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Histoire et cultureNotion · Glossaire

Kerckhoffs Auguste

Auguste Kerckhoffs von Nieuwenhoff est un cryptologue à l'origine du principe de Kerckhoffs : la sécurité d'un système cryptographique ne doit pas dépendre du secret de son algorithme, mais de celui de sa clé. Ainsi, le mécanisme peut être connu de tous ; seule la clé doit rester secrète et pouvoir être remplacée sans reconcevoir le système.
Le principe de Kerckhoffs Un algorithme public et une clé secrète produisent un message chiffré. La clé secrète peut être remplacée sans changer l'algorithme. Algorithme public Clé secrète Message chiffré Clé remplacée
Le système conserve son algorithme public tandis qu'une clé secrète compromise peut être remplacée.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier Auguste Kerckhoffs et son essai de 1883.
  • Expliquer pourquoi la sécurité doit reposer sur la clé plutôt que sur le secret de l'algorithme.
  • Distinguer l'algorithme, la clé et les limites du principe.

En clair

En 1883, à Paris, Auguste Kerckhoffs publie La cryptographie militaire dans le Journal des Sciences Militaires. La télégraphie rend alors la protection des messages particulièrement importante.
Son idée essentielle sépare la serrure de son code : le fonctionnement du système peut être connu, mais la clé doit rester secrète. Si cette clé est compromise, on la remplace sans devoir reconstruire tout le système.

Définition

Auguste Kerckhoffs von Nieuwenhoff (1835-1903) est un cryptologue néerlandais naturalisé français. Docteur en lettres de l'Université de Liège, il enseigne les langues à Paris, notamment l'allemand à l'École des Hautes Études Commerciales. Ses centres d'intérêt comprennent aussi les mathématiques, l'histoire et l'archéologie.
Son apport fondateur à la cryptographie paraît en 1883 dans l'essai La cryptographie militaire. Kerckhoffs y relie la technique aux réalités sociales et politiques de son temps, dont le développement de la télégraphie. Le principe qui porte aujourd'hui son nom exige que la sécurité d'un système ne dépende pas du secret de l'algorithme. Elle doit dépendre du secret de la clé, paramètre modifiable et indépendant de la conception du système.
Kerckhoffs s'intéresse aussi au Volapük, langue internationale inventée par Johann Martin Schleyer en 1885. Il en défend une conception pragmatique et simplifiée, au prix de désaccords avec Schleyer.

Un exemple, pas à pas

Imaginons un service qui transmet un message chiffré par télégraphie. Les données du cas sont les suivantes : l'algorithme de chiffrement est connu, la clé reste secrète et cette clé peut être remplacée.
1. Le service applique l'algorithme public au message avec une clé secrète.
2. Un observateur peut connaître l'algorithme sans posséder la clé.
3. Si la clé n'est plus secrète, le service la remplace.
4. L'algorithme, lui, n'a pas besoin d'être redessiné.
Le résultat illustre le principe de Kerckhoffs : la connaissance du mécanisme ne suffit pas, à elle seule, à fournir le secret attendu. La clé concentre l'information qui doit être protégée et renouvelée.
Le contrôle consiste à rendre l'algorithme public dans le raisonnement : si cette seule divulgation ruine la sécurité, le système ne respecte pas le principe.

En pratique

Pour examiner un système cryptographique, on suppose son algorithme connu et l'on demande encore ce qui protège le message. Si la réponse est la clé secrète, le raisonnement suit le principe de Kerckhoffs.
Lorsqu'une clé est compromise, le geste attendu est de la remplacer. Concevoir un nouvel algorithme n'est pas l'alternative normale, puisque la clé est précisément le paramètre modifiable du système.
Pour lire un discours sur la sécurité, il faut enfin repérer ce qui est annoncé secret. Le secret du seul procédé renvoie à la tradition que Kerckhoffs a contestée ; le secret de la clé correspond à sa séparation essentielle.

À ne pas confondre

Auguste Kerckhoffs et le principe de Kerckhoffs. Le premier est le cryptologue né en 1835 et mort en 1903 ; le second est la règle de conception formulée dans son essai de 1883. Une date biographique désigne la personne, tandis qu'un test portant sur le secret de l'algorithme désigne le principe.
Algorithme et clé. L'algorithme est la conception du système ; la clé est un paramètre indépendant et remplaçable. Si l'on change le paramètre sans redessiner le procédé, c'est bien la clé que l'on modifie.

Limites et pièges

Algorithme public ne signifie pas clé publique. Le principe accepte que la conception du système soit connue, mais il maintient le secret de la clé. Confondre les deux secrets efface précisément la distinction posée par Kerckhoffs.
Un principe n'est pas une preuve complète de sécurité. Le test dit sur quoi la sécurité ne doit pas reposer : le secret de l'algorithme. Il ne suffit donc pas d'affirmer que l'algorithme est connu ; il faut encore examiner la protection effective de la clé.
Remplaçable ne veut pas dire exposable. La possibilité de changer une clé limite les conséquences d'une compromission, mais ne rend pas cette compromission sans effet. Le bon réflexe reste de protéger la clé, puis de la renouveler si son secret est perdu.

Pour aller plus loin

Cryptographie — Situez le principe de Kerckhoffs dans la discipline dont son essai de 1883 est devenu une référence fondatrice.
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