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AnalyseObjet mathématique · Glossaire

série de Fourier

La série de Fourier d’une fonction f, 2π-périodique et intégrable sur [−π ; π], est la somme formelle de fonctions sinus et cosinus dont les coefficients sont obtenus par intégration. Ses sommes partielles, appelées polynômes de Fourier, combinent un nombre fini de ces harmoniques pour analyser ou approcher le signal ; leur convergence vers f demande des hypothèses supplémentaires.
Fonction périodique f(x)=x et somme de Fourier S₃ Comparaison sur moins pi à pi de la droite f(x)=x et de sa somme partielle de Fourier d’ordre trois. f(x)=x S₃ −π 0 π
La somme S₃ suit la droite f(x) = x au centre et oscille près du saut créé par le prolongement périodique.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Relier une fonction périodique à ses harmoniques sinus et cosinus.
  • Lire les formules des coefficients de Fourier.
  • Reproduire le calcul de la somme partielle d’ordre 3 pour f(x) = x.
  • Reconnaître les précautions de convergence, de période et de convention.

En clair

Imaginez un signal qui recommence identiquement après chaque tour. Une série de Fourier le reconstruit en superposant des oscillations simples : une moyenne, puis des cosinus et des sinus de fréquences entières. Chaque coefficient indique la part d’une oscillation dans le signal.
Les premières oscillations dessinent les grandes lignes. Les suivantes ajoutent des détails de plus en plus fins. Une somme finie donne une approximation ; la série entière décrit le développement théorique.

Définition

Soit une fonction f de période 2π, intégrable sur une période. Son développement de Fourier associe à f une constante et, pour chaque entier positif k, un cosinus et un sinus de fréquence k. Avec la convention où le terme constant est la moitié de a0, le polynôme d’ordre n s’écrit :
Sn(x)=a02+k=1n(akcos(kx)+bksin(kx))S_n(x)=\frac{a_0}{2}+\sum_{k=1}^{n}\left(a_k\cos(kx)+b_k\sin(kx)\right)
Le nombre a0 mesure deux fois la valeur moyenne. Pour chaque entier k ≥ 1, ak mesure la composante en cosinus et bk la composante en sinus. Ces coefficients sont obtenus par projection sur une période : ak=1πππf(x)cos(kx)dxa_k=\frac{1}{\pi}\int_{-\pi}^{\pi}f(x)\cos(kx)\,dx et bk=1πππf(x)sin(kx)dxb_k=\frac{1}{\pi}\int_{-\pi}^{\pi}f(x)\sin(kx)\,dx. La série est la somme formelle infinie dont les Sn sont les sommes partielles. Leur convergence vers une fonction dépend du mode de convergence choisi et d’hypothèses supplémentaires. L’intégrabilité suffit à définir les coefficients, mais pas à garantir une convergence ponctuelle vers f en tout point. D’autres conventions absorbent le facteur 1/2 dans le terme constant ; il faut donc toujours vérifier la définition de a0.

De quoi c'est fait

Une série de Fourier réunit quatre éléments nécessaires. La fonction f fournit le motif périodique à analyser. Sa période fixe les fréquences admissibles ; pour une période 2π, elles sont les entiers k. Les fonctions cos(kx) et sin(kx) forment les oscillations élémentaires. Enfin, les coefficients ak et bk règlent leurs amplitudes et leurs signes.
La période détermine donc la famille d’oscillations, tandis que les intégrales de f contre chacune d’elles déterminent les coefficients. Le choix de n fixe ensuite le nombre d’harmoniques conservées dans Sn. Ces données suffisent à construire chaque somme partielle et à comparer son tracé à celui de la fonction périodique. La couleur ou l’échelle d’un graphique ne font pas partie de la série.

