AlgèbreNotion · Glossaire
Mathieu Emile
Émile Mathieu est un mathématicien français dont les travaux relèvent de la théorie des groupes finis et de la physique mathématique. Son nom reste attaché aux groupes de Mathieu, premiers exemples connus de groupes simples sporadiques, ainsi qu’à une équation différentielle du second ordre.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Situer Émile Mathieu, sa formation et sa carrière d’enseignant.
- Relier sa thèse aux groupes simples sporadiques et à leur classification ultérieure.
- Distinguer les groupes de Mathieu de l’équation de Mathieu.
En clair
À Metz, où il naît en 1835, Émile Mathieu se montre brillant dès sa formation. En 1859, il soutient une thèse consacrée à la théorie des groupes finis. La frise chronologique permet de situer cette étape entre sa naissance et sa mort en 1890. Son héritage suit ensuite deux voies : des objets algébriques appelés groupes de Mathieu et une équation utilisée pour étudier des phénomènes vibratoires.
Définition
Émile Mathieu (1835-1890) est un mathématicien français né à Metz. Après avoir intégré l’École polytechnique, il ne poursuit pas la voie militaire et se consacre aux mathématiques pures. Sa thèse de doctorat, soutenue en 1859, porte sur la théorie des groupes finis, dans le prolongement des recherches d’Abel et de Galois sur la résolution des équations algébriques par radicaux.
Un groupe fini est un ensemble comportant un nombre fini d’éléments, muni d’une loi de composition interne associative, avec un élément neutre et un inverse pour chaque élément. Un groupe simple est un groupe non trivial qui ne possède aucun sous-groupe normal propre non trivial ; il joue ainsi un rôle de brique élémentaire dans l’étude des groupes finis. Les groupes de Mathieu sont les premiers exemples connus de groupes simples sporadiques, c’est-à-dire situés hors des grandes familles régulières. Ils ont acquis une place fondamentale dans la classification des groupes simples finis menée au XXe siècle.
Ces recherches n’ont pas fourni d’algorithme général de résolution par radicaux, mais leur portée théorique a été féconde. Mathieu a enseigné à la faculté des sciences de Besançon, puis à celle de Nancy. Son nom désigne aussi l’équation de Mathieu, une équation différentielle du second ordre rencontrée dans l’étude des vibrations et en physique mathématique.
Un exemple, pas à pas
Trois notices emploient le nom de Mathieu :
A. « En 1859, il soutient une thèse sur la théorie des groupes finis. »
B. « M24 est cité parmi les groupes simples sporadiques dans un texte sur la classification des groupes finis. »
C. « Cette équation différentielle du second ordre intervient dans l’étude de phénomènes vibratoires. »
Il s’agit d’identifier si chaque notice renvoie à la personne, à un groupe de Mathieu ou à l’équation de Mathieu.
A. « En 1859, il soutient une thèse sur la théorie des groupes finis. »
B. « M24 est cité parmi les groupes simples sporadiques dans un texte sur la classification des groupes finis. »
C. « Cette équation différentielle du second ordre intervient dans l’étude de phénomènes vibratoires. »
Il s’agit d’identifier si chaque notice renvoie à la personne, à un groupe de Mathieu ou à l’équation de Mathieu.
Étape 1. Relever les indices : la date de 1859 et la thèse signalent un repère biographique ; la notation M24 et les mots « groupe », « simple » et « sporadique » signalent l’algèbre ; « équation différentielle », « second ordre » et « vibratoires » signalent la physique mathématique.
Étape 2. Associer chaque notice à son objet : A désigne Émile Mathieu lui-même, B un groupe de Mathieu et C l’équation de Mathieu. La même méthode se réutilise : on cherche d’abord les mots de contexte avant d’interpréter le nom.
Étape 3. Contrôler l’attribution historique de B : Mathieu a découvert les premiers exemples connus de groupes simples sporadiques, mais la classification des groupes simples finis a été menée au XXe siècle. La notice renvoie donc bien à son héritage algébrique sans lui attribuer cette classification ultérieure.
En pratique
En histoire des mathématiques, le nom d’Émile Mathieu sert à suivre un passage entre les recherches d’Abel et de Galois et l’étude moderne des groupes finis. Pour une vue générale de ce courant, on privilégie une histoire de la théorie des groupes ; pour sa contribution propre, on revient aux groupes qui portent son nom.
En algèbre, la mention « groupe de Mathieu » signale un groupe simple sporadique. Le critère décisif est la nature de l’objet étudié : un ensemble fini muni d’une loi associative, d’un élément neutre et d’un inverse pour chaque élément, et non une équation à résoudre.
En physique mathématique, « équation de Mathieu » renvoie au contraire à une équation différentielle du second ordre liée aux phénomènes vibratoires. Le contexte de vibrations oriente donc vers l’équation, tandis qu’un contexte de classification algébrique oriente vers les groupes.
À ne pas confondre
Groupe de Mathieu et équation de Mathieu. Le premier est un objet de la théorie des groupes finis ; la seconde est une équation différentielle du second ordre. Une question de classification des groupes désigne le premier, tandis qu’un problème de vibrations désigne la seconde.
Mathieu et Galois. Galois appartient aux recherches antérieures sur la résolution des équations algébriques par radicaux ; Mathieu prolonge ce courant avec sa thèse de 1859 sur les groupes finis. La mention explicite d’un groupe de Mathieu, ou des notations M11, M12, M22, M23 et M24, désigne Mathieu, et non Galois.
Limites et pièges
Une théorie féconde n’est pas un algorithme général. Les travaux évoqués éclairent la structure des équations et des groupes, mais la source précise qu’ils n’ont pas abouti à un algorithme général. Il faut donc présenter leur portée comme théorique, sans promettre une procédure universelle de résolution par radicaux.
« Premiers exemples » ne signifie pas « classification achevée ». Mathieu découvre les premiers groupes simples sporadiques connus ; la classification des groupes simples finis appartient au XXe siècle. Le changement de siècle est le signal qui interdit de confondre découverte initiale et classification ultérieure.
Le nom seul reste ambigu. « Mathieu » peut désigner le mathématicien, ses groupes ou son équation. Le vocabulaire voisin tranche : « fini », « simple » ou « sporadique » indique l’algèbre ; « second ordre », « vibratoire » ou « physique mathématique » indique l’équation différentielle.
Pour aller plus loin
Les débuts des groupes replace la thèse de Mathieu dans l’émergence de la théorie des groupes.
Galois Evariste présente le mathématicien dont les recherches sur les équations précèdent celles de Mathieu.
La classification des groupes finis simples montre le vaste programme auquel les groupes de Mathieu ont ensuite contribué.
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