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GéométrieObjet mathématique · Glossaire

système de Ptolémée

Le système de Ptolémée est un modèle géocentrique qui décrit les positions apparentes des planètes par des mouvements circulaires combinés. Chaque planète parcourt un épicycle dont le centre se déplace sur un déférent. L’excentrique et le point équant affinent cette construction pour l’accorder aux observations, sans fournir de cause physique aux mouvements.
Rayons parallèles dans l'exemple de Mars Deux cercles de centres O_s et O_m portent le Soleil et Mars. Les deux rayons rouges ont exactement la même direction. Schéma non à l’échelle Os Om Soleil Mars
Dans le cas décrit par Ptolémée, les rayons O_s–Soleil et O_m–Mars conservent la même direction.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Distinguer l'épicycle, le déférent, l'excentrique et le point équant.
  • Suivre pas à pas la relation géométrique employée pour décrire le mouvement de Mars.
  • Expliquer pourquoi la Terre n'est pas le centre géométrique exact de toute la construction.
  • Séparer la description géométrique d'une explication physique du mouvement des astres.

En clair

Au IIe siècle, Ptolémée rassemble l'astronomie antique dans la Grande Syntaxe, connue ensuite en arabe sous le titre Almageste. Imaginez une planète portée par un petit cercle, lui-même entraîné autour d'un grand cercle. Cette combinaison d'épicycle et de déférent reproduit des mouvements célestes plus complexes qu'un cercle unique autour de la Terre.
Ptolémée décale aussi les centres et introduit l'équant, point depuis lequel la rotation paraît uniforme. La Terre reste la référence du modèle géocentrique, mais elle n'est plus nécessairement le centre géométrique exact de toutes les constructions.

Définition

Le système de Ptolémée est un modèle géocentrique qui décrit les trajectoires apparentes des astres par des combinaisons de mouvements circulaires. Une planète parcourt un petit cercle, l'épicycle. Le centre de cet épicycle parcourt à son tour un grand cercle, le déférent. La superposition de ces deux mouvements permet d'ajuster la trajectoire décrite aux observations.
Le dispositif n'impose pas que la Terre soit le centre géométrique exact. Ptolémée emploie aussi un excentrique : un déférent dont le centre est décalé par rapport à la Terre. La Terre et le point équant occupent des positions symétriques par rapport au centre de ce déférent. Depuis l'équant, la direction reliant ce point au centre de l'épicycle balaie des angles à vitesse angulaire constante.
Ce système est une construction géométrique destinée à mieux rendre compte des observations, non une explication physique des causes du mouvement. Ptolémée indique seulement que les astres se meuvent dans un fluide parfait sans résistance. L'ensemble est exposé dans les treize volumes de la Grande Syntaxe, dont la traduction arabe, l'Almageste, marque durablement l'astronomie médiévale.

De quoi c'est fait

Le modèle articule cinq éléments. La Terre fournit la référence géocentrique. Le déférent est le grand cercle parcouru par le centre de l'épicycle, petit cercle sur lequel se déplace la planète. L'excentrique est un déférent dont le centre est décalé par rapport à la Terre : ce centre sert de point de symétrie entre la Terre et le point équant. Depuis cet équant, la direction reliant l'équant au centre de l'épicycle balaie des angles à vitesse angulaire constante.
Ces parties dépendent les unes des autres. La position de la planète dépend à la fois de sa place sur l'épicycle et de la place du centre de cet épicycle sur le déférent. Le rôle de l'équant dépend, lui, du décalage géométrique introduit par l'excentrique. La taille ou l'orientation d'un dessin ne définit pas le système ; ce sont les cercles, leurs centres et leurs relations qui constituent la construction.

Un exemple, pas à pas

Après le mécanisme général de l’épicycle sur son déférent, le cas de Mars isole une autre relation géométrique : le parallélisme entre deux rayons associés au Soleil et à Mars. On note Os le centre du cercle décrit par le Soleil et Om le centre du cercle décrit par Mars. Les données sont ces deux cercles et la condition de parallélisme entre leurs rayons correspondants. Le schéma associé représente seulement cette relation géométrique ; il n’est pas à l’échelle.
1. On choisit une position du Soleil sur son cercle et on trace le rayon allant de Os au Soleil.
2. Depuis Om, on trace une demi-droite parallèle à ce rayon et orientée dans le même sens.
3. L'unique intersection de cette demi-droite avec le cercle de Mars fixe la position correspondante de Mars.
4. Lorsque le Soleil avance sur son cercle, on conserve ce parallélisme et ce même sens pour obtenir la nouvelle position de Mars.
Le contrôle est directement refaisable : les vecteurs Om–Mars et Os–Soleil doivent garder la même direction et le même sens. Cette règle coordonne deux mouvements circulaires sans leur attribuer une cause physique.

En pratique

Pour lire un schéma ptoléméen, commencez par repérer quel point porte chaque mouvement. Une planète située sur un petit cercle signale l'épicycle ; si le centre de ce petit cercle suit un cercle plus grand, celui-ci est le déférent.
Lorsque la Terre n'occupe pas le centre géométrique exact, cherchez le centre décalé et l'équant. Le bon critère n'est pas l'apparence d'un dessin centré, mais la symétrie annoncée entre la Terre et l'équant par rapport au centre de l'excentrique.
Pour interpréter le modèle, séparez enfin deux questions. La géométrie décrit les positions apparentes et améliore leur accord avec les observations ; elle ne fournit pas, dans l'exposé de Ptolémée, une cause physique complète du mouvement des astres.

À ne pas confondre

Le système géométrique de Ptolémée ne se confond pas avec la conception des sphères de cristal attribuée à Aristote. Le critère qui tranche est la nature de l'explication : Ptolémée combine des cercles pour décrire les mouvements et évoque un fluide parfait sans résistance, tandis que la conception aristotélicienne mentionnée dans la source repose sur des sphères de cristal.

Limites et pièges

Terre géocentrique ne signifie pas centre géométrique de chaque cercle. Le piège apparaît lorsqu'un dessin place automatiquement tous les centres sur la Terre. Il faut repérer séparément la Terre, le centre de l'excentrique et l'équant.
La vitesse angulaire constante dépend du point d'observation. L'énoncé porte sur l'apparence depuis le point équant. Le transférer sans précaution à la Terre ou au centre géométrique modifierait la propriété décrite.
Un bon accord avec les observations n'est pas une explication physique. Le système améliore la description géométrique, mais Ptolémée ne propose pas de cause mécanique complète. Il faut donc présenter ses cercles comme des outils de représentation et ne pas leur attribuer une matérialité que la source ne leur donne pas.

Pour aller plus loin

La fiche Ptolémée Claude replace l'auteur de l'Almageste derrière le système géométrique et prolonge le contexte historique de son œuvre.
On peut aussi prolonger l'étude en reconstruisant plusieurs positions successives d'un épicycle sur son déférent. Cette démarche rend visible la manière dont des mouvements circulaires combinés produisent une trajectoire apparente complexe.
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