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Histoire et cultureNotion · Glossaire

La Roche Estienne de

Estienne de La Roche, dit aussi Estienne de Villefranche (vers 1470-1530), est un mathématicien français. Il publie à Lyon en 1520 Larismetique nouellement composée, après s’être formé auprès de Nicolas Chuquet. Il enseigne l’arithmétique commerciale et adapte la présentation de l’algèbre à un lectorat marchand.
Estienne de La Roche — repères vers 1470 naissance 25 ans enseignement à Lyon arithmétique commerciale 1520 publication de Larismetique nouellement composée vers 1530 fin de vie 25 ans d'enseignement à Lyon — arithmétique commerciale
La frise relie la formation, l'enseignement lyonnais et la publication de 1520.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Situer La Roche, Villefranche, Lyon et la publication de 1520 à partir des faits fournis.
  • Comprendre le lien entre son enseignement commercial et la présentation de son ouvrage.
  • Distinguer l'appropriation des travaux de Chuquet du jugement moderne de plagiat.
  • Conserver les précautions sur les dates et la portée historique du livre.

En clair

En 1520, à Lyon, Estienne de La Roche publie Larismetique nouellement composée. Ce mathématicien enseigne depuis vingt-cinq ans l'arithmétique commerciale à un lectorat de marchands. Son livre rend l'algèbre plus accessible par ses choix de présentation et de notation.
La Roche s'est toutefois largement approprié les travaux de Nicolas Chuquet, dont il possède des manuscrits. Cette reprise est massive, mais les règles de citation du XVIe siècle ne sont pas celles d'aujourd'hui. L'histoire de son ouvrage demande donc de tenir ensemble son apport pédagogique et cette dette envers Chuquet.

Définition

Estienne de La Roche, également appelé Estienne de Villefranche, est un mathématicien français qui a vécu vers 1470-1530. Il se forme auprès de Nicolas Chuquet et possède des manuscrits de celui-ci. Pendant vingt-cinq ans, il enseigne à Lyon l'arithmétique commerciale, c'est-à-dire les calculs utiles aux activités marchandes.
En 1520, La Roche publie Larismetique nouellement composée. L'ouvrage est jugé remarquable pour la qualité de son algèbre et l'élégance de ses notations. Il s'inscrit dans une démarche de transmission adaptée à son lectorat marchand, mais son contenu reprend largement les travaux de Chuquet.
Au XIXe siècle, des travaux d'érudition, notamment ceux d'Aristide Marre, mettent en évidence cette appropriation. Elle est massive, sans que l'on puisse pour autant appliquer mécaniquement la notion moderne de plagiat à un contexte où les normes de citation étaient très différentes. Le livre demeure une source précieuse pour l'histoire de l'algèbre en France au début du XVIe siècle.

Un exemple, pas à pas

Pour suivre le cas étudié par les historiens, les données sont les suivantes : La Roche possède des manuscrits de Chuquet ; il enseigne l'arithmétique commerciale à Lyon depuis vingt-cinq ans ; il publie son ouvrage en 1520 ; des travaux d'érudition du XIXe siècle, notamment ceux d'Aristide Marre, comparent les textes.
1. On part de la formation de La Roche auprès de Chuquet et de sa possession de manuscrits.
2. On situe ensuite vingt-cinq années d'enseignement de l'arithmétique commerciale à Lyon.
3. On examine la publication de Larismetique nouellement composée en 1520.
4. Micro-cas : on prend comme documents les passages algébriques de l'ouvrage de 1520 et les passages correspondants des manuscrits de Chuquet. Le critère est de relever une correspondance identifiable — même formulation, même enchaînement de problème ou même notation — avant de comparer les contextes. Ce geste d'enquête ne vérifie pas lui-même toute l'histoire des textes ; il rend observable le type d'élément sur lequel s'appuient les recherches érudites du XIXe siècle, notamment celles d'Aristide Marre, lorsqu'elles concluent à une reprise massive des travaux de Chuquet. La conclusion autorisée reste historique et prudente : l'emprunt est établi par ces recherches, sans qu'il suffise à lui seul à appliquer la qualification moderne de plagiat.
Le résultat est nuancé : la reprise des travaux de Chuquet est largement établie dans la source, mais son interprétation ne se réduit pas à une accusation de plagiat pur et simple. Le contrôle consiste à conserver ensemble les deux constats : l'emprunt est massif et les normes de citation de l'époque diffèrent des pratiques modernes.

En pratique

Pour situer La Roche dans l'histoire des mathématiques, on associe d'abord 1520 à la publication de Larismetique nouellement composée. Cette date est préférable à une mention vague de la Renaissance, car elle renvoie à un ouvrage précis.
Pour comprendre sa fonction d'enseignant, on regarde le public et la matière : l'arithmétique commerciale est enseignée à Lyon pendant vingt-cinq ans. Le critère observable est donc le lien entre calcul et lectorat marchand, plutôt qu'une application contemporaine ajoutée sans preuve.
Pour formuler une conclusion, on sépare le fait documenté de sa qualification : les recherches d'Aristide Marre au XIXe siècle établissent une reprise massive des travaux de Chuquet, mais ce constat ne suffit pas à parler automatiquement de plagiat selon les normes actuelles. Cette formulation conserve à la fois l'emprunt historique et la différence des pratiques de citation.

À ne pas confondre

Estienne de La Roche et Nicolas Chuquet. Chuquet est le mathématicien auprès duquel La Roche se forme et dont il possède des manuscrits. La Roche publie Larismetique nouellement composée en 1520, tandis que l'appropriation de travaux de Chuquet est mise en évidence par des recherches ultérieures. Le nom de l'auteur du livre publié tranche entre les deux figures.
Appropriation massive et plagiat pur et simple. La source affirme que La Roche s'est largement approprié les travaux de Chuquet, mais elle rappelle aussi que les normes de citation étaient très différentes au XVIe siècle. Il faut donc distinguer le fait de l'emprunt et le jugement juridique ou moral moderne porté sur cet emprunt.

Limites et pièges

Des dates approximatives. Les années vers 1470 et vers 1530 situent la vie de La Roche sans fournir des dates certaines de naissance et de mort. Il faut conserver la précaution « vers » au lieu de transformer ces repères en certitudes.
Une durée d'enseignement qui ne résume pas l'œuvre. Les vingt-cinq années d'enseignement concernent l'arithmétique commerciale à Lyon. Elles ne signifient ni que La Roche n'a travaillé que sur cette matière, ni que son livre a été publié après exactement vingt-cinq ans.
Un emprunt à replacer dans son époque. L'appropriation des travaux de Chuquet est décrite comme massive, mais les normes de citation du XVIe siècle diffèrent des pratiques modernes. Le symptôme d'un emprunt ne suffit donc pas, à lui seul, à conclure à un plagiat pur et simple.
Une œuvre historique, pas une preuve d'invention isolée. La qualité de l'algèbre et l'élégance des notations de Larismetique nouellement composée ne suppriment pas sa dette envers Chuquet. Il faut lire le livre à la fois comme une source précieuse et comme une œuvre de reprise et d'adaptation pédagogique.

Pour aller plus loin

Le glossaire Chuquet Nicolas permet d'identifier le mathématicien dont La Roche a repris largement les travaux et de mieux comprendre leur transmission.
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