domaine.
Le terme k2u doit compenser exactement le laplacien de u. Le domaine et ses conditions au bord déterminent en outre quelles formes sont admissibles et, dans un problème de valeurs propres, quelles valeurs de k sont possibles. La couleur ou l'échelle d'un tracé ne définissent donc pas l'équation ; la fonction, l'opérateur, le paramètre et les conditions mathématiques la définissent.

Un exemple, pas à pas

On étudie sur un segment de longueur 4 m le profil u d'une onde stationnaire. Le nombre d'onde vaut k=π/2k=\pi/2 rad·m−1. Les extrémités imposent u(0) = 0 et u(4) = 0. On propose la fonction u(x)=sin(πx/2)u(x)=\sin(\pi x/2), où x est la position en mètres.
1. En une dimension, le laplacien est la dérivée seconde.
2. Deux dérivations donnent u(x)=(π/2)2sin(πx/2)u''(x)=-(\pi/2)^2\sin(\pi x/2).
3. Comme k2u(x)=(π/2)2sin(πx/2)k^2u(x)=(\pi/2)^2\sin(\pi x/2), les deux termes s'annulent.
4. Aux extrémités, sin(0) = 0 et sin(2π) = 0 : les conditions au bord sont satisfaites.
Le profil est donc une solution. Sa longueur d'onde vaut λ=2π/k=4\lambda=2\pi/k=4 m. Un contrôle direct consiste à vérifier les cinq positions entières : les valeurs sont successivement 0, 1, 0, −1 et 0. La figure matérialise ce contrôle sans remplacer la substitution dans l'équation.

En pratique

En acoustique, on emploie l'équation de Helmholtz pour une composante harmonique de pulsation fixée : même si la pression varie périodiquement au cours du temps, l'équation décrit son amplitude spatiale. Un signal général ou transitoire demande une superposition de composantes fréquentielles, ou l'équation des ondes qui conserve explicitement le temps.
Pour une onde électromagnétique, le même passage au domaine fréquentiel isole l'amplitude spatiale de chaque composante de pulsation fixée. Le critère pertinent est donc le contenu spectral, et non la simple présence d'une dépendance temporelle : une impulsion ou un signal non monochromatique se traite par superposition de fréquences ou avec l'équation temporelle.
En physique quantique, la recherche d'états stationnaires conduit également à des fonctions propres. On résout alors l'équation avec le domaine et les conditions au bord du problème, car l'expression différentielle seule ne sélectionne pas une solution unique.

À ne pas confondre

Équation de Helmholtz et équation des ondes. La première porte sur un profil spatial à régime harmonique fixé ; la seconde conserve explicitement la variable temporelle. Une impulsion qui se propage relève de l'équation des ondes, tandis que son amplitude à une pulsation donnée peut relever de Helmholtz.
Nombre d'onde et pulsation. Le nombre d'onde k décrit la répétition dans l'espace ; la pulsation ω décrit la répétition dans le temps. Dans l'exemple, k = π/2 rad·m−1 fixe une longueur d'onde de 4 m, sans donner à lui seul une période temporelle.

Limites et pièges

Le cas charnière k = 0. Le terme oscillatoire disparaît et l'équation devient Δu = 0. Il ne faut plus interpréter k comme donnant une longueur d'onde finie ; la formule 2π/k n'est alors pas définie.
Une équation sans conditions au bord. Plusieurs fonctions peuvent satisfaire la même équation différentielle. Si le calcul ne produit pas une solution déterminée, il faut préciser le domaine et les valeurs ou comportements imposés sur sa frontière.
Valeurs propres dépendantes du problème. L'écriture Δu=k2u-\Delta u=k^2u ne suffit pas à dresser une liste universelle de valeurs de k. Un changement de domaine ou de conditions au bord change les fonctions admissibles et peut changer le spectre obtenu.
Une solution proposée doit passer deux tests. Vérifier seulement l'équation à l'intérieur du domaine ne suffit pas. Dans l'exemple, la sinusoïde annule bien les deux termes, mais elle doit aussi prendre la valeur 0 aux positions 0 m et 4 m.

Pour aller plus loin

Le laplacien d'une fonction précise l'opérateur qui mesure ici la courbure spatiale dans plusieurs directions.
L'équation des ondes montre le modèle dépendant du temps dont l'équation de Helmholtz fournit la version harmonique stationnaire.
La notion de valeur propre éclaire pourquoi certaines valeurs de k2 sont sélectionnées par un domaine et ses conditions au bord.
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