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GéométrieThéorème · Glossaire

théorème de Neuberg

Pour tout triangle non dégénéré, on construit un carré extérieur sur chacun de ses côtés, puis un carré intérieur sur chacun des côtés du triangle formé par les centres des trois premiers carrés. Le théorème de Neuberg affirme que les centres des trois seconds carrés sont exactement les milieux des côtés du triangle initial, offrant ainsi une construction de ces milieux.
Construction du théorème de Neuberg Les carrés extérieurs du triangle ABC, le triangle rouge de leurs centres et les centres des carrés intérieurs confondus avec les milieux des côtés de ABC. A B C Lecture de la figure triangle ABC triangle des centres carrés intérieurs I = milieu I₁ = milieu de BC I₂ = milieu de CA I₃ = milieu de AB
Pour cet exemple, les centres I₁, I₂ et I₃ des carrés intérieurs coïncident avec les milieux de BC, CA et AB.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Distinguer les carrés extérieurs de la première étape et les carrés intérieurs de la seconde.
  • Associer chaque nouveau centre au milieu précis d'un côté du triangle ABC.
  • Vérifier le résultat sur le triangle A(0 ; 0), B(4 ; 0), C(1 ; 3).
  • Repérer les erreurs de côté et le cas dégénéré des sommets alignés.

En clair

Imaginez un triangle entouré de trois carrés, un contre chacun de ses côtés. Marquez le centre de chaque carré, puis reliez ces trois centres : un second triangle apparaît.
Recommencez autour de ce nouveau triangle, mais en plaçant les carrés du côté où se trouve son intérieur. Les centres obtenus tombent exactement aux trois milieux des côtés du triangle de départ. Deux constructions qui semblent éloigner la figure ramènent donc à trois points très familiers.

Définition

Le théorème de Neuberg relie deux constructions successives de carrés aux milieux d'un triangle. On part d'un triangle non dégénéré ABC. Sur le côté BC, on construit le carré extérieur au triangle et l'on appelle OA son centre. Les centres OB et OC sont définis de la même manière sur CA et AB. Les trois points forment le triangle OAOBOC.
Sur chacun des côtés de ce triangle des centres, on construit ensuite le carré situé du côté intérieur, c'est-à-dire dans le demi-plan contenant le troisième sommet. Le centre I1 du carré porté par OBOC est alors le milieu de BC. De même, le centre I2 du carré porté par OCOA est le milieu de CA, et le centre I3 du carré porté par OAOB est le milieu de AB.
Le mot « extérieur » fixe le premier choix de côté ; le mot « intérieur » fixe le second. Sans ces orientations, chaque segment admet deux carrés possibles et la conclusion n'est plus déterminée.

Le principe

Si l'on construit extérieurement les carrés sur BC, CA et AB, puis le triangle formé par leurs centres OA, OB et OC, alors les centres des carrés construits intérieurement sur OBOC, OCOA et OAOB sont respectivement les milieux de BC, CA et AB.

Quand l'utiliser

La construction se fait dans le plan à partir de trois sommets A, B et C non alignés. Chaque premier carré doit être dans le demi-plan opposé au troisième sommet : celui de BC est opposé à A, par exemple. Chaque second carré doit au contraire être dans le demi-plan contenant le troisième sommet du triangle OAOBOC. Ces deux règles rendent chaque choix vérifiable.
Si A, B et C sont alignés, il n'existe plus d'intérieur du triangle initial et l'expression « carré extérieur » devient ambiguë. Il faut alors traiter la configuration comme un cas dégénéré séparé, et non appliquer directement l'énoncé.

