Passer au contenu principal
GéométrieThéorème · Glossaire

paradoxe de Deland

Le paradoxe de Deland est un découpage paradoxal où, dans une construction géométrique précise, un dessin de 19 cartes identiques semble en montrer 18 après la permutation et le réassemblage de plusieurs pièces. Aucune carte n'est retirée : les pièces sont réassemblées et leurs contours produisent cet effet visuel, sans que l'on puisse déduire une répartition uniforme des différences de surface. La conservation de l'aire totale des pièces montre que la disparition est seulement apparente.
Principe schématique du paradoxe de Deland Deux panneaux montrent dix-neuf cartes avant découpage et dix-huit cartes apparentes après réassemblage. Deux pièces distinguées par des contours colorés, A et B, traversent des portions de cartes ; leurs positions sont échangées dans le panneau après. Une bande jaune indique une zone d'écart de contour. Le dessin est sans échelle. AVANT · 19 cartes APRÈS · 18 apparentes permutation ABBA bande jaune : zone d'écart à examiner Schéma de principe · sans échelle ni dimensions
Schéma de principe, sans échelle : les pièces A et B changent de place et la bande jaune indique la zone d'écart à examiner.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier le paradoxe de Deland.
  • Suivre le rôle du découpage et de la permutation.
  • Contrôler la conservation de l'aire totale et les limites de l'illusion.

En clair

Imaginez un dessin où 19 cartes identiques sont bien visibles. Dans une construction précise, après avoir déplacé quelques pièces du dessin, il semble n'en rester que 18. Pourtant, aucune carte n'a été retirée. Le réassemblage modifie légèrement les contours et la répartition des pièces ; les données disponibles ici ne permettent pas d'en déduire une diminution identique de chaque carte ni une répartition uniforme de l'écart. Le paradoxe de Deland transforme donc une modification géométrique presque invisible en disparition spectaculaire.

Définition

Le paradoxe de Deland est un découpage paradoxal : un dessin composé de plusieurs pièces est réassemblé selon une autre disposition, et le nombre apparent d'objets identiques peut changer. Dans l'exemple de référence, le dessin est décrit comme passant de 19 cartes à 18 cartes visuellement ; ce résultat dépend d'une construction géométrique précise, qui n'est pas détaillée ici. Le dessin initial et le dessin final occupent des figures globalement comparables, mais les frontières entre les pièces peuvent redistribuer leurs surfaces de façon différente.
La conservation concerne l'ensemble découpé, non chaque carte prise isolément. Si A désigne l'aire totale du dessin initial et A′ celle du dessin réassemblé, une construction idéale conserve l'identité suivante :
A=AA=A^{\prime}
En revanche, la surface attribuée à chaque objet représenté peut être différente après la permutation. Sans construction ni mesures détaillées, on ne peut pas préciser comment les écarts se répartissent dans le motif ; ils ne constituent donc pas, à eux seuls, une carte manquante.
Le procédé s'applique aussi à d'autres collections d'objets identiques et à d'autres dessins. Il faut toutefois un découpage et un réassemblage suffisamment précis pour que les écarts de contour restent imperceptibles à l'échelle de l'observation.

Le principe

Dans une construction géométrique conçue pour cet effet, un dessin de 19 objets identiques peut, après découpage et réassemblage, donner l'apparence de 18 objets. Une faible redistribution des surfaces ne suffit pas à elle seule : le résultat dépend de la géométrie précise des pièces et de leurs contours. Le verdict correct se fonde sur l'aire totale des pièces et sur les contours, pas sur le seul comptage visuel. Une disparition réelle exigerait qu'une pièce ou une portion de surface ne soit plus présente ; dans le paradoxe, elle est seulement répartie autrement.

