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Histoire et cultureNotion · Glossaire

Bernstein Félix

Félix Bernstein (1878-1956) est un mathématicien allemand associé au théorème de Cantor-Bernstein, aussi appelé théorème de Cantor-Schröder-Bernstein. Si deux ensembles s’injectent chacun dans l’autre, alors ils sont en bijection ; ce critère est particulièrement important pour comparer des ensembles infinis.
Félix Bernstein, 1878–1956 Frise chronologique des principaux repères biographiques et scientifiques de Félix Bernstein. Félix Bernstein, 1878–1956 1878Naissance 1897Théorème 1901Thèse 1934Émigration aux États-Unis 1948Retour en Allemagne 1956Décès
La frise relie chaque année à l'événement biographique ou scientifique indiqué par la notice.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier Félix Bernstein et les repères essentiels de son parcours.
  • Comprendre pourquoi deux injections réciproques impliquent une bijection.
  • Distinguer injection, bijection, ensembles finis et ensembles infinis.

En clair

Imaginez deux collections, A et B, dont les éléments peuvent être associés. Si chaque élément de A peut être associé à un élément distinct de B, et si chaque élément de B peut être associé à un élément distinct de A, le théorème de Cantor-Bernstein affirme que les deux collections ont en réalité la même taille au sens des ensembles : il existe une bijection entre elles, c'est-à-dire une association sans répétition qui utilise toute l'arrivée. Cette idée devient particulièrement importante lorsque les collections sont infinies.
Félix Bernstein est le mathématicien allemand auquel la source associe ce résultat, démontré avant la fin de ses études secondaires en 1897. Le nom de Cantor-Schröder-Bernstein rappelle aussi la démonstration indépendante d'Ernst Schröder en 1898.

Définition

Soient A et B deux ensembles. Une injection de A vers B est une application qui associe à deux éléments distincts de A deux éléments distincts de B ; on dit alors que A est en bijection avec une partie de B. Le théorème de Cantor-Bernstein, aussi appelé théorème de Cantor-Schröder-Bernstein, énonce que si A s'injecte dans B et B s'injecte dans A, alors il existe une bijection de A vers B. En notation concise, les deux injections impliquent l'existence d'une bijection : AB   et   BA    ABA \hookrightarrow B\;\text{ et }\;B \hookrightarrow A \;\Longrightarrow\; A \leftrightarrow B.
Une bijection est une association à la fois injective et surjective : chaque élément de l'ensemble d'arrivée est atteint une seule fois. Pour des ensembles finis, le résultat prolonge une intuition de comptage ; pour des ensembles infinis, il fournit un critère de même cardinalité sans obliger à construire directement la bijection.
La notice rattache ce théorème au parcours de Félix Bernstein, qui fréquente le séminaire de Cantor à Halle, soutient en 1901 une thèse de théorie des ensembles sous la direction de Hilbert, puis travaille aussi en probabilités, statistiques et génétique.

Un exemple, pas à pas

Pour voir le critère à l'œuvre, prenons A = {1, 2, 3} et B = {a, b, c, d}. Il suffit de trouver une injection de A vers B et une injection de B vers A pour appliquer le théorème.
1. Une injection de A vers B est donnée par 1 ↦ a, 2 ↦ b et 3 ↦ c. Les trois images sont distinctes ; A est donc en bijection avec la partie {a, b, c} de B.
2. Chercher une injection de B vers A échoue : B possède quatre éléments, tandis que A n'en possède que trois. Deux éléments de B devraient nécessairement recevoir la même image dans A.
3. Le théorème ne s'applique donc pas à ces deux ensembles dans les deux sens. Cela concorde avec le comptage fini : A et B n'ont pas la même taille. L'intérêt du théorème apparaît lorsque les deux injections existent, notamment pour des ensembles infinis où une comparaison directe des nombres d'éléments n'est plus disponible.
Pour voir aussi une conclusion positive, reprenons A = {1, 2, 3} et prenons B' = {a, b, c}. L'application 1 ↦ a, 2 ↦ b, 3 ↦ c est une injection de A vers B' ; l'application a ↦ 1, b ↦ 2, c ↦ 3 est une injection de B' vers A. Les deux conditions sont donc vérifiées, et le théorème permet de conclure que A et B' sont en bijection — ici, la bijection est précisément donnée par ces associations réciproques.

