AnalyseNotion · Glossaire
Limite supérieure (ensembles)
La limite supérieure d'une suite d'ensembles (Aₙ) rassemble les éléments qui appartiennent à Aₙ pour une infinité d'indices n. Notée limsup Aₙ, elle se calcule en réunissant les ensembles de chaque queue de la suite, puis en intersectant ces réunions.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Reconnaître les éléments présents dans une infinité de termes.
- Calculer la limite supérieure d'une suite alternée.
- La distinguer de la limite inférieure.
- Identifier les hypothèses des deux conclusions de Borel-Cantelli.
En clair
Imaginez une liste infinie d'ensembles et suivez un élément donné. Il peut disparaître pour toujours, revenir seulement quelques fois ou réapparaître sans fin. La limite supérieure rassemble précisément les éléments qui reviennent sans fin, même s'ils sont absents entre deux apparitions.
Dans la suite alternée {1}, {0}, {1}, {0}, …, les nombres 0 et 1 reviennent chacun une infinité de fois. Ils appartiennent donc tous les deux à la limite supérieure.
Définition
Soit une suite d'ensembles notés A1, A2, A3, …, tous considérés dans un même ensemble de référence. Sa limite supérieure, notée , contient exactement les éléments qui appartiennent à An pour une infinité d'indices n. Un élément peut donc en sortir puis y revenir autant de fois que l'on veut.
Pour chaque rang n, on réunit tous les ensembles à partir de ce rang. On intersecte ensuite toutes ces réunions :
La réunion située après le rang n retient les éléments qui réapparaissent au moins une fois dans la suite restante. L'intersection exige que cette réapparition soit possible après tout rang, ce qui équivaut à une infinité d'appartenances. La limite inférieure, formée des éléments présents à partir d'un certain rang sans nouvelle absence, est toujours incluse dans la limite supérieure.
Un exemple, pas à pas
Considérons la suite d'ensembles indexée par les entiers n à partir de 1.
Données : si n est impair, An = {1} ; si n est pair, An = {0}. Les premiers termes sont donc {1}, {0}, {1}, {0}, …
Données : si n est impair, An = {1} ; si n est pair, An = {0}. Les premiers termes sont donc {1}, {0}, {1}, {0}, …
1. Suivons le nombre 0. Il appartient à A2, A4, A6, puis à tous les ensembles d'indice pair. Il apparaît une infinité de fois.
2. Suivons le nombre 1. Il appartient à tous les ensembles d'indice impair. Lui aussi apparaît une infinité de fois.
3. Aucun autre élément n'apparaît dans un terme. La limite supérieure vaut donc {0, 1}.
4. Pour contrôler le résultat, coupons la suite après n'importe quel rang. La partie restante contient encore un indice pair et un indice impair, donc encore 0 et 1. En revanche, aucun des deux nombres n'est présent à partir d'un certain rang dans tous les termes : la limite inférieure est vide.
En pratique
Pour étudier une suite d'ensembles, on suit un élément et on demande s'il peut encore réapparaître après n'importe quel rang. Si oui, il appartient à la limite supérieure. S'il doit au contraire rester présent sans interruption, la limite inférieure est l'outil adapté.
En probabilités, les ensembles sont souvent des événements An. Leur limite supérieure décrit l'événement « An se produit une infinité de fois ». On peut alors employer le lemme de Borel-Cantelli, à condition de vérifier la somme des probabilités et, pour sa seconde implication, l'indépendance des événements.
Quand les ensembles sont emboîtés, un calcul direct est souvent plus court. Pour une suite croissante, la limite supérieure est la réunion de tous les termes ; pour une suite décroissante, elle est leur intersection.
À ne pas confondre
Limite inférieure d'une suite d'ensembles. Elle exige qu'un élément appartienne à tous les termes à partir d'un certain rang, tandis que la limite supérieure exige seulement une infinité d'apparitions. Dans la suite {1}, {0}, {1}, {0}, …, la limite inférieure est vide et la limite supérieure vaut {0, 1}.
Limite supérieure d'une suite de nombres réels. Elle est la plus grande valeur d'adhérence, dans le cadre usuel d'une suite réelle bornée. Ici, les objets étudiés sont des ensembles et le critère porte sur l'appartenance répétée. Une suite de nombres et une suite d'ensembles n'emploient donc pas la même construction.
Limites et pièges
Beaucoup d'apparitions ne suffisent pas. Un élément présent dans les mille premiers ensembles, puis absent pour toujours, n'appartient pas à la limite supérieure. Après le rang 1000, aucune réapparition n'est possible ; il faut tester tous les rangs, pas seulement un long début de suite.
L'oscillation n'empêche pas l'appartenance. Un élément peut être absent une infinité de fois et appartenir malgré tout à la limite supérieure. Dans l'exemple alterné, 0 et 1 ont ce comportement. Une présence définitive caractériserait plutôt la limite inférieure.
Les deux conclusions de Borel-Cantelli ont des hypothèses différentes. Si la somme des probabilités des événements An est finie, la probabilité de leur limite supérieure vaut 0. Si cette somme diverge et que les événements sont indépendants, cette probabilité vaut 1. Sans l'indépendance, la seconde conclusion peut échouer.
La limite supérieure n'est pas forcément un terme de la suite. Dans l'alternance {1}, {0}, {1}, {0}, …, elle vaut {0, 1}, ensemble qui n'apparaît jamais parmi les An. Il faut appliquer le critère des apparitions infinies plutôt que chercher un terme final.
Pour aller plus loin
La Limite inférieure (ensembles) précise le critère complémentaire : être présent dans tous les ensembles à partir d'un certain rang.
Le Borel-Cantelli (lemme de) relie la fréquence infinie d'événements à la convergence d'une somme de probabilités et, dans un sens, à leur indépendance.
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