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Histoire et cultureNotion · Glossaire

Jordan Camille

Camille Jordan est un mathématicien français dont les travaux ont marqué la théorie des groupes, l'algèbre linéaire, l'analyse et la topologie. Son nom reste notamment associé à la suite de Jordan-Hölder, à la forme normale de Jordan et au théorème de Jordan sur la séparation du plan par une courbe fermée simple.
Jalons de carrière de Camille Jordan Frise indiquant le début de son enseignement à l'École Polytechnique en 1876, son entrée à l'Académie des sciences en 1881, son entrée au Collège de France en 1883 et sa retraite en 1912. JALONS DE CARRIÈRE 1876 1881 1883 1912 École Polytechniqueenseignement Académiedes sciences Collègede France Retraite
Les dates documentent quatre étapes de carrière ; elles ne datent pas les découvertes mathématiques.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Situer les principaux jalons de la carrière de Camille Jordan.
  • Relier ses contributions à l'algèbre, à l'analyse, à la cristallographie et à la topologie.
  • Distinguer la personne, le théorème de Jordan, la forme normale et la suite de Jordan-Hölder.
  • Reconnaître les hypothèses élémentaires du théorème de Jordan.

En clair

En 1876, Camille Jordan commence à enseigner à l'École Polytechnique. Il est alors à la fois ingénieur et chercheur en mathématiques. Son travail relie des objets qui semblent éloignés : les permutations, les formes bilinéaires, les séries de Fourier et les courbes du plan.
Son nom demeure attaché à plusieurs outils. Une forme normale organise l'étude des endomorphismes ; une suite de composition décompose certains groupes ; le théorème de Jordan affirme qu'une courbe fermée simple sépare le plan en deux régions connexes. Ici, simple signifie qu'en dehors du retour final au point de départ, aucun point n'est repris : il n'y a ni contact, ni croisement, ni segment parcouru plusieurs fois.

Définition

Camille Jordan (1838–1922) est un mathématicien français du XIXe siècle. Reçu premier à l'École Polytechnique à 17 ans, il poursuit une carrière d'ingénieur tout en menant des recherches mathématiques. Il enseigne dans cette école à partir de 1876. Son Cours d'Analyse, dans la lignée du cours de Cauchy, contribue à la rigueur de l'analyse moderne.
Sa carrière institutionnelle comprend son entrée à l'Académie des sciences en 1881, puis au Collège de France en 1883, avant sa retraite en 1912. Ces quatre jalons explicites permettent de situer son activité sans attribuer une découverte particulière à une date que la source ne donne pas.
Ses recherches portent d'abord sur la théorie des groupes. Il étudie systématiquement les groupes de permutations et introduit les notions de groupe quotient, de groupe résoluble et de suite de Jordan-Hölder, aussi appelée suite de composition. Il applique cette théorie à la géométrie et à la cristallographie, notamment à des sous-groupes du groupe linéaire décrivant des arrangements moléculaires dans les cristaux, dans des travaux liés à ceux de Bravais. Son œuvre touche aussi les formes bilinéaires et la forme normale de Jordan pour les endomorphismes, la convergence des séries de Fourier, ainsi que la topologie. Dans ce dernier domaine, le théorème de Jordan énonce que l'image dans le plan d'une application continue injective du cercle S¹ a un complémentaire qui possède exactement deux composantes connexes.

Un exemple, pas à pas

Prenons comme cas concret le cercle unité, de centre O et de rayon 1, paramétré par t ↦ (cos t, sin t) lorsque t va de 0 à 2π. Le point O = (0, 0) servira de point intérieur et le point A = (2, 0) de point extérieur. Cette courbe est tracée continûment, elle est fermée parce que les valeurs 0 et 2π donnent le même point, et elle est simple parce qu'aucun autre point n'est répété.
1. Le paramétrage est continu et parcourt une boucle complète du point (1, 0) jusqu'à ce même point.
2. Deux valeurs distinctes de t entre 0 et 2π ne donnent pas le même point, sauf 0 et 2π : le cercle n'a donc ni croisement, ni tangence, ni superposition.
3. O = (0, 0) est entouré par le cercle, tandis que A = (2, 0) est à l'extérieur.
4. Le théorème permet alors de conclure que le complémentaire du cercle possède exactement deux composantes connexes : l'intérieur et l'extérieur.
5. Chercher une troisième région échoue : il faudrait ajouter un croisement ou une seconde boucle, et l'on ne serait plus dans ce cas de courbe simple.
Ce cas montre la nature du résultat attaché au nom de Jordan : la conclusion dépend de propriétés précises du tracé, et non de sa forme ronde, ovale ou irrégulière.

En pratique

Devant un résultat portant le nom de Jordan, commencez par identifier son domaine. Une courbe fermée simple renvoie ici à la topologie et au théorème de Jordan ; un endomorphisme renvoie à la forme normale de Jordan.
Dans un texte sur les groupes, regardez l'objet étudié. Les permutations, les groupes quotients, les groupes résolubles et les suites de composition appartiennent au versant algébrique de son œuvre ; une série de Fourier relève de l'analyse.
Pour situer la personne, distinguez enfin les jalons de carrière des résultats mathématiques. Les années 1876, 1881, 1883 et 1912 documentent des fonctions ou institutions ; la source ne les donne pas comme dates de découverte.

À ne pas confondre

Camille Jordan et le théorème de Jordan. Camille Jordan est la personne ; le théorème est un résultat de topologie attaché à son nom. Si le texte parle d'une courbe fermée simple qui sépare le plan, il vise le théorème, non l'ensemble de son œuvre.
Suite de Jordan-Hölder et forme normale de Jordan. La première, aussi appelée suite de composition dans la source, concerne la structure des groupes. La seconde concerne les endomorphismes. La présence d'un groupe ou d'un endomorphisme tranche entre les deux.
Groupe quotient et topologie quotient. La contribution citée dans la source est la notion algébrique de groupe quotient. Une topologie quotient est une autre notion ; le mot « quotient » seul ne suffit donc pas à identifier le contexte.

Limites et pièges

Un tracé fermé qui se croise. Le croisement signale que la courbe n'est pas simple. Le théorème de Jordan cité ici ne permet donc pas de conclure ; il faut examiner les régions du dessin sans invoquer cet énoncé.
Une réunion de plusieurs boucles. Même si chaque boucle est simple et fermée, leur réunion n'est pas nécessairement une seule courbe de Jordan. Compter systématiquement deux régions pour l'ensemble serait alors injustifié.
Une date trop précise. La source associe 1876 à l'enseignement, 1881 à l'Académie des sciences, 1883 au Collège de France et 1912 à la retraite. Elle ne date pas finement les résultats : il ne faut pas déduire leur année de ces jalons.
Une attribution élargie. Les travaux cristallographiques de Jordan sont dits liés à ceux de Bravais. Cette relation ne permet ni de les confondre ni d'attribuer à Jordan tout résultat concernant les arrangements moléculaires des cristaux.

Pour aller plus loin

théorème de Jordan — Pour approfondir les hypothèses et la séparation du plan par une courbe fermée simple.
Groupe quotient — Pour préciser l'une des notions algébriques fondamentales introduites par Jordan.
série de Fourier — Pour situer le domaine d'analyse dans lequel Jordan a étudié des questions de convergence.
Les débuts des groupes — Pour replacer les recherches de Jordan dans l'histoire de la théorie des groupes.
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