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GéométrieNotion · Glossaire

mésolabe

Le mésolabe est un instrument de construction géométrique qui, à partir d'une longueur positive, détermine le côté d'un cube dont le volume est le double de celui du cube initial. Il y parvient en insérant deux moyennes proportionnelles entre la longueur donnée et son double.
Deux moyennes proportionnelles entre 1 et 2 Quatre segments à la même échelle représentent 1, racine cubique de 2, racine cubique de 4 et 2. c = 1 x = ∛2 ≈ 1,2599 y = ∛4 ≈ 1,5874 2c = 2
Les quatre longueurs 1, ∛2, ∛4 et 2 forment une progression géométrique ; la première moyenne ∛2 est le côté recherché.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Relier les deux moyennes proportionnelles au côté du cube de volume double.
  • Recalculer le résultat ∛2 sur un cube de côté 1.
  • Distinguer la valeur exacte de sa lecture approchée sur un instrument matériel.

En clair

Imaginez un cube dont le côté mesure 1 unité. Pour doubler son volume, il ne faut pas doubler son côté : un côté de 2 donnerait un volume huit fois plus grand. Le bon côté mesure environ 1,26 unité.
Le mésolabe transforme cette recherche en un problème de proportions. Entre la longueur 1 et la longueur 2, il fait apparaître deux longueurs intermédiaires qui conservent le même rapport. La première donne précisément le côté du cube de volume double.

Définition

Le mésolabe d'Ératosthène est un instrument de construction géométrique destiné à insérer deux moyennes proportionnelles entre deux longueurs. Son procédé repose sur le théorème de Thalès.
La première longueur donnée est le côté du cube initial, noté c. La seconde vaut 2c. Le mésolabe détermine deux longueurs intermédiaires, notées x et y, telles que les trois rapports successifs soient égaux :
cx=xy=y2c\frac{c}{x}=\frac{x}{y}=\frac{y}{2c}
Ces égalités entraînent x³ = 2c³. La première moyenne x est donc le côté recherché pour la duplication du cube. Le résultat mathématique visé est exact ; la réalisation matérielle et la lecture de l'instrument donnent une valeur approchée. La source attribue l'invention à Ératosthène et signale une amélioration par Eutocius d'Ascalon au VIe siècle après J.-C.

Un exemple, pas à pas

On part d'un cube de côté c = 1 unité, donc de volume 1 unité cube. La seconde longueur donnée au mésolabe vaut 2c = 2 unités. Les deux moyennes proportionnelles recherchées sont x puis y.
1. Écrivez la proportion commune : 1x=xy=y2\frac{1}{x}=\frac{x}{y}=\frac{y}{2}.
2. Des deux premières fractions, on obtient y = x². Des deux dernières, on obtient y² = 2x.
3. En remplaçant y par x² dans la seconde égalité, on trouve x⁴ = 2x. Comme x est une longueur non nulle, x³ = 2.
4. Le côté recherché est donc x=231,2599x=\sqrt[3]{2}\approx 1{,}2599 unité. La seconde moyenne vaut y=431,5874y=\sqrt[3]{4}\approx 1{,}5874 unité.
Le contrôle porte sur le volume : 1,2599³ ≈ 2,000, à l'arrondi près. Le nouveau cube a donc un volume d'environ 2 unités cubes, soit le double du volume initial. La figure matérialise les quatre longueurs de la chaîne proportionnelle.

En pratique

Dans une construction géométrique, le mésolabe sert à obtenir le côté d'un cube de volume double à partir du côté initial. Le geste consiste à régler l'instrument sur les longueurs c et 2c, puis à lire la première moyenne proportionnelle.
Pour contrôler une lecture matérielle, on élève la longueur obtenue au cube et on compare le résultat à 2c³. L'accord s'apprécie selon la précision de construction et de lecture, car l'instrument fournit en pratique une approximation.
Pour un calcul numérique seul, la racine cubique de 2 donne directement le facteur d'agrandissement. Le mésolabe reste pertinent lorsque l'objectif est une construction géométrique par proportions plutôt qu'une valeur décimale.

À ne pas confondre

Le mésolabe ne se confond pas avec le théorème de Thalès. Le théorème est le résultat mathématique sur lequel le procédé repose ; le mésolabe est l'instrument qui exploite les proportions pour insérer deux moyennes. Dans l'exemple c = 1, Thalès justifie les rapports, tandis que le mésolabe construit la longueur ∛2.
Il ne faut pas davantage confondre doubler le côté et doubler le volume. Un côté passant de 1 à 2 produit un volume passant de 1 à 8. Pour obtenir un volume égal à 2, le côté doit passer de 1 à ∛2, soit environ 1,2599.

Limites et pièges

Si le côté initial vaut 0, la chaîne des trois rapports comporte des divisions par zéro. La dérivation par moyennes proportionnelles exige donc c > 0, ce qui correspond à un cube non dégénéré.
Une lecture décimale ne doit pas être présentée comme une égalité exacte. Pour c = 1, le résultat exact est ∛2 ; 1,26 n'en est qu'un arrondi. Cubé, 1,26 donne 2,000376 et non exactement 2.
L'instrument matériel est sensible à la précision des alignements et des lectures. Une valeur obtenue doit être contrôlée en comparant son cube à 2c³ avec une tolérance cohérente avec cette précision, et non par une égalité décimale stricte.
Enfin, l'ordre de x et y détermine laquelle des deux longueurs est la première moyenne. Dans la chaîne c/y = y/x = x/(2c), la progression est conservée, mais y devient la première moyenne et vérifie y³ = 2c³ : x n'est alors plus le côté recherché.

Pour aller plus loin

Le portrait d'Eratosthène de Cyrène replace l'inventeur du mésolabe dans l'histoire des mathématiques.
La fiche sur le théorème de Thalès approfondit la relation de proportionnalité qui fonde le procédé géométrique du mésolabe.
L'article Le roi de la géométrie : le théorème de Thalès offre un développement éditorial complémentaire sur cet outil central des constructions par rapports.
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