Quand l'utiliser

Le procédé demande un dessin initial composé d'objets identiques, plusieurs pièces découpées et un réassemblage qui conserve l'ensemble de la matière. Les contours doivent rester assez proches pour que la variation de taille de chaque objet échappe à l'observation courante. Le dessin doit aussi être lisible après permutation : des objets trop irréguliers ou trop espacés ne produiraient pas le même effet.
Un contre-cas apparaît si une pièce est réellement retirée : l'aire totale diminue et l'effet n'est plus paradoxal. Si les pièces ne s'emboîtent pas ou si un grand jour devient visible, il faut employer une construction géométrique mieux ajustée plutôt que parler d'une carte disparue.

Un exemple, pas à pas

Considérons le dessin conducteur de 19 cartes identiques. Le schéma de principe associé repère deux panneaux : à gauche, les 19 cartes avant découpage ; à droite, les 18 cartes apparentes après réassemblage. Les repères colorés identifient les pièces déplacées, et la bande jaune entre deux contours signale la zone où l'écart devient observable. Le dessin est schématique, sans échelle ni mesure d'une construction particulière.
1. Dans le panneau de gauche, repérez les 19 cartes et les deux pièces colorées qui traversent plusieurs portions de cartes.
2. Suivez les pièces A et B : leurs contours colorés et leurs lettres permettent d'identifier chacune avant le réassemblage.
3. Dans le panneau de droite, vérifiez que A et B sont toujours présentes, mais échangent leurs positions après permutation.
4. Le nouveau motif laisse compter 18 cartes ; la bande jaune attire l'attention sur la zone où les contours ne coïncident plus exactement, sans prétendre fournir sa mesure.
5. La surface totale reste la même ; le schéma permet d'observer le mécanisme et le lieu de l'écart, mais pas de recalculer sa répartition entre les objets.
Le résultat est donc une carte apparemment disparue, et non une perte de matière. Pour contrôler l'exemple, comparez les pièces A et B dans les deux panneaux, vérifiez qu'aucune pièce ne manque, puis examinez la bande jaune plutôt que de vous fier au seul comptage.

En pratique

Dans une démonstration sur papier, on compte les cartes avant et après le déplacement des pièces, puis on examine les bords et les petits écarts de largeur. Une règle ou un calque convient mieux à cette vérification que la seule impression visuelle.
Dans une animation de mathématiques récréatives, le geste de permutation attire l'attention sur le changement de nombre. Pour établir ce qui se passe réellement, on préfère la comparaison des pièces et de leur aire totale, qui reste le critère observable décisif.

À ne pas confondre

Le paradoxe de Deland ne doit pas être confondu avec une suppression matérielle. Dans une suppression, une pièce manque et l'aire totale change ; ici, toutes les pièces du découpage sont réassemblées. Il ne s'agit pas non plus d'une simple illusion de perspective : le changement apparent vient d'une redistribution géométrique des surfaces, même si l'œil en interprète mal l'effet.

Limites et pièges

Le cas charnière est celui où l'écart devient visible. Si les différences de contour sont assez grandes pour être repérées, l'illusion cesse : le lecteur voit une déformation plutôt qu'une disparition. Dans l'exemple de 19 cartes, aucune construction ni mesure fournie ici ne permet d'affirmer que la différence associée à une carte est répartie uniformément sur les 19 objets ; on peut seulement contrôler que l'aire globale des pièces est conservée.
Un autre piège consiste à conclure que l'aire de chaque carte est conservée. Seule l'aire globale des pièces est conservée dans la construction décrite. Pour contrôler un cas concret, il faut mesurer ou superposer les contours ; le comptage des formes reconnaissables ne suffit pas.

Pour aller plus loin

Pour replacer ce paradoxe dans l'univers des mathématiques récréatives et des tours fondés sur une apparence trompeuse, consultez Quand le diable s’invite. Vous y trouverez un autre contexte où une construction visuelle modifie l'interprétation immédiate du lecteur.
Continuez avec Tangente

Explorez les mathématiques autrement

Retrouvez nos magazines, podcasts et jeux pour explorer les mathématiques autrement.

Découvrir les offres