Le mot « nomogramme » vient du grec nomos, « la loi », et gramma, « ce qui est écrit ». Il désigne une figure graduée sur laquelle on lit, sans calcul, le résultat d'une opération. Les premiers instruments de ce type sont des abaques à entrecroisement, comme l'abaque hyperbolique complet ci-dessous : les hyperboles d'équation , pour allant de 2 à 100, y sont tracées en rouge pour les valeurs paires, en bleu pour les valeurs impaires, et en trait épais toutes les cinq.
Pour multiplier 6 par 3,5, il suffit de repérer le point de coordonnées (6 ; 3,5) : il se trouve sur l'hyperbole 21. Pour diviser 45 par 9, on suit l'hyperbole 45 jusqu'à l'abscisse 9 : elle s'y trouve à l'ordonnée 5.
L'inconvénient saute aux yeux : il faut tracer une courbe par résultat possible, et la lecture devient délicate là où les courbes se resserrent. En 1884, le mathématicien et ingénieur français Maurice d'Ocagne (1862-1938) a l'idée de remplacer ce réseau de courbes par trois lignes graduées : une règle posée sur deux valeurs indique le résultat sur la troisième.





