Avant l'ère des calculatrices, on savait déjà multiplier deux nombres sans effectuer le moindre calcul : il suffisait de lire un point sur une courbe. Dès le XVIIIe siècle, hyperboles puis paraboles permettent une lecture graphique de la multiplication et de la division.

Dans les années 1960, la quatrième de couverture des cahiers d'écoliers représentait souvent une table de multiplication. L'écolier contemplant son cahier, s'il était perspicace, pouvait y découvrir de nombreuses propriétés arithmétiques. Par exemple, certaines valeurs apparaissent plusieurs fois, comme le 12 sur la figure suivante. En effet, 12=2×2×3, et 12 se retrouve dans la table des 3, des 4 et des 6.
Peut-on faire passer une courbe par les centres des cases contenant ces valeurs ? La réponse est oui : il est possible de faire passer une branche d'hyperbole équilatère xy=12. Deux siècles avant cette observation scolaire, un ingénieur français avait déjà eu l'idée d'exploiter cette propriété et, quelques décennies plus tard, un mathématicien allemand en tirerait une variante fondée, elle, sur la parabole.
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L'abaque hyperbolique