En pratique

Pour tester si le théorème peut être utilisé, identifiez d'abord les deux ensembles et le sens de chaque association. Vérifiez séparément qu'une injection va de A vers B et qu'une autre va de B vers A : une seule injection ne suffit pas.
Dans un exemple fini, contrôlez que les images d'éléments distincts restent distinctes. Dans un exemple infini, ne concluez pas à partir de l'intuition « l'un est plus grand » : une injection peut associer un ensemble infini à une partie stricte d'un autre, et le critère exige les deux directions.
Pour une recherche biographique, reliez chaque date à son fait précis. Dans la notice, 1897 concerne la démonstration du théorème avant la fin des études secondaires, 1901 la thèse sous la direction de Hilbert, 1924 les résultats en génétique sur la transmission des groupes sanguins, 1934 l'émigration aux États-Unis et 1948 le retour en Allemagne.

À ne pas confondre

Une injection n'est pas une bijection. Elle interdit seulement que deux éléments de l'ensemble de départ aient la même image ; elle ne garantit pas que tous les éléments de l'ensemble d'arrivée soient utilisés. Une bijection ajoute cette couverture complète de l'arrivée.
Le théorème de Cantor-Bernstein n'est pas une simple démonstration de comptage pour des ensembles finis. Sa portée caractéristique concerne les ensembles infinis, où deux injections réciproques permettent de conclure à l'existence d'une bijection sans la donner immédiatement.
Enfin, Félix Bernstein ne doit pas être confondu avec Sergueï Bernstein, mathématicien ukrainien. Le nom de Cantor-Schröder-Bernstein ne désigne pas une autre notion : il rappelle l'appellation étendue et la démonstration indépendante d'Ernst Schröder mentionnées par la source.

Limites et pièges

Les deux injections sont indispensables. Si seule A s'injecte dans B, on sait seulement que A se met en correspondance avec une partie de B ; aucune bijection entre A et B ne s'ensuit. L'exemple fini A = {1, 2, 3} et B = {a, b, c, d} l'illustre : A s'injecte dans B, mais B ne s'injecte pas dans A.
Une injection dans une partie stricte n'est pas contradictoire avec une bijection lorsque les ensembles sont infinis. C'est précisément pourquoi l'argument ne doit pas être transposé mécaniquement au comptage fini : pour des ensembles finis, les deux injections expriment la même taille, tandis que pour des ensembles infinis elles peuvent coexister avec une partie propre.
La source attribue à Félix Bernstein la démonstration de 1897 et à Ernst Schröder une démonstration indépendante en 1898. Cette chronologie ne signifie pas que Bernstein soit l'unique auteur du résultat ni que Cantor, Schröder et Bernstein désignent trois théorèmes différents.
La notice ne fournit pas la construction détaillée de la bijection ni la démonstration complète du théorème. Elle ne permet pas non plus de déduire que tous les travaux de Bernstein relèvent de la théorie des ensembles : elle mentionne aussi les probabilités, les statistiques, la génétique, les finances et la biologie.

Pour aller plus loin

Le théorème de Cantor-Bernstein ouvre vers la théorie des cardinaux : la taille d'un ensemble infini se compare par l'existence d'applications injectives, et non par un dénombrement terminé. La fiche de théorème de Cantor-Bernstein permet de prolonger directement cette étude.
Le résultat s'inscrit dans une histoire plus large de la théorie des ensembles, que présente l'article La théorie des ensembles pour tous. Le parcours de Bernstein invite aussi à distinguer l'étude des ensembles de ses travaux ultérieurs en probabilités, statistiques et génétique.
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