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Histoire et cultureNotion · Glossaire

Scheubel Johannes

Johannes Scheubel (1494–1570) est un mathématicien allemand associé à La Coss, une école algébrique germanophone. Il a contribué à la diffusion et à la normalisation des signes + et –, plutôt qu'à leur invention exclusive.
Chronologie des notations de Johannes Scheubel Trois jalons présentent les ouvrages de 1545, 1550 et 1552 et l'apparition progressive des signes plus et moins. Scheubel : une notation qui se diffuse 1545 1550 1552 De Numeris… Algebrae compendiosa Réédition + et – absentsdans l'ouvrage notations deLa Coss adoptées + et – présentsexplicitement
La chronologie distingue l'absence des signes en 1545, l'adoption des notations de La Coss en 1550 et leur présence explicite en 1552.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Situer Johannes Scheubel dans le mouvement de La Coss.
  • Relier les dates 1545, 1550 et 1552 aux publications et aux symboles + et –.
  • Comprendre ce que signifie sa notation « n–1 » pour une puissance.
  • Distinguer son activité algébrique de sa cartographie du Wurtemberg.

En clair

En ouvrant un ouvrage d'algèbre du XVIe siècle, on ne trouve pas forcément les signes que nous lisons aujourd'hui. Les livres de Johannes Scheubel montrent une période où les écritures algébriques se stabilisent peu à peu.
Scheubel est un mathématicien allemand formé à Vienne, puis enseignant à Leipzig et à Tübingen. Ses ouvrages de 1550 et de 1552 rendent visibles les signes + et –. Sa notation des puissances traduit aussi une idée concrète : pour un entier naturel n strictement positif, écrire « n−1 » pour compter les multiplications de la construction séquentielle de xn, sans prétendre donner le minimum général.

Définition

Johannes Scheubel est un mathématicien allemand du XVIe siècle, associé au mouvement de La Coss, une école algébrique germanophone. Sa contribution concerne l'histoire des écritures algébriques : il emploie des notations proches de celles de Michael Stifel et de Christoph Rudolff, et contribue à diffuser et à normaliser les symboles + et –.
La chronologie de ses publications précise cette évolution. De Numeris et Diversis Rationibus paraît en 1545 sans les symboles + et –. Algebrae compendiosa paraît en 1550 et adopte l'essentiel des notations de La Coss. La réédition de 1552 fait apparaître explicitement les deux symboles. Il ne s'agit donc pas d'attribuer à Scheubel une invention isolée, mais de situer son rôle dans une diffusion et une normalisation progressives.
Pour une puissance et un entier naturel n strictement positif, l'écriture xn désigne un produit de n facteurs égaux à x. Scheubel note « n−1 » pour indiquer, dans la construction séquentielle de ce produit, le nombre de multiplications à effectuer : x3 demande ainsi deux multiplications. Ce comptage ne constitue pas un minimum général, car une méthode par réutilisation peut être plus rapide. Cette notation est distincte de l'exposant moderne, qui indique directement le nombre de facteurs. Ses activités ne se limitent pas aux mathématiques : il est aussi nommé cartographe du duché de Wurtemberg et dresse en 1559 la plus ancienne carte connue de ce territoire.

Un exemple, pas à pas

Le parcours éditorial de Scheubel permet de suivre une même question : quand les signes + et – deviennent-ils explicites dans ses ouvrages ? Les repères disponibles sont le titre de l'ouvrage, son année et la présence ou non de ces signes.
En 1545, De Numeris et Diversis Rationibus est publié.
Dans cet ouvrage, les symboles + et – n'apparaissent pas encore.
En 1550, Algebrae compendiosa adopte l'essentiel des notations de La Coss.
En 1552, sa réédition fait apparaître explicitement les symboles + et –.
Le contrôle consiste à associer chaque année au bon événement : 1545 correspond à l'absence des deux signes dans le premier ouvrage, 1550 à l'adoption des notations de La Coss, et 1552 à leur présence explicite dans la réédition. Cette chronologie montre une progression documentaire, sans transformer une contribution à la diffusion en invention unique.

En pratique

Pour situer Scheubel dans l'histoire de l'algèbre, on commence par identifier le contexte de La Coss, puis on examine ses ouvrages et leurs notations. Cette lecture chronologique est préférable à une attribution immédiate de tous les symboles à un seul auteur.
Pour comprendre sa notation des puissances, on compare le nombre écrit par Scheubel avec l'opération décrite : « n−1 » compte les multiplications de la construction séquentielle de xn, pour un entier naturel n strictement positif. Il ne s'agit pas d'un minimum général. Le critère observable est le nombre de multiplications, et non le nombre de facteurs.
Pour aborder son activité de cartographe, on sépare les deux domaines : les ouvrages renseignent sa contribution aux notations algébriques, tandis que la carte de 1559 documente son activité de cartographe du duché de Wurtemberg.

À ne pas confondre

Scheubel ne doit pas être confondu avec La Coss. Scheubel est une personne, tandis que La Coss désigne le mouvement ou l'école algébrique germanophone auquel il est associé. Le critère qui tranche est la grammaire de la phrase : un ouvrage peut adopter des notations de La Coss, alors que Scheubel les emploie et contribue à leur diffusion.
Il ne faut pas non plus confondre les signes + et – avec une invention attribuée exclusivement à Scheubel. La source le présente comme un contributeur à leur diffusion et à leur normalisation, dans des notations proches de celles de Stifel et de Rudolff.

Limites et pièges

Le piège principal est de lire « contribution à la diffusion » comme « invention solitaire ». Le symptôme est une phrase qui attribue à Scheubel l'origine unique des signes + et –. Il faut conserver la chronologie : ils ne figurent pas encore dans l'ouvrage de 1545, puis apparaissent explicitement dans la réédition de 1552, après l'ouvrage de 1550 qui adopte l'essentiel des notations de La Coss.
La notation « n−1 » peut également être mal interprétée. Pour un entier naturel n strictement positif, elle indique le nombre de multiplications du produit construit facteur par facteur, tandis que n indique le nombre de facteurs dans l'écriture moderne. Pour n = 1, aucune multiplication n'est nécessaire ; pour n = 3, il en faut deux. Ce comptage n'est pas un minimum général : x4 peut être calculé par x2, puis (x2)2, en deux multiplications. Il faut donc distinguer le nombre de facteurs de celui des opérations.
Enfin, l'année 1559 concerne la carte du duché de Wurtemberg, non une publication algébrique mentionnée dans la source. Le bon réflexe consiste à associer chaque date à son résultat précis : 1545, 1550, 1552 et 1559 ne désignent pas le même type d'activité.

Pour aller plus loin

Pour replacer Scheubel dans le courant auquel il est associé, consultez La Coss. Ce prolongement présente le mouvement algébrique germanophone évoqué dans la fiche et aide à comprendre pourquoi l'adoption de notations communes relève d'une histoire collective des écritures.
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