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Conformité (test de)

Un test de conformité compare un échantillon à une distribution théorique ou à une hypothèse donnée. Le khi-deux d'ajustement compare les fréquences observées aux fréquences attendues sous l'hypothèse nulle ; Kolmogorov-Smirnov et Shapiro-Wilk répondent à d'autres types de données ou d'hypothèses. Selon le risque choisi, le résultat conduit à rejeter ou à ne pas rejeter l'hypothèse : un non-rejet indique une compatibilité, pas une validation.
Effectifs observés et attendus pour six faces de dé Les effectifs observés 8, 9, 10, 11, 12 et 10 sont comparés à un effectif attendu de 10 pour chaque face. 60 lancers d’un dé : observé et attendu 0 5 10 14 Effectif 810 910 1010 1110 1210 1010 Face 1 Face 2 Face 3 Face 4 Face 5 Face 6 Observé Attendu sous H₀
Les effectifs observés oscillent autour de 10 ; leurs écarts −2, −1, 0, 1, 2 et 0 alimentent le calcul du khi-deux.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Distinguer compatibilité statistique et preuve qu'une hypothèse est vraie.
  • Calculer un khi-deux d'ajustement sur 60 lancers d'un dé et contrôler le résultat égal à 1.
  • Choisir entre khi-deux, Kolmogorov-Smirnov et Shapiro-Wilk selon les données et l'hypothèse.
  • Repérer les limites liées aux petits effectifs, aux paramètres estimés et à la taille de l'échantillon.

En clair

Un dé équilibré lancé 60 fois devrait donner environ 10 occurrences de chaque face. Dans une expérience réelle, obtenir 8 fois la face 1 et 12 fois la face 5 n'est pas forcément inquiétant : le hasard crée naturellement des écarts.
Le test de conformité rassemble ces écarts en un indicateur, puis demande s'ils restent plausibles sous le modèle annoncé. Une incompatibilité nette conduit à rejeter ce modèle ; un faible écart signifie seulement que les données ne le contredisent pas assez.

Définition

Un test de conformité confronte la distribution observée dans un échantillon à une distribution fixée par l'hypothèse nulle, notée H0. Il calcule une statistique qui mesure leur désaccord, puis une probabilité critique, appelée valeur p, sous H0. Si la valeur p est inférieure ou égale au niveau de risque choisi avant l'analyse, H0 est rejetée. Sinon, on ne la rejette pas : cela ne prouve ni qu'elle est vraie ni que les données suivent exactement la loi proposée.
Pour des catégories, le test du khi-deux d'ajustement compare chaque effectif observé Oi à l'effectif attendu Ei. Sa statistique est χ2=i=1k(OiEi)2Ei\chi^2=\sum_{i=1}^{k}\frac{(O_i-E_i)^2}{E_i}, où k est le nombre de catégories. Cette formule suppose que chaque catégorie retenue a une probabilité théorique strictement positive, donc Ei > 0. Les observations doivent être indépendantes et les effectifs attendus assez grands pour que l'approximation par la loi du khi-deux soit fiable. Si aucun paramètre n'est estimé à partir de l'échantillon et si les probabilités des k catégories retenues sont fixées, le nombre de degrés de liberté vaut k − 1.
Pour une distribution continue entièrement spécifiée, le test de Kolmogorov-Smirnov mesure le plus grand écart entre la fonction de répartition empirique et celle du modèle. Le test de Shapiro-Wilk cible spécifiquement la normalité. Le choix du test dépend donc de la nature des données, de l'hypothèse examinée et de la manière dont ses paramètres ont été fixés ou estimés.

