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AnalyseObjet mathématique · Glossaire
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suite de Viète

La suite de Viète construit, par récurrence, des facteurs dont le produit infini vaut 2/π. À partir de v₁ = √2/2, on pose vₙ₊₁ = √((1 + vₙ)/2). On obtient ainsi 2/π = (√2/2) · √(2 + √2)/2 · √(2 + √(2 + √2))/2 · …
Produits partiels de la suite de Viète Quatre produits partiels décroissent vers deux sur pi, tandis que deux divisés par ces produits se rapprochent de pi. Produits partiels de Viète 0,71 0,63 2/π ≈ 0,63661977 P₁ P₂ P₃ P₄ π₁ ≈ 2,82842712 π₂ ≈ 3,06146746 π₃ ≈ 3,12144515 π₄ ≈ 3,13654849 n croissant
De un à quatre facteurs, Pₙ se rapproche de 2/π et l’approximation 2/Pₙ se rapproche de π.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Relier la récurrence de la suite à la formule trigonométrique du demi-angle.
  • Distinguer la normalisation des facteurs de celle des radicaux imbriqués.
  • Calculer quatre produits partiels et l’approximation de π correspondante.
  • Repérer l’incohérence de normalisation présente dans la définition source.
  • Comprendre pourquoi la limite du produit vaut 2/π.

En clair

On part d’un nombre, puis on répète toujours le même geste : ajouter 1, diviser par 2 et prendre la racine carrée positive. Les nombres obtenus se rapprochent de 1. En les multipliant au fur et à mesure, on obtient des approximations liées à π.
Les facteurs sont aussi des cosinus d’angles divisés successivement par deux. Cette lecture explique l’apparition des racines emboîtées et transforme une identité trigonométrique en produit infini.

Définition

Dans la normalisation directement adaptée au produit, la suite de Viète est la suite de nombres positifs notés an. Son premier terme vaut √2/2 et chaque terme suivant est la racine carrée positive de la moyenne de 1 et du terme précédent : a1=22,an+1=1+an2a_1=\frac{\sqrt{2}}{2},\qquad a_{n+1}=\sqrt{\frac{1+a_n}{2}}.
La formule du demi-angle donne an = cos(π/2n+1). Le produit des n premiers termes, noté Pn, vérifie alors Pn=k=1nak=12nsin ⁣(π2n+1)P_n=\prod_{k=1}^{n}a_k=\frac{1}{2^n\sin\!\left(\frac{\pi}{2^{n+1}}\right)}. Lorsque n tend vers l’infini, Pn tend vers 2/π.
Une seconde normalisation emploie les radicaux r1 = √2 et rn+1 = √(2 + rn) ; chaque facteur vaut alors rn/2. La définition source mélange ces deux conventions : son terme v₁ = 2/√2 vaut √2, tandis que sa récurrence est celle des facteurs an. Ces deux écritures ne doivent pas être combinées sans conversion.

De quoi c'est fait

La construction comporte quatre éléments. Le terme initial a1 = √2/2 fixe la normalisation. La récurrence produit an+1 à partir de an en choisissant la racine positive. L’identité du demi-angle relie chaque terme au cosinus d’un angle moitié du précédent. Enfin, le produit partiel Pn multiplie les n premiers facteurs.
Le choix initial et la récurrence déterminent toute la suite. La relation trigonométrique explique ensuite pourquoi ses produits partiels approchent 2/π. Les radicaux emboîtés décrivent les mêmes facteurs sous une autre écriture ; ils ne constituent pas une donnée supplémentaire. Ces éléments suffisent à calculer un nombre quelconque de facteurs et l’approximation de π qui en résulte.

