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Histoire et cultureNotion · Glossaire

Bouton Charles Leonard

Charles Leonard Bouton (1869-1922), mathématicien américain originaire de Saint-Louis (Missouri). Titulaire d'un Master of Science, il obtient son doctorat à Leipzig en 1901. Il enseigne les mathématiques à Harvard. Il est principalement connu pour son analyse mathématique rigoureuse du jeu de Nim (1901), dans laquelle il démontre la condition de victoire pour le premier joueur et pose les bases de la théorie combinatoire des jeux.
Un coup gagnant dans une position de Nim Le retrait de deux jetons transforme les piles 3, 4 et 5 en piles 1, 4 et 5, de somme de Nim nulle. Position initiale Après le coup 3 4 5 1 4 5 retirer 2 3 ⊕ 4 ⊕ 5 = 2 1 ⊕ 4 ⊕ 5 = 0
En retirant deux jetons de la première pile, la position (3, 4, 5) devient (1, 4, 5), dont la somme de Nim est nulle.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier Charles Leonard Bouton et les repères biographiques fournis par la source.
  • Relier son analyse de 1901 au critère de victoire du jeu de Nim.
  • Vérifier le calcul de la somme de Nim sur trois piles.
  • Distinguer la règle usuelle de Nim de ses variantes.

En clair

En 1901, Charles Leonard Bouton étudie le jeu de Nim avec les outils des mathématiques. Ce mathématicien américain, originaire de Saint-Louis et enseignant à Harvard, ne cherche pas seulement de bons coups au hasard. Il met en évidence un critère qui permet de reconnaître les positions favorables au premier joueur.
Son idée transforme des tas d'objets en nombres, puis compare leur écriture binaire. Le jeu devient ainsi un problème calculable, et ce passage d'une situation ludique à une structure mathématique contribue aux bases de la théorie des jeux combinatoires.

Définition

Charles Leonard Bouton (1869-1922) est un mathématicien américain originaire de Saint-Louis, dans le Missouri. Titulaire d'un Master of Science, il obtient son doctorat à Leipzig en 1901, puis enseigne les mathématiques à Harvard. Son nom reste principalement attaché à l'analyse rigoureuse du jeu de Nim qu'il donne en 1901.
Dans la version usuelle de Nim, deux joueurs retirent à tour de rôle un nombre strictement positif d'objets d'une seule pile, et le joueur qui prend le dernier objet gagne. Bouton associe à une position la somme binaire sans retenue, appelée somme de Nim, des tailles de toutes les piles. L'opération « ou exclusif » est notée \oplus.
Avec un jeu parfait et la règle où prendre le dernier objet fait gagner, une somme de Nim nulle caractérise une position perdante pour le joueur qui doit jouer. Une somme non nulle garantit au contraire l'existence d'un coup qui la ramène à zéro. Ce critère donne donc la condition de victoire selon la position initiale, et non une victoire automatique du premier joueur. Par cette analyse, Bouton contribue à poser les bases de la théorie des jeux combinatoires.

Un exemple, pas à pas

Trois piles contiennent 3, 4 et 5 objets. Chaque joueur retire au moins un objet d'une seule pile, et prendre le dernier fait gagner. Le premier joueur cherche un coup qui laisse une somme de Nim nulle.
Données :
la première pile contient 3 objets, soit 011 en binaire ;
la deuxième en contient 4, soit 100 ;
la troisième en contient 5, soit 101.
1. La somme binaire sans retenue des trois tailles est non nulle :
345=23 \oplus 4 \oplus 5 = 2
La position initiale permet donc un coup gagnant.
2. Le premier joueur retire 2 objets de la pile de 3. Les tailles deviennent 1, 4 et 5, et leur somme de Nim vaut zéro :
145=01 \oplus 4 \oplus 5 = 0
3. Si l'adversaire réduit ensuite la pile de 4 à 2, les tailles sont 1, 2 et 5. Leur somme vaut 6. Le premier joueur ramène alors la pile de 5 à 3, ce qui redonne une somme nulle : 123=01 \oplus 2 \oplus 3 = 0.
Le contrôle se refait colonne par colonne : dans 001, 010 et 011, chaque colonne contient un nombre pair de chiffres 1. La somme sans retenue est donc 000. En revenant à zéro après chaque coup adverse, le premier joueur conserve la stratégie gagnante.

En pratique

Pour jouer une position de Nim, on écrit la taille de chaque pile en binaire et on calcule leur somme sans retenue. Si elle n'est pas nulle, on cherche une seule pile à réduire afin d'obtenir zéro. Pour une position minuscule, l'alternative consiste à énumérer tous les coups ; le calcul de Bouton devient préférable dès que cet arbre de possibilités s'allonge.
Pour enseigner la stratégie, des jetons rendent les piles et le coup visibles, tandis que l'écriture binaire explique pourquoi ce coup fonctionne. Une présentation purement algébrique convient mieux lorsque le lecteur maîtrise déjà le « ou exclusif ».
Pour situer Bouton dans l'histoire des mathématiques, on relie son analyse de 1901 à deux objets distincts : le jeu concret qu'elle résout et la théorie des jeux combinatoires qu'elle contribue à fonder. Cette double lecture évite de réduire son apport à une simple astuce de joueur.

À ne pas confondre

Charles Leonard Bouton et le jeu de Nim. Bouton est le mathématicien ; Nim est le jeu qu'il a analysé. Le critère est simple : un texte qui décrit des piles, des retraits et une position de jeu traite de Nim, tandis qu'un texte qui donne les dates 1869-1922 ou mentionne Harvard présente Bouton.
L'analyse de Nim et la théorie des jeux combinatoires. L'analyse de 1901 porte sur un jeu précis et fournit sa condition de victoire. La théorie des jeux combinatoires est le domaine plus large auquel ce résultat contribue. Une position à trois piles relève donc directement de l'analyse de Nim, pas de toute la théorie à elle seule.

Limites et pièges

Le premier joueur ne gagne pas toujours. Le résultat de Bouton donne une condition dépendant de la position initiale. Si la somme de Nim vaut déjà zéro, le symptôme est qu'aucun coup ne peut conserver zéro ; contre un adversaire parfait, le premier joueur est alors en position perdante.
La convention de fin compte. Le critère décrit la règle usuelle où prendre le dernier objet fait gagner. Dans la variante dite misère, prendre le dernier fait perdre. Lorsque toutes les piles restantes contiennent exactement un objet, le cas charnière est la parité de leur nombre : un nombre impair est perdant pour le joueur qui doit jouer, et un nombre pair est gagnant. Il faut alors appliquer cette règle de fin plutôt que le critère usuel.
La somme ordinaire donne un faux signal. Additionner 1, 4 et 5 produit 10, mais cette valeur ne classe pas la position de Nim. Il faut effectuer le « ou exclusif » colonne par colonne : 145=01 \oplus 4 \oplus 5 = 0. Le zéro obtenu est le critère pertinent.
Le résultat n'est pas une recette universelle pour tous les jeux. Le symptôme d'un autre cadre est une règle qui autorise plusieurs piles à la fois, ajoute des coups ou change l'objectif final. Il faut alors analyser ce jeu selon ses propres positions et coups, au lieu de lui appliquer automatiquement la somme de Nim.

Pour aller plus loin

jeu de Nim — Pour approfondir les règles, les positions et la stratégie du jeu auquel Bouton a appliqué son critère.
théorie des jeux combinatoires — Pour replacer l'analyse de Nim dans l'étude mathématique plus large des jeux à information parfaite.
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