Histoire et cultureNotion · Glossaire
Lhuilier Simon
Simon L'Huillier (1750–1840) est un mathématicien suisse qui s'est intéressé à l'infini et aux limites. On lui attribue l'introduction de la notation « lim » pour désigner la limite d'une expression, sans lui attribuer l'invention de la notion elle-même. Ses travaux ont aussi porté sur les polyèdres et la géométrie des alvéoles d'abeilles.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Situer le parcours de Simon L'Huillier à Genève.
- Relier la notation lim à l'étude d'une limite.
- Vérifier sur un exemple pourquoi une limite n'est pas toujours une valeur atteinte.
- Repérer ses travaux sur les polyèdres et les alvéoles d'abeilles.
En clair
Quand une expression change, on peut regarder la valeur vers laquelle elle se rapproche. Par exemple, les nombres 1, 1/2, 1/3 puis 1/10 deviennent de plus en plus proches de zéro, même si aucun d'eux n'est égal à zéro. La notation « lim » sert à résumer cette idée de limite. Simon L'Huillier s'est intéressé à l'infini et aux limites, et on lui attribue l'introduction de cette écriture dans les textes mathématiques.
Définition
Simon L'Huillier est un mathématicien suisse né en 1750 et mort en 1840. Sa formation en mathématiques et en physique à Genève ouvre un parcours d'enseignant et d'auteur : il est d'abord précepteur du fils du prince polonais Czartoryski, puis obtient en 1795 la chaire de mathématiques de l'université de Genève, dont il devient ensuite recteur. Il rédige aussi des manuels de géométrie et d'algèbre largement diffusés.
Son travail touche notamment l'infini et la limite d'une expression. Dans une écriture moderne, « lim » est placé devant l'expression dont on étudie le comportement quand une variable se rapproche d'une valeur ou devient très grande. On lui attribue l'introduction de cette notation, qui a rendu les écrits mathématiques plus légers. Cette attribution porte sur l'écriture, pas sur l'invention de la notion de limite.
L'Huillier a également étendu le théorème d'Euler sur les polyèdres à des cas où certaines faces sont percées ou ne sont pas simplement connexes. Ces problèmes conduisent vers la topologie combinatoire, qui étudie des propriétés de formes à partir de leurs relations et de leur assemblage. Il s'est enfin intéressé à la géométrie des alvéoles d'abeilles et à l'optimisation de la quantité de cire nécessaire à leur construction.
Un exemple, pas à pas
On suit l'expression 1/x lorsque le nombre x devient de plus en plus grand. La lettre x désigne le nombre qui varie, et la valeur étudiée est 1/x. Les données de départ sont : x=1 donne 1, x=2 donne 1/2, x=4 donne 1/4 et x=10 donne 1/10.
On écrit alors la limite de cette expression lorsque x tend vers +∞ :
1. Pour x=1, la valeur est 1.
2. Pour x=2, elle devient 1/2.
3. Pour x=4, elle devient 1/4.
4. Pour x=10, elle devient 1/10.
2. Pour x=2, elle devient 1/2.
3. Pour x=4, elle devient 1/4.
4. Pour x=10, elle devient 1/10.
Ces valeurs diminuent et se rapprochent de zéro. La limite vaut donc 0, mais l'expression 1/x n'est jamais égale à zéro pour un nombre x fini et non nul. Ce contrôle distingue une limite, qui décrit un rapprochement, d'une valeur effectivement atteinte.
En pratique
En analyse, la notation « lim » condense une phrase qui reviendrait à décrire le comportement d'une expression près d'une valeur. Elle permet de lire rapidement le résultat recherché avant d'entrer dans la démonstration.
Dans un calcul, le geste consiste à identifier ce qui varie, la valeur vers laquelle cette quantité se dirige et l'expression observée. Pour une justification complète, on vérifie ensuite que la limite existe dans le cadre considéré, au lieu de remplacer automatiquement la variable par sa valeur cible.
La notation intervient aussi lorsque l'on étudie des objets géométriques ou des fonctions. Elle donne un langage bref pour parler de l'infini et des variations continues, deux thèmes auxquels L'Huillier s'est intéressé.
À ne pas confondre
Une limite décrit le comportement d'une expression lorsque la variable approche une cible ou tend vers l'infini ; elle n'est pas nécessairement la valeur prise par l'expression. Dans l'exemple 1/x, la limite quand x devient très grand est 0, mais 1/x reste strictement positif pour tout x positif fini. La valeur limite peut être atteinte ou non : c'est le comportement au voisinage de la cible, ou à l'infini, qui définit la limite.
La notation « lim » ne doit pas être confondue avec le symbole +∞. « lim » introduit l'étude d'un comportement ; +∞ indique ici la direction dans laquelle x augmente sans borne. La limite peut être un nombre fini, comme 0 dans l'exemple, ou prendre une autre forme selon l'expression et le cadre d'étude.
Limites et pièges
Le symbole « lim » ne suffit pas à lui seul : il faut préciser la direction de l'approche. Une expression peut avoir un comportement différent à gauche et à droite d'une valeur, ou ne pas avoir de limite si ses valeurs oscillent sans se rapprocher d'un même résultat. Le symptôme est une conclusion unique tirée d'un seul côté ; il faut alors distinguer les limites latérales.
Une substitution directe peut aussi être trompeuse. Pour 1/x, x=0 n'est pas admis, car une division par zéro n'est pas définie. La limite éventuelle près de zéro doit être étudiée séparément, et elle ne se déduit pas d'une valeur de l'expression en x=0.
Dans l'histoire des mathématiques, « on lui attribue » est une formulation prudente. Elle signifie que la source associe à L'Huillier l'introduction de la notation « lim » ; elle ne transforme pas cette attribution en certitude absolue sur l'origine de toute la théorie des limites.
Pour aller plus loin
Pour prolonger l'épisode géométrique, l'article La géométrie convexe permet de replacer les polyèdres et leurs propriétés de forme dans un cadre géométrique plus large. Le lecteur y gagne un point de comparaison pour comprendre pourquoi la structure d'un objet compte autant que son apparence.
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