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GéométrieNotion · Glossaire

Dürer Albrecht

Albrecht Dürer est un peintre, graveur et théoricien de l'art qui relie la pratique artistique à l'étude mathématique des formes. Pour représenter scènes et corps, il mobilise la géométrie afin de construire perspective, ombre et proportions.
Repères chronologiques d'Albrecht Dürer Chronologie non proportionnelle montrant la naissance de Dürer en 1471, les dates 1525 et 1538 associées aux Instructions pour la mesure, et sa mort en 1528. Repères chronologiques Vie de Dürer : 1471–1528 1471 Naissance 1525 Instructions pour la mesure 1528 Mort 1538 Instructions pour la mesure Espacement non proportionnel aux durées
Quatre repères ordonnés : la date de 1538 associée aux Instructions est postérieure à la mort de Dürer en 1528.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier Albrecht Dürer, son époque et son ancrage à Nuremberg.
  • Relier ses recherches sur la perspective à son portillon et à ses traités.
  • Distinguer son rôle de précurseur de la géométrie descriptive de celui d'un fondateur.
  • Situer le carré magique et le polyèdre tronqué dans Melancholia sans leur prêter une portée excessive.

En clair

En 1471 naît à Nuremberg Albrecht Dürer, futur peintre et graveur allemand. Pour lui, représenter le monde ne relève pas seulement du regard ou du geste : la géométrie aide à construire une perspective, une ombre ou une proportion.
Ses voyages en Italie et son passage à Venise nourrissent ce rapprochement entre art et mathématiques. Ses traités, son portillon de perspective et les formes présentes dans Melancholia en donnent trois manifestations concrètes.

Définition

Albrecht Dürer (1471–1528) est un peintre, graveur et théoricien de l'art allemand originaire de Nuremberg. Formé à la peinture et à la gravure sur bois après avoir grandi dans une famille d'orfèvre, il relie la pratique artistique à l'étude des formes, des mesures et de la perspective. Ses voyages en Italie, son étude d'Euclide, de Vitruve, d'Alberti et de Pacioli, puis son passage à Venise participent à cette orientation.
Les Instructions pour la mesure à la règle et au compas, associées aux dates de 1525 et 1538, abordent les spirales, les conchoïdes, les polygones réguliers, la trisection approchée de l'angle et la théorie de l'ombre. Le Traité des proportions du corps humain repose sur l'étude analytique des formes naturelles. Le portillon de Dürer est, quant à lui, un dispositif destiné à faciliter la reproduction d'une scène en perspective.
Ces repères chronologiques montrent que l'activité de Dürer et la transmission de ses travaux ne se réduisent pas à une date unique. Ses recherches géométriques en font un précurseur, et non le fondateur, de la géométrie descriptive développée deux siècles plus tard. Le carré magique et le polyèdre tronqué de Melancholia manifestent aussi son intérêt pour les structures mathématiques.

Un exemple, pas à pas

Prenons le portillon de Dürer comme fil conducteur. Pour rendre son principe opératoire sans prétendre reconstituer un appareil historique dans tous ses détails, plaçons un cadre quadrillé entre un œil maintenu à un point fixe et un objet, puis préparons sur la feuille un quadrillage correspondant.
1. Choisissez sur l'objet un point de contour facile à reconnaître. Sans déplacer l'œil, repérez la case du cadre dans laquelle ce point apparaît.
2. Dans cette case, observez la position du point par rapport aux quatre bords : près du bord gauche, à mi-hauteur, par exemple. Reportez-le à la même place relative dans la case correspondante de la feuille.
3. Recommencez avec plusieurs points du même contour, puis reliez les points reportés. Le quadrillage transforme ainsi ce que voit l'œil fixe en une suite de repères localisés.
4. Pour contrôler le report, comparez les franchissements du contour : il doit couper les mêmes bords de cases sur le cadre et sur la feuille. Un décalage signale soit un point mal placé, soit un changement du point de vue. Le portillon illustre ainsi concrètement comment la géométrie peut guider le geste de l'artiste.

En pratique

Pour étudier la perspective chez Dürer, le bon point d'entrée est le portillon lorsque la question porte sur la reproduction d'une scène. Si l'on cherche plutôt une construction géométrique, les Instructions pour la mesure à la règle et au compas sont le support pertinent.
Pour suivre son travail sur les formes, on peut classer les objets mentionnés par la source : courbes comme les spirales et les conchoïdes, polygones réguliers, angle à partager approximativement et ombre à théoriser. Ce classement évite de réduire ses mathématiques à la seule perspective.
Dans Melancholia, le carré magique est une grille de quatre lignes et quatre colonnes. Le lecteur peut en vérifier le principe en additionnant les nombres de chaque ligne, de chaque colonne et des deux grandes diagonales : le total obtenu est toujours 34. Ce contrôle arithmétique donne un contenu précis au motif ; sa présence, comme celle du polyèdre tronqué, témoigne d'un intérêt pour les structures mathématiques sans transformer le tableau en traité.

À ne pas confondre

Précurseur de la géométrie descriptive et fondateur de cette discipline. La source qualifie Dürer de précurseur et situe le développement de la géométrie descriptive deux siècles plus tard. L'écart chronologique tranche : ses travaux annoncent la discipline, ils ne constituent pas son développement ultérieur.
Perspective et portillon de Dürer. La perspective est le cadre mathématique de représentation étudié par Dürer ; le portillon est un dispositif particulier qui en facilite l'usage. Une scène en perspective n'implique donc pas à elle seule l'emploi de ce dispositif.
Les deux traités. Les Instructions pour la mesure à la règle et au compas portent sur des constructions géométriques et l'ombre. Le Traité des proportions du corps humain porte sur l'étude analytique des formes naturelles. Le sujet traité permet de les distinguer.

Limites et pièges

Une approximation n'est pas une solution exacte. La trisection de l'angle citée dans les Instructions est explicitement approchée. Si une construction semble partager un angle en trois, il faut donc conserver le qualificatif « approchée » au lieu d'affirmer une trisection exacte.
Les dates demandent une lecture prudente. Dürer meurt en 1528, tandis que la source associe les dates de 1525 et 1538 aux Instructions. Ce décalage observable interdit d'attribuer sans autre source les circonstances exactes de la publication de 1538.
Un motif n'est pas une théorie complète. Le carré magique et le polyèdre tronqué de Melancholia témoignent d'un intérêt mathématique. Leur présence ne suffit pas à attribuer au tableau tous les résultats exposés dans les traités.
L'étiquette de précurseur a une portée limitée. Elle relie les travaux géométriques de Dürer à une discipline plus tardive. Elle ne signifie ni identité des méthodes ni formulation anticipée de toute la géométrie descriptive.

Pour aller plus loin

La géométrie descriptive prolonge la question des représentations géométriques dont Dürer est considéré comme un précurseur.
Le carré magique donne les repères nécessaires pour examiner l'une des structures mathématiques présentes dans Melancholia.
La conchoïde approfondit l'une des familles de courbes abordées dans les Instructions pour la mesure à la règle et au compas.
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