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AnalyseNotion · Glossaire

approximation de Galerkin

L’approximation de Galerkin remplace un problème continu, comme une équation différentielle ou intégrale, par un problème de dimension finie : on cherche la solution approchée dans un sous-espace fini et on impose que le résidu soit orthogonal aux fonctions test de ce sous-espace. Elle ramène ainsi le calcul d’une fonction inconnue à celui d’un nombre fini de coefficients, accessibles aux algorithmes numériques.
Solution exacte et approximation de Galerkin Comparaison sur l’intervalle de zéro à un de la solution exacte u égale à x moins x cube sur six et de l’approximation de Galerkin u indice h égale à x fois un moins x sur quatre. x u(x) 0 1 solution exacte u approximation de Galerkin uₕ
Les deux courbes satisfont les bords et se croisent en x = 1/2, mais la condition de Galerkin porte sur le résidu intégré.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Relier une formulation faible à un problème discret de dimension finie.
  • Construire et résoudre une approximation de Galerkin à un coefficient.
  • Vérifier l’orthogonalité du résidu sur l’exemple.
  • Distinguer Galerkin des éléments finis, de l’interpolation et de la collocation.
  • Identifier les conditions de stabilité et les limites qui gouvernent la convergence.

En clair

Imaginez une courbe inconnue décrite par une équation, mais impossible à calculer directement en chacun de ses points. On choisit alors quelques formes simples et l’on cherche leur meilleur dosage. La règle de Galerkin règle les coefficients pour que l’erreur restante soit invisible lorsqu’on la confronte aux mêmes formes de test. Le problème continu devient ainsi un nombre fini d’équations sur ces coefficients. En ajoutant des formes bien choisies, on peut généralement affiner l’approximation.

Définition

On part d’une formulation faible : dans un espace de fonctions V, il faut trouver une fonction u telle qu’une forme bilinéaire a vérifie a(u,v)=(v)a(u,v)=\ell(v) pour toute fonction test v de V. La forme linéaire ℓ représente les données du problème. Cette écriture couvre notamment de nombreuses équations différentielles et intégrales.
La méthode choisit un sous-espace Vh de dimension finie inclus dans V. Elle cherche une fonction uh dans Vh telle que a(uh,vh)=(vh)pour tout vhVha(u_h,v_h)=\ell(v_h)\quad\text{pour tout }v_h\in V_h. En soustrayant les deux formulations, on obtient l’orthogonalité de Galerkin : a(uuh,vh)=0pour tout vhVha(u-u_h,v_h)=0\quad\text{pour tout }v_h\in V_h. Le mot « orthogonalité » se rapporte ici à la forme a ; il ne suppose pas toujours la distance euclidienne ordinaire.
Si les fonctions φ1, …, φn forment une base de Vh, on écrit uh comme une combinaison de ces fonctions. Les coefficients inconnus cj satisfont alors le système fini
j=1na(φj,φi)cj=(φi),i=1,,n\sum_{j=1}^{n}a(\varphi_j,\varphi_i)c_j=\ell(\varphi_i),\qquad i=1,\ldots,n
Ce système possède une solution unique lorsque sa matrice est inversible. Des hypothèses comme la continuité et la coercivité de a assurent cette propriété dans le cadre classique.

Un exemple, pas à pas

On cherche une fonction u sur l’intervalle [0, 1] qui vérifie u(x)=x-u''(x)=x, avec u(0) = u(1) = 0. Sa formulation faible demande 01u(x)v(x)dx=01xv(x)dx\int_0^1u'(x)v'(x)\,dx=\int_0^1xv(x)\,dx pour toute fonction test v nulle aux deux bords. On choisit le sous-espace à une dimension engendré par la fonction φ définie par φ(x) = x(1 − x).
1. La solution approchée a la forme uh(x) = cφ(x), où c est l’unique coefficient à déterminer. La fonction test de Galerkin est également φ.
2. Comme φ′(x) = 1 − 2x, le membre gauche vaut c01(12x)2dx=c3c\int_0^1(1-2x)^2\,dx=\frac{c}{3}.
3. Le membre droit vaut 01x2(1x)dx=112\int_0^1x^2(1-x)\,dx=\frac{1}{12}. L’équation discrète c/3 = 1/12 donne donc c = 1/4.
4. L’approximation obtenue est uh(x) = x(1 − x)/4. La solution exacte, calculée ici pour contrôler le résultat, est u(x) = (x − x3)/6. À x = 1/4, elles valent respectivement 3/64 et 5/128 : elles sont proches, mais différentes.
Le contrôle propre à Galerkin ne consiste pas à comparer tous les points. En remplaçant uh dans la formulation faible avec le test φ, les deux membres valent exactement 1/12. Le résidu est donc orthogonal au sous-espace choisi, même si la courbe approchée n’est pas partout la courbe exacte.