Un exemple, pas à pas

On lance 60 fois un dé supposé équilibré. Les effectifs observés des faces 1 à 6 sont 8, 9, 10, 11, 12 et 10. Sous H0, chaque face a une probabilité de 1/6, donc un effectif attendu de 60 × 1/6 = 10. La comparaison des six effectifs est matérialisée par la figure.
1. Calculons les six écarts observé moins attendu : −2, −1, 0, 1, 2 et 0.
2. Élevons ces écarts au carré et divisons chacun par 10 : 4/10, 1/10, 0, 1/10, 4/10 et 0.
3. Additionnons les contributions : χ2=4+1+0+1+4+010=1\chi^2=\frac{4+1+0+1+4+0}{10}=1. Avec six catégories et aucun paramètre estimé, le test possède 6 − 1 = 5 degrés de liberté.
4. Au niveau de risque de 5 %, la valeur critique pour 5 degrés de liberté est environ 11,07. Comme 1 < 11,07, on ne rejette pas l'hypothèse d'un dé équilibré. Contrôle refaisable : les effectifs observés totalisent bien 60 et les six contributions totalisent bien 1.

En pratique

Pour contrôler des proportions réparties en catégories, comme les six faces d'un dé, utilisez le khi-deux d'ajustement lorsque les observations sont indépendantes et les effectifs attendus suffisants. Si certaines attentes sont trop faibles, une méthode exacte ou une simulation sous H0 est préférable.
Pour comparer une variable continue à une loi entièrement spécifiée, le test de Kolmogorov-Smirnov convient lorsque l'écart maximal entre fonctions de répartition est la question pertinente. Si les paramètres de la loi sont estimés sur le même échantillon, il faut une calibration adaptée plutôt que les seuils usuels du test entièrement spécifié.
Pour examiner précisément la normalité d'un échantillon, choisissez Shapiro-Wilk. Un graphique quantile-quantile complète utilement le test : il montre la forme des écarts, tandis que la valeur p seule fournit un verdict dépendant de la taille de l'échantillon.

À ne pas confondre

Test de conformité et test d'indépendance. Le premier compare une seule distribution observée à des proportions théoriques fixées. Le second étudie l'association entre deux variables catégorielles dans un tableau croisé. Les six effectifs d'un dé relèvent de la conformité ; des effectifs classés à la fois par face et par type de dé relèvent de l'indépendance.
Test de conformité et test de Student. Un test de Student porte sur une moyenne, ou sur une différence de moyennes selon sa version. Il ne vérifie pas à lui seul toute la forme d'une distribution. Comparer la moyenne des résultats du dé à 3,5 ne remplace donc pas la comparaison de ses six proportions.

Limites et pièges

Ne pas rejeter n'est pas valider. Dans l'exemple, χ2 = 1 ne prouve pas que le dé est équilibré ; les 60 lancers sont seulement compatibles avec cette hypothèse au seuil choisi. Il faut rapporter le verdict et le niveau de risque, sans transformer l'absence de preuve en certitude.
Petit échantillon ou catégories rares. Des effectifs attendus trop faibles rendent l'approximation du khi-deux fragile. Le symptôme est une ou plusieurs catégories presque vides sous H0. Il faut alors regrouper des catégories seulement si cela a un sens, ou employer une méthode exacte ou simulée.
Paramètres ajustés sur les données. Estimer un paramètre du modèle avec le même échantillon change la distribution de référence et peut réduire les degrés de liberté du khi-deux. Pour Kolmogorov-Smirnov, les seuils du cas entièrement spécifié ne s'appliquent plus tels quels ; il faut une calibration adaptée.
Taille de l'échantillon. Avec beaucoup de données, un écart minuscule peut devenir statistiquement détectable ; avec peu de données, un écart important peut rester indétectable. Il faut compléter la valeur p par la taille et la forme des écarts, puis juger leur importance dans le contexte.

Pour aller plus loin

Khi-deux (loi du) — Relier la statistique d'ajustement à sa loi de référence et au choix d'un seuil de décision.
test de Kolmogorov-Smirnov — Approfondir la comparaison d'une distribution continue par l'écart maximal entre deux fonctions de répartition.
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