Comme souvent avec les textes mathématiques grecs, tout commence par des doutes. L’opuscule où l’arbelos est décrit s’intitule
Le Livre des lemmes, dont le titre indique qu’on y trouvera des résultats élégants et sympathiques et non des développements ambitieux. Si ce livre est attribué à Archimède, son authenticité est douteuse : les résultats sont peut-être de lui mais la manière assez désordonnée dont l’opuscule est rédigé ne ressemble pas au génie de Syracuse. Qui plus est, l’original grec est perdu. Fort heureusement, il nous est parvenu dans la traduction arabe qu’en a faite Thabit ibn Qurra au IX
e siècle, lui qui est resté célèbre pour les « nombres de Thabit » et à qui l’on doit aussi de nombreuses traductions (Euclide, Ptolémée, Apollonius). Autant de traductions qui faisaient partie du programme de la Maison de la sagesse de Bagdad (voir
Tangente 139, 2011).