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ArithmétiqueNotion · Glossaire

Dupré Athanase

Athanase Dupré (1808–1869) est un mathématicien et physicien français dont le parcours comporte deux orientations distinctes : en théorie des nombres, il a étudié le nombre de divisions nécessaires à l’algorithme d’Euclide pour calculer un PGCD, y compris dans le cadre des entiers de Gauss ; en physique, il a travaillé sur la chaleur, la tension superficielle et la capillarité.
Divisions euclidiennes de 252 et 105 Trois divisions successives donnent les restes 42, 21 et 0. Le dernier reste non nul, 21, est le PGCD. Algorithme d’Euclide 252 = 2 × 105 + 42 105 = 2 × 42 + 21 42 = 2 × 21 + 0 dernier reste non nul PGCD = 21
Les restes 42 puis 21 conduisent au PGCD 21 ; la dernière division fournit le reste nul.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier Athanase Dupré et les étapes de son parcours fournies par la source.
  • Refaire un calcul de PGCD par divisions successives et compter ses étapes selon une convention explicite.
  • Distinguer entiers usuels, entiers de Gauss et thermodynamique, puis situer les résultats de 1858 et 1869.

En clair

En divisant deux nombres qui ne sont pas tous deux nuls, on regarde le reste, puis on recommence avec le diviseur et ce reste. Les restes deviennent de plus en plus petits : ce geste forme l’algorithme d’Euclide, qui permet de trouver le plus grand commun diviseur. Athanase Dupré a étudié combien de divisions cette méthode peut demander. Ce premier volet relève de la théorie des nombres ; un second volet de son parcours concerne la thermodynamique, avec l’étude de phénomènes observables comme la chaleur et la tension superficielle.

Définition

Athanase Dupré est un mathématicien et physicien français dont les travaux relient théorie des nombres et thermodynamique. En arithmétique, il s'intéresse au calcul du plus grand commun diviseur, c'est-à-dire au plus grand entier positif qui divise deux entiers sans reste, lorsque ces deux entiers ne sont pas tous deux nuls. L'algorithme d'Euclide le calcule par divisions successives : le nouveau couple est formé du diviseur précédent et du reste obtenu. La question de Dupré porte notamment sur le nombre de divisions nécessaires, dans des travaux proches de ceux de Lamé.
Son étude s'étend aux entiers de Gauss, nombres complexes de la forme a + b√−1, avec a et b entiers. La division euclidienne y repose sur la norme a² + b², et le plus grand commun diviseur y est défini à multiplication par une unité près. Le critère de divisibilité et la notion de plus grand commun diviseur doivent alors être compris dans cet anneau de nombres, et non comme une simple division ordinaire entre réels. En 1858, un mémoire consacré à une proposition de Legendre sur la théorie des nombres lui vaut le grand prix de l'Académie des Sciences. Dupré se tourne ensuite vers la thermodynamique : ses travaux abordent la tension superficielle et les phénomènes capillaires, avant la publication de Théorie mécanique de la chaleur en 1869.

Un exemple, pas à pas

Pour suivre le type de calcul étudié par Dupré, prenons deux entiers positifs, 252 et 105. Le premier nombre est 252, le second est 105, et l'on cherche leur plus grand commun diviseur par divisions euclidiennes successives.
252 = 2 × 105 + 42
105 = 2 × 42 + 21
42 = 2 × 21 + 0
Le dernier reste non nul est donc 21 : le plus grand commun diviseur de 252 et 105 vaut 21. Le contrôle est direct, car 252 = 12 × 21 et 105 = 5 × 21. Le calcul comporte deux divisions donnant un reste non nul, puis une troisième division qui donne le reste nul ; c'est ce nombre d'étapes que l'analyse de la méthode cherche notamment à encadrer.

En pratique

Pour calculer le plus grand commun diviseur de deux entiers, on remplace successivement le couple par le diviseur et le reste. On s'arrête dès que le reste vaut zéro ; le dernier reste non nul donne le résultat. Cette procédure évite de tester un à un tous les diviseurs communs.
Pour analyser le nombre de divisions, on compte les divisions successives jusqu'au premier reste nul. Les valeurs de départ et la convention de comptage doivent être conservées, car compter seulement les restes non nuls ne donne pas le même total.
Lorsque les nombres sont des entiers de Gauss, la division et la notion de reste relèvent de cette structure complexe. Il faut donc employer les règles propres aux entiers de Gauss, plutôt que traiter séparément leurs parties réelle et imaginaire comme deux entiers ordinaires.
Pour une question de thermodynamique, on change de cadre : la tension superficielle et la capillarité décrivent des phénomènes physiques, tandis que le PGCD décrit une relation de divisibilité. Le critère observable n'est plus un reste nul, mais le comportement d'une surface ou d'un liquide dans les conditions étudiées.

À ne pas confondre

Le plus grand commun diviseur est le résultat recherché ; l'algorithme d'Euclide est la méthode qui permet de l'obtenir par divisions successives. Dans l'exemple 252 et 105, 21 est le résultat, tandis que les trois divisions constituent la procédure.
Les entiers de Gauss ne sont pas de simples entiers négatifs ou positifs : ils ont la forme a + b√−1, avec a et b entiers. Leur cadre de divisibilité est donc celui des nombres complexes de cette forme, et non celui des seuls entiers usuels.
La thermodynamique étudie des phénomènes physiques comme la chaleur, la tension superficielle et la capillarité. Elle constitue la seconde orientation des travaux de Dupré ; elle ne désigne ni une variante du PGCD ni une étape de l'algorithme d'Euclide.

Limites et pièges

L'algorithme d'Euclide s'applique ici à deux entiers, ou dans un cadre où une division avec reste est définie. Il ne suffit pas de remplacer les entiers par des nombres réels quelconques : la notion de diviseur commun n'a alors plus le même sens. Le symptôme d'une mauvaise transposition est un « reste » choisi sans règle de divisibilité ; il faut revenir à la structure numérique annoncée.
Le nombre de divisions dépend des données de départ et de la convention de comptage. Dans l'exemple 252, 105, compter les trois lignes donne les divisions jusqu'au reste nul, tandis que compter seulement les restes non nuls donne deux étapes. Il faut donc préciser ce qui est compté avant de comparer deux analyses.
Pour les entiers de Gauss, l'écriture a + b√−1 ne signifie pas que l'on calcule deux PGCD indépendants sur a et b. Le symptôme d'une telle erreur est un résultat qui ignore la divisibilité complexe ; il faut utiliser les opérations et les unités propres à cet anneau.
La source distingue enfin deux périodes de recherche. Les travaux de 1858 concernent un mémoire sur une proposition de Legendre en théorie des nombres, tandis que l'ouvrage Théorie mécanique de la chaleur paraît en 1869. Ces dates ne doivent pas être fusionnées en une seule découverte.

Pour aller plus loin

L'article algorithme d'Euclide permet de reprendre la procédure de divisions successives et de replacer l'analyse de Dupré dans le calcul concret du PGCD. Le lecteur y gagne un cadre précis pour vérifier les étapes de l'exemple et comprendre pourquoi le dernier reste non nul intervient.
L'article La naissance de la thermodynamique ouvre le volet physique de la fiche. Il aide à situer les recherches de Dupré sur la chaleur et à distinguer le contexte historique de la thermodynamique du problème arithmétique des divisions.
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