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AutreNotion · Glossaire

album codé

Dans un album codé, les illustrations traditionnelles sont remplacées par des symboles représentant personnages, lieux et objets. Pour coder ou décoder l'album, l'enfant doit concevoir ses propres symboles ou interpréter ceux d'autrui. Ce type d'activité, possible dès l'école maternelle, engage des compétences mathématiques fondamentales : structuration de l'espace et du temps, représentation symbolique et catégorisation.
Décodage d'un album codé en trois étapes Une légende associe quatre symboles à Nino, la maison, le ballon et le jardin, puis les emploie dans une séquence de trois vignettes. Légende Nino maison ballon jardin Lecture 1 à la maison 2 avec le ballon 3 au jardin
Les mêmes conventions traduisent trois moments : Nino est à la maison, prend le ballon, puis arrive avec lui au jardin.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Distinguer un album codé d'un album illustré, d'un rébus et d'un programme informatique.
  • Coder puis décoder une courte action avec une légende stable.
  • Repérer une ambiguïté de symbole, de relation ou d'ordre de lecture.

En clair

Imaginez une histoire dont les dessins ont disparu. À leur place, un disque rouge représente Nino, un rectangle la maison et un losange jaune le ballon. La légende donne le sens de chaque signe. Leur ordre et leur position indiquent ensuite qui se trouve où et ce qui se passe.
L'enfant ne reconnaît donc pas seulement des formes. Il relie chaque symbole à une catégorie — personnage, lieu ou objet — puis reconstruit le récit. Il peut aussi faire le chemin inverse et choisir des signes pour coder une histoire.

Définition

Un album codé est une représentation d'un récit dans laquelle des symboles conventionnels remplacent tout ou partie des illustrations. Chaque signe est associé à une information : un personnage, un lieu ou un objet. D'autres conventions peuvent exprimer une relation, comme l'inclusion pour « se trouve dans », ou l'ordre des événements.
Le code comprend au minimum un ensemble de signes et une règle d'interprétation partagée. Une légende peut rendre cette règle explicite. Sans légende, le contexte doit permettre de retrouver le sens sans ambiguïté. Coder consiste à passer du récit à cette représentation ; décoder consiste à reconstruire le récit à partir des signes. Les deux opérations ne sont fiables que si les mêmes conventions sont conservées d'une page à l'autre.
L'activité mobilise la représentation symbolique et la catégorisation, car un même signe rassemble plusieurs occurrences d'un même élément. La succession des pages structure le temps du récit, tandis que la disposition des signes peut structurer l'espace. Le code choisi n'est pas universel : deux groupes peuvent représenter le même album différemment, à condition que chacun puisse expliquer et appliquer ses conventions.

Un exemple, pas à pas

On veut coder cette courte action : Nino quitte la maison en emportant son ballon, puis arrive dans le jardin.
Données du code.
Le disque rouge représente Nino.
Le rectangle noir représente la maison.
Le losange jaune représente le ballon.
L'ovale noir représente le jardin.
Un trait entre Nino et le ballon signifie qu'il l'emporte ; un symbole placé dans un lieu signifie qu'il s'y trouve.
1. Placez le disque dans le rectangle : Nino est dans la maison.
2. Reliez le disque au losange : Nino emporte le ballon.
3. Placez le disque et le losange reliés dans l'ovale : Nino arrive avec le ballon dans le jardin.
Le contrôle se fait dans l'autre sens. Une personne qui connaît seulement la légende doit retrouver les trois moments dans le bon ordre. Si elle ne peut pas décider si le trait signifie « emporte » ou seulement « est près de », cette relation doit être précisée dans la légende.

En pratique

En classe, un groupe peut choisir un symbole pour chaque personnage, lieu et objet récurrent. Un signe simple est préférable à un dessin détaillé si tous les élèves le reproduisent et le reconnaissent sans hésiter.
Pour vérifier le code, un autre groupe décode une page sans entendre l'histoire. Une interprétation différente signale une convention absente ou ambiguë ; la légende est alors complétée avant de poursuivre.
Pour travailler l'espace et le temps, les élèves remettent des pages codées dans l'ordre et expliquent la position des signes. Si l'objectif est plutôt de décrire précisément l'apparence d'une scène, l'illustration traditionnelle reste plus adaptée que le code.

À ne pas confondre

Album illustré. Une illustration montre l'apparence d'une scène ; un album codé représente des catégories au moyen de conventions. Un disque rouge peut désigner Nino sans lui ressembler : c'est le code, et non le dessin, qui donne le sens.
Rébus. Dans un rébus, les images servent généralement à retrouver des sons, des syllabes ou des mots. Dans l'exemple de Nino, le losange jaune renvoie directement au ballon comme objet du récit, pas au son du mot « ballon ».
Programme informatique. Ici, coder signifie représenter une histoire par des signes. Rien n'est exécuté par une machine. La suite maison, ballon, jardin est à interpréter par un lecteur ; elle n'est pas une série d'instructions calculées par un ordinateur.

Limites et pièges

Un signe peut être ambigu. Un losange jaune ne signifie pas naturellement « ballon ». Si deux lecteurs proposent des objets différents, il faut ajouter une légende ou convenir du sens avant le décodage.
Les noms ne suffisent pas toujours. Aligner Nino, maison, ballon et jardin indique les éléments présents, mais pas forcément l'action. Si le lecteur hésite entre « prend », « pose » et « regarde », il faut coder la relation ou conserver une courte phrase.
La disposition demande une convention. Une suite lue de gauche à droite peut être comprise autrement si aucun ordre n'est annoncé. Il faut marquer le départ et le sens de lecture, ou numéroter les étapes.
Le code doit rester stable. Si le disque rouge désigne Nino sur une page puis le ballon sur la suivante, le décodage devient contradictoire. Il faut conserver l'association ou signaler explicitement le changement de convention.

Pour aller plus loin

Créer plusieurs codes pour le même récit révèle qu'un symbole ne tient pas son sens de sa forme seule, mais d'une convention partagée. On peut comparer les propositions selon trois critères : ce qu'elles représentent, les relations qu'elles rendent visibles et la facilité avec laquelle un autre lecteur les décode.
Le travail peut ensuite porter sur la quantité d'information conservée. Un code réduit aux personnages et aux lieux restitue la trame générale ; un code qui ajoute actions, déplacements et ordre des événements permet une reconstruction plus précise, au prix d'une légende plus riche.
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