ArithmétiqueNotion · Glossaire
chiffre attique
La numération attique est un système grec additif et acrophonique : chaque signe reprend l'initiale du mot grec désignant sa valeur, et un nombre se lit en additionnant les valeurs de ses signes. Cette règle permet d'identifier et de vérifier une écriture attique, mais la répétition des signes rend la notation peu économique pour les grands nombres.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Relier Δ, Η et l'ancienne forme de pi aux mots grecs qui nomment leurs valeurs.
- Lire le principe acrophonique sans le confondre avec une valeur de position.
- Décomposer exactement 125 comme la somme de 100, 10, 10 et 5.
- Distinguer la ressemblance avec les chiffres romains de l'identité des signes.
En clair
Imaginez une inscription où Η vaut cent, Δ vaut dix et une ancienne forme de pi vaut cinq. Pour écrire une quantité, on réunit les signes nécessaires, puis on additionne leurs valeurs. Ainsi, un Η, deux Δ et le signe de cinq donnent 125.
Le nom de chaque signe aide à retrouver sa valeur : Δ ouvre le mot grec déka, qui désigne dix, et Η ouvre hekaton, qui désigne cent. Ce choix de l'initiale est le principe acrophonique.
Définition
Le système de numération attique est une numération grecque apparue dans la région d'Athènes aux environs du cinquième siècle avant notre ère. Il est acrophonique : chaque symbole numérique reprend l'initiale du mot grec qui nomme sa valeur. La lettre delta, Δ, vient ainsi de déka et vaut dix. La lettre êta, Η, vient de hekaton et vaut cent. Pour cinq, le signe employé est une ancienne forme de pi ressemblant à un gamma, initiale de pente.
La valeur d'une écriture s'obtient en additionnant les valeurs de ses symboles. Ce fonctionnement rappelle celui du système romain. Il oblige toutefois à répéter des signes lorsque la quantité exige plusieurs fois la même valeur, ce qui rend l'écriture peu économique pour les grands nombres.
Ce système s'est inspiré en partie des pratiques babyloniennes. La source signale aussi son maintien dans la Grèce moderne pour noter les siècles en contexte historique ou les divisions d'un ouvrage, comme les chiffres romains dans les langues occidentales.
Un exemple, pas à pas
On veut représenter 125 avec les valeurs données par le système attique. Données : Η vaut 100, Δ vaut 10 et l'ancienne forme de pi, notée ici 𐅃, vaut 5.
1. On prend un Η pour représenter les 100 premières unités. Il reste 25 unités.
2. On prend deux Δ, qui apportent 10 + 10 = 20 unités. Il reste 5 unités.
3. On ajoute le signe 𐅃, l'ancienne forme de pi qui vaut 5. L'écriture réunit donc Η, Δ, Δ et 𐅃.
4. Le résultat est exactement 125 unités. Le contrôle consiste à refaire l'addition : 100 + 10 + 10 + 5 = 125. Chaque terme correspond à un symbole annoncé dans les données.
En pratique
Pour lire une écriture attique, repérez chaque symbole et associez-lui sa valeur avant d'effectuer l'addition. Dans l'exemple Η Δ Δ 𐅃, les quatre contributions sont 100, 10, 10 et 5. Si l'écriture appartient à un autre système grec, il faut employer les conventions de ce système.
Pour reconnaître le principe acrophonique, reliez le signe au mot grec qui nomme la valeur. Δ renvoie à déka pour dix, Η à hekaton pour cent et l'ancienne forme de pi à pente pour cinq. Une simple ressemblance graphique ne suffit pas sans ce lien.
Dans la Grèce moderne, la source réserve cet usage à des contextes comme les siècles historiques et les divisions d'un ouvrage. Dans les langues occidentales, les chiffres romains remplissent un rôle comparable ; le contexte et la famille de signes indiquent alors quel système lire.
À ne pas confondre
Chiffres attiques et chiffres romains. Les deux systèmes peuvent additionner des valeurs symbolisées et servir à certains repérages historiques ou éditoriaux. Ils ne partagent pas pour autant les mêmes signes : dans le système attique, Δ vaut dix parce qu'il est l'initiale de déka. Une inscription contenant Δ doit donc être lue selon la convention attique, pas seulement par analogie avec le système romain.
Un chiffre et un nombre écrit. Un symbole attique porte une valeur, tandis qu'une écriture comme Η Δ Δ 𐅃 en combine plusieurs. Le critère est visible : un signe isolé représente ici une valeur de base ; leur assemblage additif représente 125.
Limites et pièges
Les grands nombres allongent l'écriture. Le principe additif peut imposer la répétition d'un même signe. Dans 125, la valeur dix apparaît déjà deux fois sous la forme de deux Δ. Lorsque les répétitions se multiplient, il faut additionner méthodiquement chaque contribution plutôt que chercher une valeur de position.
La forme du signe de cinq peut tromper. L'ancienne forme de pi ressemble à un gamma. Cette ressemblance est un indice graphique, pas sa définition : sa valeur cinq vient de son rôle d'initiale de pente. Il faut croiser la forme, le contexte numérique et la valeur attendue.
Un usage moderne spécialisé n'est pas un usage général. La source mentionne les siècles en contexte historique et les divisions d'un ouvrage. Hors de ces emplois, la seule présence d'une lettre grecque ne prouve donc pas qu'il s'agit d'un nombre attique ; le contexte doit confirmer une fonction numérique.
Pour aller plus loin
chiffre romain — Comparer les signes et le principe additif précise ce que l'analogie avec la numération attique recouvre.
Construire des nombres, une histoire au long cours — Replacer les écritures numériques dans une histoire plus large de la construction des nombres.
Explorez les mathématiques autrement
Retrouvez nos magazines, podcasts et jeux pour explorer les mathématiques autrement.
Découvrir les offres
