Probabilités et statistiquesNotion · Glossaire
P-liste
Une p-liste est une liste ordonnée de p éléments choisis dans un ensemble fini, avec répétition possible. Si l'ensemble contient n éléments, le nombre de p-listes est n à la puissance p. Lorsque les répétitions ne sont pas autorisées, on parle de p-liste sans répétition ou de p-uplet sans répétition, et leur nombre est n fois (n-1) fois ... fois (n-p+1). Cette notion est au cœur de la combinatoire dénombrant les arrangements.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Reconnaître une p-liste et comprendre pourquoi l'ordre compte.
- Calculer n à la puissance p lorsque les répétitions sont autorisées.
- Calculer un arrangement lorsque les répétitions sont interdites.
- Traiter les cas p = 0, n = 0 et p supérieur à n.
En clair
Imaginez un code de trois chiffres, chaque chiffre étant choisi parmi 0, 1 et 2. Le code 012 n'est pas le même que 210, car la position de chaque chiffre compte. Le code 001 est aussi admis : un même chiffre peut revenir plusieurs fois.
Chaque code est donc une 3-liste. Il existe trois choix pour la première place, puis trois pour la deuxième et trois pour la troisième, soit 27 codes.
Définition
Soit un ensemble fini E contenant n éléments et soit p un entier naturel. Une p-liste d'éléments de E est une suite ordonnée de longueur p. Elle peut se noter (x1, x2, …, xp), où chaque terme appartient à E. Deux p-listes sont égales seulement si elles ont le même élément à chaque position. Une p-liste est ainsi un élément du produit cartésien Ep. Avec répétition autorisée, chacune des p positions offre n choix indépendants, soit p-listes.
Sans répétition, un élément déjà choisi ne peut plus réapparaître. Lorsque p est inférieur ou égal à n, le nombre de p-listes sans répétition est :
Cette variante est aussi appelée arrangement de p éléments parmi n. Si p = n, elle devient une permutation des n éléments. Si p est supérieur à n, aucune p-liste sans répétition n'existe.
Un exemple, pas à pas
On forme des codes de longueur 3 avec l'ensemble E = {0, 1, 2}. Les données sont donc n = 3 symboles et p = 3 positions. Les répétitions sont d'abord autorisées. La figure inventorie les 27 codes et met en évidence ceux dont les trois chiffres sont distincts.
1. Pour la première position, choisir 0, 1 ou 2 donne 3 possibilités.
2. Pour chacune d'elles, la deuxième position offre encore 3 choix, puis la troisième en offre 3. Le produit donne p-listes.
3. Si les répétitions sont interdites, il reste successivement 3, puis 2, puis 1 choix. On obtient arrangements : 012, 021, 102, 120, 201 et 210.
Le résultat est donc de 27 codes avec répétition, contre 6 sans répétition. Pour contrôler 27, regroupez les codes selon leur premier chiffre : les groupes 0, 1 et 2 contiennent chacun 9 codes.
En pratique
Pour compter des codes de longueur fixe, on emploie les p-listes lorsque chaque position accepte les mêmes symboles et qu'un symbole peut revenir. Si le règlement impose des symboles tous distincts, le modèle adapté est l'arrangement sans répétition.
Pour décrire plusieurs tirages successifs avec remise, chaque résultat ordonné forme une p-liste. Sans remise, le nombre de choix diminue après chaque tirage : on passe alors à une p-liste sans répétition.
Avant tout dénombrement, deux questions tranchent le modèle : échanger deux positions change-t-il le résultat, et un élément peut-il être repris ? Si l'ordre ne compte pas, une combinaison convient mieux qu'une p-liste.
À ne pas confondre
Une combinaison. Dans une p-liste, l'ordre compte : 012 et 210 sont deux résultats. Dans une combinaison, ces écritures décrivent le même choix des trois éléments.
Un arrangement. Au sens usuel, un arrangement est une p-liste sans répétition. Ainsi 001 est une 3-liste avec répétition, mais pas un arrangement de trois éléments parmi {0, 1, 2}.
Une permutation. Une permutation utilise chacun des n éléments exactement une fois : elle correspond au cas p = n sans répétition. La 2-liste 01 n'est donc pas une permutation de {0, 1, 2}.
Limites et pièges
Longueur nulle. Pour p = 0, il existe une unique 0-liste : la liste vide. La formule n0 donne bien 1 lorsque n est non nul.
Ensemble vide. Si n = 0 et p est strictement positif, aucune p-liste n'existe. Le cas n = 0 et p = 0 suit la convention combinatoire de l'unique liste vide.
Trop de positions sans répétition. Si p est supérieur à n, le choix se bloque après l'emploi des n éléments. Il faut conclure qu'il existe 0 arrangement, et non prolonger la formule factorielle avec (n − p)!.
Choix dépendants. La formule np suppose que chaque position autorise les n éléments. Si une règle interdit certains symboles selon les positions, il faut compter les choix réellement disponibles à chaque étape.
Pour aller plus loin
Arrangement — Approfondir le comptage des listes ordonnées lorsque chaque élément ne peut être choisi qu'une fois.
dénombrement — Situer les p-listes parmi les techniques qui comptent exactement un ensemble fini de possibilités.
Produit cartésien — Relier une p-liste avec répétition aux éléments du produit Ep.
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