AnalyseNotion · Glossaire
Tauber Alfred
Alfred Tauber (1866–1942) est un mathématicien autrichien dont les travaux ont donné leur nom aux théorèmes tauberiens. Dans le cadre des séries, ces résultats peuvent établir une réciproque : une information de sommabilité ou un critère associé peut mener à la convergence ordinaire sous les hypothèses supplémentaires propres à l'énoncé utilisé. Le théorème de Tauber est le plus connu de ces résultats ; un résultat concernant une intégrale devrait être formulé séparément.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Situer Alfred Tauber par ses dates, ses lieux et son domaine de recherche.
- Comprendre le rôle d'une hypothèse supplémentaire dans une réciproque de convergence.
- Distinguer le théorème de Tauber de la théorie tauberienne générale.
En clair
Alfred Tauber (1866–1942), né à Presbourg (aujourd'hui Bratislava), obtient son doctorat en 1888 puis mène à Vienne une carrière de chercheur en physique mathématique. Ses travaux s'intéressent à une question de lecture : que peut-on conclure sur la convergence ordinaire d'une série lorsque l'on connaît déjà une information de sommabilité ou un critère qui lui est lié ? Il périt en 1942 dans un camp d'extermination nazi. Pour une intégrale, il faut partir d'un énoncé distinct et de ses propres hypothèses fonctionnelles.
La sommabilité est une manière d'attribuer une valeur à une série au moyen d'un procédé qui prolonge la somme habituelle ; la convergence ordinaire, elle, signifie que les sommes partielles ont effectivement une limite. Le cas de la série a_n = 2^{-n}, détaillé dans la rubrique d'exemple, montre concrètement comment ces deux notions peuvent se rejoindre. Les théorèmes tauberiens autorisent ce passage seulement si la suite des termes généraux respecte les hypothèses supplémentaires de l'énoncé utilisé.
Définition
Alfred Tauber est un mathématicien autrichien dont les travaux portent sur des résultats de type tauberien. Pour une série, un résultat tauberien peut établir une réciproque : à partir d'une information de sommabilité ou d'un critère associé, il permet de retrouver la convergence ordinaire dans un cadre où les hypothèses supplémentaires de l'énoncé sont satisfaites.
Le cadre formulé ici est celui des séries. La suite des termes généraux est la suite des nombres qui apparaissent terme après terme dans la somme. Les hypothèses supplémentaires portent précisément sur cette suite ; elles ne sont pas un détail facultatif, car la réciproque ne découle pas du seul critère initial. Un résultat portant sur une intégrale doit être énoncé séparément, avec une hypothèse fonctionnelle précise.
Le théorème de Tauber est le plus connu des résultats associés à Alfred Tauber. Les énoncés de ce type ont ensuite nourri une théorie tauberienne générale, développée notamment par Hardy et Littlewood.
Un exemple, pas à pas
Considérons la série de terme général a_n = 2^{-n} pour n ≥ 1. Son information de sommabilité au sens d'Abel est la limite, quand x tend vers 1 par valeurs inférieures, de la série entière Σ a_n x^n = Σ (x/2)^n = x/(2 − x), soit 1.
La condition tauberienne est satisfaite : n a_n = n 2^{-n} tend vers 0. Le théorème de Tauber permet donc ici de passer de cette sommabilité d'Abel à la convergence ordinaire de la série.
Le calcul direct confirme la conclusion : Σ_{n≥1} 2^{-n} = 1. Dans ce cas, la sommabilité d'Abel et la convergence ordinaire donnent bien la même somme.
Ce cas ne transforme pas la règle en automatisme : pour une autre série, il faudrait vérifier l'information de sommabilité et la condition portant sur ses termes généraux dans l'énoncé tauberien choisi.
En pratique
Sur le cas a_n = 2^{-n}, cochez les trois étapes : l'information d'Abel donne lim_{x→1−} Σ a_n x^n = 1 ; la condition supplémentaire est n a_n → 0 ; la conclusion tauberienne est donc la convergence ordinaire de Σ a_n.
Pour une autre série, remplacez ces vérifications par celles de l'énoncé correspondant : l'information de sommabilité et la condition sur les termes généraux ne se transportent pas automatiquement.
Si cette condition manque, gardez la conclusion de convergence ordinaire en suspens ; pour une intégrale, consultez un résultat distinct et ses hypothèses fonctionnelles.
À ne pas confondre
Ne confondez pas la sommabilité d'Abel avec la convergence ordinaire : la première attribue une valeur à une série par une limite pondérée, tandis que la seconde repose sur la limite de ses sommes partielles. Un résultat tauberien peut relier ces deux notions, mais elles ne désignent pas le même procédé.
La condition supplémentaire sur la suite des termes généraux doit être établie avant d'appliquer cette réciproque.
Limites et pièges
Le piège principal consiste à retenir seulement le mot « réciproque ». Pour une série, une réciproque tauberienne n'est valable que sous des hypothèses supplémentaires sur la suite des termes généraux. Le symptôme est une conclusion de convergence ordinaire tirée de la seule information de sommabilité ou du seul critère initial ; il faut alors retrouver et vérifier la condition manquante.
Une autre limite tient au procédé de sommabilité choisi. Une information d'Abel n'est pas interchangeable avec celle d'une autre méthode : le résultat tauberien doit préciser le procédé auquel il s'applique et les hypothèses qui l'accompagnent. Le théorème de Tauber est un résultat connu parmi les résultats de type tauberien ; il ne faut donc pas attribuer à un énoncé particulier toute la théorie générale développée ensuite notamment par Hardy et Littlewood.
Pour aller plus loin
Le glossaire théorème de Tauber permet de prolonger cette présentation vers l'énoncé mathématique associé à Alfred Tauber. Le lecteur y gagne un accès direct au résultat nommé dans cette fiche, après avoir compris le rôle de la réciproque et des hypothèses supplémentaires.
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