En pratique

En mécanique des structures, une déformation continue est remplacée par des fonctions définies sur un maillage. La méthode des éléments finis fournit précisément ces sous-espaces locaux. On raffine le maillage lorsque les déplacements ou les contraintes changent trop vite pour l’espace choisi.
Dans une simulation numérique, le calcul porte sur les coefficients de uh, et non sur une infinité de valeurs indépendantes. Le système discret devient préférable à une résolution symbolique lorsque la géométrie, les données ou les conditions aux bords rendent la solution exacte inaccessible.
Pour contrôler un calcul, on vérifie d’abord que les fonctions choisies respectent les conditions imposées, puis que le résidu s’annule contre chaque fonction test. Si cette condition échoue, il faut corriger l’assemblage ou les intégrales avant d’augmenter la dimension de l’espace.

À ne pas confondre

Approximation de Galerkin et méthode des éléments finis. Galerkin fixe la condition de projection sur un espace fini ; les éléments finis construisent cet espace avec des fonctions locales attachées à un maillage. L’exemple à une seule fonction globale est une approximation de Galerkin, mais pas une discrétisation usuelle par éléments finis.
Projection de Galerkin et interpolation. Une interpolation impose l’accord en des points ou sur des données prescrites. Galerkin impose l’annulation du résidu contre des fonctions test. Dans l’exemple, uh et u coïncident en x = 1/2, mais cette coïncidence ponctuelle n’est pas la règle qui a déterminé c.
Méthode de Galerkin et collocation. La collocation force l’équation à être satisfaite en un nombre fini de points. Galerkin impose des identités intégrales. Un résidu peut donc être non nul en certains points tout en ayant une intégrale nulle contre toutes les fonctions test retenues.

Limites et pièges

Une petite dimension n’assure pas une bonne approximation. La condition de Galerkin sélectionne une réponse dans l’espace choisi, mais cet espace peut manquer les formes importantes de la solution. Le symptôme est une erreur qui demeure lors d’un contrôle indépendant ; il faut enrichir l’espace ou raffiner le maillage.
Le système discret peut être singulier. Si la matrice formée par les nombres a(φj, φi) n’est pas inversible, les coefficients ne sont pas déterminés de façon unique. Il faut alors vérifier les conditions aux bords, l’indépendance de la base et les hypothèses de stabilité, plutôt que choisir arbitrairement une solution.
« Orthogonal » ne signifie pas toujours « plus proche au sens usuel ». Si a est symétrique et définit un produit scalaire, uh est une projection orthogonale pour la norme associée. Sans symétrie ou positivité, l’identité a(u − uh, vh) = 0 reste vraie, mais cette interprétation géométrique peut disparaître.
Faire croître l’espace ne suffit pas sans stabilité. Une suite d’espaces doit approcher les fonctions du problème, et les problèmes discrets doivent rester bien posés. Sinon, davantage de coefficients peuvent produire des systèmes mal conditionnés ou des solutions qui ne convergent pas vers u.

Pour aller plus loin

méthode des éléments finis — Pour voir comment un maillage fournit les sous-espaces de Galerkin utilisés en simulation numérique.
forme bilinéaire — Pour approfondir l’objet a qui transforme la formulation faible en système linéaire.
espace de Hilbert — Pour situer le cadre fonctionnel où normes, convergence et orthogonalité deviennent précises.
projection — Pour relier la condition de Galerkin à l’idée générale de projeter sur un sous-espace.
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