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Logique et ensemblesNotion · Glossaire

Corestriction

La corestriction d'une application consiste à réduire son ensemble d'arrivée sans changer sa règle. On choisit un nouvel ensemble d'arrivée qui contient toutes les valeurs effectivement prises. S'il contient exactement ces valeurs, l'application obtenue est surjective.
Corestriction d'une application à son image Les nombres 1, 2, 3 et 4 sont reliés respectivement à a, b, a et c. Les lettres a, b et c forment B, tandis que d et e restent dans F hors de B. E F B = Im(f) 1 2 3 4 a b c d e
Les quatre flèches atteignent a, b et c : corestreindre à cet ensemble rend l'application surjective.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier ce qui change et ce qui reste inchangé lors d'une corestriction.
  • Vérifier la condition Im(f) ⊆ B sur un exemple fini.
  • Savoir quand la corestriction obtenue est surjective.
  • Distinguer corestriction, restriction et surjectivité.

En clair

Imaginez une machine qui accepte quatre jetons et annonce toujours l'une des trois lettres a, b ou c. Son étiquette promet pourtant cinq sorties possibles, de a à e. La corestreindre revient à remplacer cette étiquette par la liste des sorties réellement visées, sans toucher aux jetons ni aux résultats produits.
La règle de la machine reste donc identique. Seul son ensemble d'arrivée devient plus précis.

Définition

Soit une application f dont l'ensemble de départ est E et l'ensemble d'arrivée est F. Son image, notée Im(f), est l'ensemble des valeurs effectivement prises par f. On choisit un sous-ensemble B de F qui contient Im(f). La corestriction de f à B, notée fB, conserve le départ E et la règle qui associe une valeur à chaque élément. Elle remplace seulement l'ensemble d'arrivée F par B.
Avec ces notations, la nouvelle application s'écrit :
fB:EB,xf(x)f_{B}:E\to B,\quad x\mapsto f(x)
La condition Im(f) ⊆ B est indispensable : chaque valeur produite doit appartenir au nouvel ensemble d'arrivée. Si l'on choisit exactement B = Im(f), chaque élément de B possède au moins un antécédent et fB est surjective. Un choix strictement plus grand reste une corestriction valide, mais il peut laisser des éléments de B sans antécédent.

Un exemple, pas à pas

Une application f associe quatre nombres à des lettres. Données :
L'ensemble de départ est E = {1, 2, 3, 4}.
L'ensemble d'arrivée est F = {a, b, c, d, e}.
La règle donne f(1) = a, f(2) = b, f(3) = a et f(4) = c.
1. Relevons les valeurs effectivement obtenues : a, b, a et c.
2. En supprimant la répétition de a, l'image de f est Im(f) = {a, b, c}. La figure rend visible ce passage des cinq arrivées déclarées aux trois arrivées atteintes.
3. Choisissons B = {a, b, c}. Cet ensemble contient toute l'image, donc la corestriction fB est bien définie de E vers B. Les quatre associations restent inchangées.
4. Contrôlons le résultat : a reçoit 1 et 3, b reçoit 2, c reçoit 4. Chaque élément de B a donc un antécédent. La corestriction obtenue est surjective.

En pratique

Lorsqu'une application est présentée avec un ensemble d'arrivée trop large, on détermine d'abord les valeurs qu'elle atteint. On peut ensuite la corestreindre à son image pour obtenir une application surjective sans modifier sa règle.
Dans une démonstration, ce choix est utile quand la suite du raisonnement exige une surjection. Si certaines valeurs de l'ensemble d'arrivée doivent rester disponibles, on préfère un ensemble B plus large que l'image, en acceptant que la surjectivité ne soit plus garantie.
Le contrôle est concret : après avoir choisi B, on vérifie que toute valeur de f appartient à B. Pour conclure à la surjectivité, on vérifie en plus que chaque élément de B est effectivement atteint.

À ne pas confondre

Restriction. Une restriction réduit l'ensemble de départ, tandis qu'une corestriction réduit l'ensemble d'arrivée. Dans l'exemple, garder seulement les départs {1, 2} serait une restriction ; remplacer F par {a, b, c} est une corestriction.
Surjection. La surjectivité est une propriété d'une application : chaque élément de son ensemble d'arrivée est atteint. La corestriction est une opération. Vers {a, b, c}, l'application de l'exemple est surjective ; vers {a, b, c, d}, elle est corestreinte mais d reste sans antécédent.

Limites et pièges

Ensemble trop petit. Si B oublie une valeur prise par f, l'écriture fB ne définit pas une application de E vers B. Dans l'exemple, B = {a, b} échoue parce que f(4) = c. Il faut ajouter c ou choisir un autre ensemble contenant toute l'image.
Ensemble encore trop large pour la surjectivité. Contenir l'image suffit pour définir la corestriction, pas pour la rendre surjective. Le choix B = {a, b, c, d} est valide, mais d n'est pas atteint. Pour garantir la surjectivité, il faut prendre B = Im(f).
Ensemble de départ vide. Si E est vide, l'image est vide et toute partie B de F contient cette image. La corestriction est alors surjective uniquement lorsque B est lui-même vide.
Même règle, application différente. Une application comprend sa règle, son départ et son arrivée. Après corestriction, les valeurs associées ne changent pas, mais l'application obtenue n'est pas identique à l'originale lorsque B ≠ F.

Pour aller plus loin

La Restriction éclaire l'opération duale, qui agit sur l'ensemble de départ plutôt que sur l'ensemble d'arrivée.
La fiche surjection approfondit la propriété obtenue lorsque l'ensemble d'arrivée est choisi égal à l'image.
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