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GéométrieNotion · Glossaire

Kazarinoff Donat

Donat Kazarinoff, mathématicien russo-américain du XXe siècle, est associé à la conjecture d’Erdős-Mordell. Pour tout point intérieur à un triangle, elle affirme que la somme des distances de ce point aux trois sommets est au moins égale au double de la somme de ses distances perpendiculaires aux trois côtés. Kazarinoff en a proposé une démonstration fondée sur la symétrie.
Triangle équilatéral et distances du centre Triangle ABC de côté 6 cm, centre P, distances aux sommets 2√3 cm et distances aux côtés √3 cm. A B C P PA=PB=PC=2√3 cm d_a=d_b=d_c=√3 cm AB=BC=CA=6 cm
Le centre P est à 2√3 cm de chaque sommet et à √3 cm de chaque côté.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier le lien entre Donat Kazarinoff et la conjecture.
  • Lire l’inégalité avec ses hypothèses.
  • Refaire un cas d’égalité exact dans un triangle équilatéral.

En clair

Placez un point à l’intérieur d’un triangle. Depuis ce point, mesurez les trois trajets vers les sommets, puis les trois distances les plus courtes vers les côtés. La conjecture d’Erdős-Mordell affirme que la première somme est au moins deux fois la seconde.
Dans un triangle équilatéral de côté 6 cm, son centre est à 2√3 cm de chaque sommet et à √3 cm de chaque côté. Les deux quantités valent alors 6√3 cm : le cas symétrique atteint exactement la limite.

Définition

La conjecture d’Erdős-Mordell est une inégalité de géométrie plane. Soit un triangle et soit P un point strictement intérieur à ce triangle. Les distances de P aux trois sommets sont notées PA, PB et PC. Les distances perpendiculaires de P aux côtés opposés sont notées da, db et dc. L’énoncé est
PA+PB+PCge2(da+db+dc)PA+PB+PC\\ge 2(d_a+d_b+d_c)
Le point doit être intérieur : sur un côté ou à l’extérieur, les distances et la conclusion ne se lisent plus dans le même cadre. Le coefficient 2 est universel dans l’énoncé, tandis que les six distances dépendent de la position de P et de la forme du triangle. Donat Kazarinoff a proposé une démonstration fondée sur la symétrie ; la source indique une version améliorée publiée en 1957.

Un exemple, pas à pas

Considérons un triangle équilatéral ABC de côté 6 cm et son centre P. Dans un triangle équilatéral, le centre est aussi le point de rencontre des médianes, des hauteurs et des bissectrices. La symétrie impose donc la même distance de P aux trois sommets et la même distance de P aux trois côtés.
1. La hauteur du triangle vaut 3√3 cm. Le centre partage chaque hauteur dans le rapport 2:1 à partir du sommet ; ainsi PA=PB=PC=2√3 cm.
2. La distance de P à chaque côté vaut le tiers de la hauteur, donc da=db=dc=√3 cm.
3. La somme vers les sommets vaut PA+PB+PC=3times2sqrt3=6sqrt3,mathrmcmPA+PB+PC=3\\times2\\sqrt{3}=6\\sqrt{3}\\,\\mathrm{cm}.
4. La somme vers les côtés vaut da+db+dc=3timessqrt3=3sqrt3,mathrmcmd_a+d_b+d_c=3\\times\\sqrt{3}=3\\sqrt{3}\\,\\mathrm{cm}. Son double vaut 2(da+db+dc)=6sqrt3,mathrmcm2(d_a+d_b+d_c)=6\\sqrt{3}\\,\\mathrm{cm}. Les deux membres sont égaux : ce triangle symétrique réalise donc le cas d’égalité.

En pratique

Pour examiner une configuration, on commence par vérifier que le point est bien à l’intérieur du triangle. On trace ensuite les perpendiculaires depuis ce point vers les trois côtés, car une distance à une droite est la longueur du segment perpendiculaire le plus court.
On additionne séparément les trois distances aux sommets et les trois distances aux côtés, puis on compare la première somme au double de la seconde. Un dessin aide à situer les segments, mais une mesure approchée ne constitue pas une démonstration générale.

À ne pas confondre

Distance à un sommet et distance à un côté. La distance à un sommet est une longueur entre deux points. La distance à un côté est la longueur du segment perpendiculaire reliant le point à la droite qui porte ce côté. Ces deux familles de longueurs ne se mesurent pas de la même façon.
Conjecture et démonstration. Une conjecture est une affirmation proposée comme vraie, mais le mot ne décrit pas à lui seul la preuve. La source attribue à Kazarinoff une démonstration fondée sur la symétrie ; l’exemple équilatéral vérifie seulement un cas particulier.
Égalité et inégalité. Dans l’exemple équilatéral, les deux membres sont égaux. L’énoncé général permet aussi que la somme vers les sommets soit strictement supérieure au double de la somme vers les côtés.

Limites et pièges

La condition « point intérieur » est essentielle. Si P se trouve sur un côté, l’une des distances aux côtés devient nulle ; si P est extérieur, il faut préciser quelles droites ou quels segments portent les distances. Ces situations ne sont pas couvertes par l’énoncé rappelé ici.
Il faut également distinguer une vérification numérique d’une preuve. Des mesures arrondies peuvent faire paraître deux membres égaux ou inégaux. Dans l’exemple de côté 6 cm, les valeurs 2√3 cm et √3 cm sont exactes ; aucune approximation décimale n’est nécessaire.
Enfin, la symétrie explique naturellement le cas équilatéral, mais elle ne suffit pas à traiter tous les triangles. La démonstration historique mentionnée par la source doit donc être comprise comme une argumentation générale, et non comme le seul calcul de l’exemple conducteur.

Pour aller plus loin

L’intérêt de la conjecture est de relier deux façons de mesurer la position d’un même point : les segments qui joignent les sommets et les perpendiculaires abaissées sur les côtés. Le cas équilatéral montre pourquoi une constante universelle peut être atteinte par une configuration très symétrique.
La source situe l’énoncé en 1935 dans American Mathematical Monthly, puis la proposition de démonstration de Kazarinoff en 1945 et sa version améliorée en 1957. Elle mentionne ensuite une généralisation proposée par son fils Nicolas Kazarinoff. Ces étapes relèvent de l’histoire du résultat, tandis que l’inégalité relève de la géométrie du triangle.
Pour prolonger l’étude, on peut comparer l’égalité du triangle équilatéral à des triangles non équilatéraux et suivre l’évolution des six distances lorsque P se déplace, en conservant la condition d’intériorité.
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