Un exemple, pas à pas

Calculons quatre facteurs. Les données sont a1 = √2/2, la récurrence par racine positive, le produit Pn des n premiers facteurs et l’approximation πn = 2/Pn.
1. Le premier facteur vaut a1 ≈ 0,70710678. Ainsi, P1 ≈ 0,70710678 et π1 ≈ 2,82842712.
2. La récurrence donne a2 = √(2 + √2)/2 ≈ 0,92387953. On obtient P2 ≈ 0,65328148, puis π2 ≈ 3,06146746.
3. Les deux facteurs suivants valent a3 ≈ 0,98078528 et a4 ≈ 0,99518473. Les produits deviennent P3 ≈ 0,64072886 et P4 ≈ 0,63764358.
4. Le résultat à quatre facteurs est π4 = 2/P4 ≈ 3,13654849. Une représentation des quatre produits partiels montre leur rapprochement vers 2/π.
5. Pour contrôler le calcul, on utilise a4 = cos(π/32) et l’identité exacte P4=116sin(π/32)P_4=\frac{1}{16\sin(\pi/32)}. Elle redonne π4 = 32 sin(π/32) ≈ 3,13654849.

En pratique

Pour approcher π, on calcule les facteurs successifs, on tient leur produit à jour, puis on prend 2 divisé par ce produit. Chaque facteur supplémentaire améliore ici l’approximation ; pour obtenir directement une valeur décimale usuelle, une valeur préenregistrée de π évite ce calcul itératif.
Pour travailler une identité trigonométrique, on part de cos(x/2) = √((1 + cos x)/2) lorsque les angles considérés rendent le cosinus positif. La suite est alors préférable à un développement séparé de chaque racine, car elle conserve la même règle d’une étape à l’autre.
Pour vérifier une écriture en radicaux imbriqués, on repère sa normalisation. Si les radicaux commencent par √2 et suivent rn+1 = √(2 + rn), on divise chaque radical par 2 avant de former le produit.

À ne pas confondre

La suite des facteurs et la suite des radicaux. Les facteurs commencent par √2/2 et tendent vers 1 ; les radicaux commencent par √2 et tendent vers 2. Dans le cadre de ces deux conventions, un terme initial supérieur à 1 indique la seconde normalisation et doit être divisé par 2 dans le produit.
La suite et ses produits partiels. Le terme an est un seul facteur, tandis que Pn multiplie tous les facteurs jusqu’au rang n. Par exemple, a2 ≈ 0,92387953, mais P2 ≈ 0,65328148.
Un produit infini et une racine infiniment imbriquée. L’identité de Viète porte sur le produit de facteurs distincts. Les racines imbriquées ne sont que la forme de ces facteurs ; prendre la limite d’un seul radical ne donne pas 2/π.

Limites et pièges

Normalisations incompatibles. Avec v₁ = 2/√2 = √2, la récurrence √((1 + vn)/2) ne produit pas les facteurs affichés dans le produit de Viète. Il faut soit partir de √2/2 avec cette récurrence, soit garder √2 et employer rn+1 = √(2 + rn), puis diviser chaque terme par 2.
Troncature. Avec un nombre fini de facteurs, 2/Pn n’est qu’une approximation de π. Au rang 1, elle vaut environ 2,82842712 ; au rang 4, environ 3,13654849. Le signe ≈ reste donc nécessaire.
Signe de la racine. La formule cos(x/2) = √((1 + cos x)/2) suppose que cos(x/2) est positif. Pour les angles π/2n+1 de cette suite, cette condition est satisfaite. Hors de ce domaine, la formule générale détermine d’abord la valeur absolue du cosinus et le signe doit être traité séparément.
Passage à l’infini. Le seul fait que an tende vers 1 ne suffit pas à identifier la limite du produit. Posons un = π/2n+1 dans l’expression exacte de Pn. Comme 2n = π/(2un), on obtient Pn = (2/π) × un/sin(un). Or un tend vers 0 et sin(un)/un tend vers 1 : ainsi un/sin(un) tend vers 1, donc Pn tend vers 2/π.

Pour aller plus loin

Le cosinus d’un angle éclaire l’identité du demi-angle qui engendre tous les facteurs de la suite.
La fonction racine carrée aide à lire la récurrence et le choix systématique de la racine positive.
La notion d’infini replace le passage des produits partiels finis au produit infini dans un cadre plus large.
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