Un exemple, pas à pas

Prenons dans un repère le triangle de sommets A(0 ; 0), B(4 ; 0) et C(1 ; 3). Les carrés de la première étape sont construits à l'extérieur du triangle, puis ceux de la seconde étape du côté intérieur du triangle des centres.
Données : A(0 ; 0), B(4 ; 0), C(1 ; 3). La figure associée conserve ce même repère et montre les deux triangles ainsi que les trois coïncidences annoncées.
1. Pour le côté BC, son milieu est MBC(2,5 ; 1,5) et le vecteur BC a pour coordonnées (-3 ; 3). Un quart de tour vers l'extérieur transforme ce vecteur en (3 ; 3) ; la moitié de ce vecteur, ajoutée à MBC, donne donc OA(4 ; 3). La même règle — milieu du côté, quart de tour vers l'extérieur, puis division par deux — appliquée cycliquement à CA et AB donne OB(-1 ; 2) et OC(2 ; -2).
2. Le centre du carré intérieur porté par OBOC est I1(2,5 ; 1,5), qui est aussi le milieu de BC.
3. Sur OCOA, on obtient I2(0,5 ; 1,5), milieu de CA.
4. Sur OAOB, on obtient I3(2 ; 0), milieu de AB.
Le contrôle se refait sans les carrés : les moyennes des coordonnées de B et C donnent ((4 + 1)/2 ; (0 + 3)/2) = (2,5 ; 1,5). Les deux autres paires donnent (0,5 ; 1,5) et (2 ; 0). Les trois centres I1, I2 et I3 coïncident donc bien avec les trois milieux annoncés.

En pratique

Dans une construction à la règle et au compas, le théorème fournit un contrôle visuel : après les deux séries de carrés, les trois derniers centres doivent appartenir aux côtés de ABC et les partager en deux segments égaux. Si ce n'est pas le cas, il faut vérifier le côté choisi pour l'un des carrés.
Dans un logiciel de géométrie dynamique, on peut déplacer A, B ou C. Le résultat de Neuberg est préférable à une simple vérification sur une figure fixe lorsque l'on veut tester que la coïncidence résiste à la déformation du triangle.
Pour un contrôle numérique, les coordonnées des centres se calculent à l'aide de milieux et de quarts de tour. Cette méthode est préférable à la mesure graphique dès qu'une égalité exacte doit être établie.

À ne pas confondre

Le théorème de Neuberg ne doit pas être confondu avec le théorème de Varignon. Neuberg part de carrés successifs et retrouve les milieux du triangle initial ; Varignon relie directement les milieux des côtés d'un quadrilatère pour former un parallélogramme. La présence d'un triangle et de deux séries de carrés tranche entre les deux résultats.
Il ne s'agit pas non plus du théorème de Pythagore. Pythagore relie les longueurs des côtés d'un triangle rectangle, tandis que Neuberg identifie des points après une construction. Aucun angle droit n'est exigé dans le triangle ABC ; les angles droits appartiennent aux carrés ajoutés.

Limites et pièges

Un carré construit du mauvais côté est le piège principal. Le symptôme est qu'un centre I ne tombe pas au milieu du côté correspondant de ABC. Il faut comparer, à chaque étape, le demi-plan du carré avec la position du troisième sommet.
Un dessin presque exact ne prouve pas une coïncidence. Une petite erreur de tracé peut séparer deux points qui sont mathématiquement identiques, ou en superposer deux qui ne le sont pas. Il faut contrôler les coordonnées, les longueurs égales ou la construction des médiatrices.
Lorsque les trois sommets sont alignés, le triangle est dégénéré : son aire vaut 0 et aucun côté intérieur ou extérieur n'est défini sans convention supplémentaire. Cette configuration charnière doit être exclue de l'énoncé usuel.

Pour aller plus loin

Le théorème de Varignon offre un autre résultat où des milieux font apparaître une figure nouvelle, cette fois à partir d'un quadrilatère.
Une transformation géométrique permet de formaliser les quarts de tour qui relient les côtés aux centres des carrés.
La médiatrice rappelle pourquoi le centre d'un carré se trouve sur la perpendiculaire passant par le milieu de son côté.
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