Un exemple, pas à pas

Considérons la fonction f de période 2π définie par f(x) = x pour −π < x < π. Elle est impaire. Nous cherchons sa somme partielle d’ordre 3, puis sa valeur en x = π/2.
1. La symétrie impaire donne a0 = 0 et ak = 0 pour tout entier k ≥ 1.
2. Pour calculer bk, une intégration par parties donne bk=1πππxsin(kx)dx=1π([xcos(kx)k]ππ+[sin(kx)k2]ππ)=1π(2π(1)kk+0)=2(1)k+1kb_k=\frac{1}{\pi}\int_{-\pi}^{\pi}x\sin(kx)\,dx=\frac{1}{\pi}\left(\left[-\frac{x\cos(kx)}{k}\right]_{-\pi}^{\pi}+\left[\frac{\sin(kx)}{k^2}\right]_{-\pi}^{\pi}\right)=\frac{1}{\pi}\left(-\frac{2\pi(-1)^k}{k}+0\right)=\frac{2(-1)^{k+1}}{k} : le premier crochet fournit les termes aux bornes et le second est nul puisque sin(kπ) = 0.
3. Pour k = 1, 2 et 3, les coefficients valent donc 2, −1 et 2/3.
4. La somme cherchée est S3(x)=2sin(x)sin(2x)+23sin(3x)S_3(x)=2\sin(x)-\sin(2x)+\frac{2}{3}\sin(3x).
5. En x = π/2, on obtient S3(π/2) = 4/3 ≈ 1,333, tandis que f(π/2) = π/2 ≈ 1,571.
Le contrôle est direct : remplacer x par π/2 donne sin(π/2) = 1, sin(π) = 0 et sin(3π/2) = −1, donc 2 − 2/3 = 4/3. Le tracé met aussi en évidence l’approximation obtenue avec seulement trois harmoniques.

En pratique

Pour analyser un signal périodique, on calcule ses coefficients afin de repérer les harmoniques dominantes. Si le signal n’est pas périodique, la transformée de Fourier est généralement le cadre adapté.
Pour approcher une fonction périodique, on choisit un ordre n puis on évalue Sn. On augmente n jusqu’à ce que le niveau de détail convienne, tout en surveillant les oscillations près des sauts.
Pour résoudre certaines équations comportant une variable périodique, on travaille harmonique par harmonique. Une méthode directe reste préférable lorsque la fonction n’a pas de structure périodique exploitable.

À ne pas confondre

Série de Fourier et polynôme de Fourier. Le polynôme ne conserve qu’un nombre fini d’harmoniques, jusqu’à l’ordre n. La série désigne la somme formelle infinie ; les Sn forment la suite de ses sommes partielles. On ne parle de leur limite que lorsqu’un mode de convergence et des hypothèses appropriées sont précisés. Dans l’exemple f(x) = x, S3 est un polynôme de Fourier, pas la série entière.
Série de Fourier et transformée de Fourier. La série produit des fréquences discrètes pour un motif périodique. La transformée s’applique aussi à des signaux non périodiques, sans imposer que leur spectre soit continu. Un signal répété toutes les 2π unités appelle une série ; une impulsion isolée ne possède pas ce motif périodique.

Limites et pièges

Coefficients définis, convergence non garantie. L’intégrabilité sur [−π, π] rend les intégrales des coefficients possibles. Elle ne suffit pas, à elle seule, à assurer que les sommes partielles convergent vers f en chaque point. Il faut annoncer séparément le mode de convergence et les hypothèses utilisées.
Valeur à un saut. Pour le prolongement périodique de f(x) = x, les extrémités −π et π forment un saut. Sous les hypothèses usuelles de régularité par morceaux, la série converge au milieu des limites latérales, ici 0, et non vers l’une des deux valeurs ±π. Les oscillations proches du saut persistent : c’est le phénomène de Gibbs.
Période différente de 2π. Les formules affichées supposent une période 2π. Pour une période T positive, les fréquences deviennent des multiples de 2π/T et les facteurs d’intégration changent. Réutiliser les formules sans ce redimensionnement donne de mauvais coefficients.
Convention du terme constant. Certaines écritures utilisent a0/2 ; d’autres nomment directement a0 la moyenne. Avant de comparer deux résultats, il faut vérifier si a0 vaut l’intégrale divisée par π ou par 2π.

Pour aller plus loin

Joseph Fourier — Situer l’origine de cette décomposition et le parcours du mathématicien qui lui a donné son nom.
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