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ArithmétiqueNotion · Glossaire

numération maya

Dans l’écriture symbolique positionnelle des codex, la numération maya est vigésimale (base 20) : un point vaut 1, un trait 5 et le zéro marque une position vide. Dans la lecture vigésimale ordinaire, chaque rang vaut vingt fois le précédent, ce qui permet de lire un nombre en additionnant les valeurs des signes pondérées par leur position.
Écriture symbolique maya du nombre 35 Un point au rang des vingtaines vaut vingt et trois traits au rang des unités valent quinze. Écriture positionnelle de 35 rang des vingtaines rang des unités 1 × 20 = 20 3 × 5 = 15 total : 35
Le point contribue 1 × 20 et les trois traits 3 × 5 : la somme vaut 35.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Lire les points et les traits en tenant compte des rangs de la base 20.
  • Reconstituer pas à pas l'écriture positionnelle du nombre 35.
  • Distinguer numération parlée, écriture symbolique et écriture céphalomorphe.
  • Différencier les sens ordinal et cardinal du zéro maya.

En clair

Pour écrire 35 avec les signes symboliques mayas, on peut regrouper une vingtaine et quinze unités. Un point représente 1 et un trait représente 5 : le rang des vingtaines porte donc un point, tandis que le rang des unités porte trois traits. Les espaces séparent les rangs.
Cette écriture est en base 20 : changer de rang multiplie la valeur par 20. La langue pouvait pourtant exprimer le même nombre autrement, par protraction : pour 35, quinze unités sont comptées dans la deuxième vingtaine, ce qui correspond à 20 + 15.

Définition

La numération maya est un ensemble de pratiques parlées et écrites, développé en Amérique centrale entre 300 avant J.-C. et 1500 après J.-C. Elle est vigésimale : ses regroupements reposent sur vingt. Dans la langue, des classificateurs numériques nommaient notamment -kal pour 20 et -bak pour 400. La protraction exprimait un nombre par rapport à une vingtaine à venir ; 35 se disait ainsi « ho.lahun tu ca-kal », soit quinze unités comptées dans la deuxième vingtaine : 20 + 15 = 35.
Deux écritures coexistaient. Sur les monuments, une écriture céphalomorphe dispositionnelle représentait des durées et indiquait les unités. Dans les codex, une écriture symbolique positionnelle employait le point pour 1, le trait pour 5, le zéro et des espaces séparant les positions. Si a0, a1 et a2 désignent les valeurs placées aux trois premiers rangs, la lecture vigésimale ordinaire s'écrit :
N=a0+20a1+400a2N=a_0+20a_1+400a_2
Le coefficient 400 correspond à 20 × 20.
Le zéro n'était pas réduit à un signe unique : les Mayas distinguaient un zéro ordinal, écrit en rouge, et un zéro cardinal, écrit en noir. Cette différence de signe et de couleur rendait explicite la différence de sens ; elle ne doit pas être effacée lorsqu'on décrit le système.

Un exemple, pas à pas

On veut représenter 35 dans l'écriture symbolique positionnelle. Les données sont les suivantes : la base vaut 20, un point vaut 1, un trait vaut 5 et un espace sépare deux rangs.
1. On partage 35 en une vingtaine et quinze unités :
35=1×20+1535=1\times20+15
Le rang des vingtaines reçoit donc la valeur 1.
2. La valeur 1 se note par un point. La valeur 15 se décompose en trois groupes de 5 ; elle se note donc par trois traits. Dans le schéma, un espace net sépare le point du groupe de trois traits.
3. On contrôle la lecture en redonnant à chaque rang son poids : le point du rang supérieur vaut 1 × 20 et les trois traits du rang des unités valent 3 × 5. La somme vaut bien 35. La formulation parlée donnée par la source suit une autre logique : « ho.lahun tu ca-kal », soit quinze unités comptées dans la deuxième vingtaine, donc 20 + 15 = 35.

En pratique

Dans un codex, on commence par repérer les points, les traits, le zéro et les espaces. On convertit ensuite chaque groupe en valeur, puis on tient compte de sa position en base 20. Cette lecture convient à l'écriture symbolique positionnelle décrite dans la source.
Sur un monument qui représente une durée, il faut préférer la lecture de l'écriture céphalomorphe dispositionnelle et relever les unités indiquées. La simple recette « point égale 1, trait égale 5 » ne suffit pas pour cet autre type d'écriture.
Pour interpréter le zéro, la couleur est un indice décisif dans le cadre décrit : le rouge signale le sens ordinal et le noir le sens cardinal. Il faut donc conserver cette information au lieu de transcrire les deux signes par un zéro indifférencié.

À ne pas confondre

L'écriture symbolique positionnelle ne se confond pas avec la numération parlée. Pour 35, l'écrit combine un rang de valeur 20 et quinze unités, tandis que la parole donnée par la source emploie la protraction : quinze unités sont comptées dans la deuxième vingtaine, soit 20 + 15 = 35. Le nombre est le même, mais le mécanisme d'expression diffère.
Le zéro cardinal ne se confond pas avec le zéro ordinal. Dans le système décrit, le premier est écrit en noir et désigne une quantité nulle ; le second est écrit en rouge et porte un sens de rang. La couleur et le rôle, pas seulement une traduction moderne par « 0 », permettent de les distinguer.

Limites et pièges

Un point ne vaut pas toujours une unité au total. Dans une écriture positionnelle, sa valeur dépend du rang : pour 35, le point placé au rang des vingtaines contribue 20, et non 1. Le bon réflexe consiste à identifier les espaces de séparation avant d'additionner les signes.
Le passage de 19 à 20 est le cas charnière de la base 20. Ajouter un signe au même rang ne suffit plus : une vingtaine ouvre un nouveau rang. Ainsi, la décomposition de 35 est 1 × 20 + 15, et non un groupe indifférencié de trente-cinq unités.
Tous les témoignages écrits ne se lisent pas avec la même procédure. La présence de têtes et d'unités de durée oriente vers l'écriture céphalomorphe dispositionnelle des monuments ; des points, traits, zéros et espaces orientent vers l'écriture symbolique positionnelle des codex. Il faut d'abord identifier le support et le type d'écriture.

Pour aller plus loin

La fiche numération vigésimale approfondit le principe d'une numération organisée par paquets de vingt et aide à replacer l'exemple maya dans cette famille.
La fiche zéro séleucide offre un autre contexte historique pour étudier le rôle du zéro, sans l'assimiler aux deux zéros mayas.
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