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écart interdécile

Pour une série statistique quantitative, l'écart interdécile est la différence D9 − D1, où D1 et D9 sont les premier et neuvième déciles selon la convention de calcul retenue. Il mesure la largeur de la zone contenant approximativement les 80 % de valeurs centrales : plus il est grand, plus cette partie de la distribution est dispersée.
Zone centrale entre le premier et le neuvième décile Une distribution ordonnée est partagée en 10 pour cent, 80 pour cent centraux et 10 pour cent. D1 vaut 1 200 euros et D9 vaut 3 000 euros. Distribution ordonnée 10 % 80 % centraux 10 % D₁ 1 200 € D₉ 3 000 € écart interdécile = 1 800 €
Entre D₁ = 1 200 € et D₉ = 3 000 €, la zone centrale représente 80 % de la distribution dans le cas continu.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier D1 et D9 comme les deux bornes du calcul.
  • Calculer l'écart interdécile et contrôler son unité.
  • Distinguer l'écart, l'intervalle et le rapport interdéciles.
  • Reconnaître les effets des valeurs répétées et des conventions de quantiles.

En clair

Imaginez les revenus d'une population rangés du plus faible au plus élevé. On écarte les 10 % situés à chaque extrémité, puis on regarde la largeur de la zone restante. L'écart interdécile mesure cette largeur entre le premier décile, noté D1, et le neuvième, noté D9.
Plus cette différence est grande, plus les valeurs centrales sont étalées dans l'unité observée. La représentation des trois zones rend visible la part centrale mesurée par cet écart.

Définition

L'écart interdécile est un indicateur de dispersion pour une variable quantitative. Le premier décile, noté D1, est un seuil associé au niveau de 10 % de la distribution. Le neuvième décile, noté D9, est associé au niveau de 90 %. Leur différence s'écrit D9D1D_9-D_1 et conserve l'unité de la variable.
L'intervalle interdécile est [D1 ; D9] : c'est un ensemble de valeurs, tandis que l'écart interdécile est sa largeur. Dans une distribution continue, cet intervalle contient les 80 % centraux. Dans une série discrète ou comportant des valeurs égales, la proportion observée dans l'intervalle peut différer de 80 %, selon la convention de calcul des quantiles.
Le rapport interdécile, égal à D9/D1, mesure une dispersion relative et n'a pas d'unité. Il n'est interprétable que si la division par D1 a un sens, notamment lorsque D1 est non nul. Écart, intervalle et rapport sont notamment employés pour étudier des distributions de revenus ou de niveaux de vie.

Un exemple, pas à pas

Une étude de revenus mensuels fournit deux données : le premier décile vaut 1 200 € et le neuvième décile vaut 3 000 €. Ces seuils ont été obtenus avec la même population et la même convention de calcul.
1. Placez les deux bornes : l'intervalle interdécile est [1 200 € ; 3 000 €].
2. Soustrayez la borne basse de la borne haute : 30001200=18003\,000-1\,200=1\,800. L'écart interdécile est donc exactement 1 800 €.
3. Pour une lecture relative, divisez D9 par D1 : 3000/1200=2,53\,000/1\,200=2{,}5. Le seuil supérieur vaut deux fois et demie le seuil inférieur.
Le contrôle consiste à repartir de la borne basse : 1 200 € + 1 800 € = 3 000 €. On retrouve bien D9, avec des euros pour l'écart et aucune unité pour le rapport.

En pratique

Pour comparer la dispersion des revenus entre deux populations exprimées dans la même monnaie, on calcule D9 − D1. L'écart est préférable à l'étendue lorsque quelques valeurs extrêmes rendraient le minimum et le maximum peu représentatifs du centre.
Pour comparer des distributions dont les niveaux ou les unités diffèrent, on peut examiner le rapport interdécile plutôt que l'écart. Ce choix exige un D1 non nul et une division pertinente pour la grandeur étudiée.
Pour suivre une distribution au fil du temps, il faut conserver la même population, la même unité et la même convention de déciles. Une variation de l'écart peut alors être attribuée aux données plutôt qu'à un changement de méthode.

À ne pas confondre

Écart interdécile et étendue. L'étendue soustrait le minimum du maximum ; l'écart interdécile soustrait D1 de D9. Une seule valeur extrême peut donc modifier l'étendue sans modifier les deux déciles.
Écart interdécile et écart interquartile. Le premier utilise D1 et D9 ; le second utilise les premier et troisième quartiles. Ils décrivent respectivement une zone centrale de 80 % et une zone centrale de 50 % dans le cas continu.
Écart interdécile et rapport interdécile. Avec 1 200 € et 3 000 €, le premier vaut 1 800 € ; le second vaut 2,5. L'un est une différence avec unité, l'autre un quotient sans unité.

Limites et pièges

Valeurs répétées. Si de nombreuses observations sont égales à D1 ou à D9, l'intervalle fermé peut contenir plus de 80 % des données. Il faut annoncer la convention de quantile et éviter d'affirmer que la proportion empirique vaut exactement 80 %.
Premier décile nul. Lorsque D1 = 0, l'écart D9 − D1 reste calculable, mais le rapport D9/D1 ne l'est pas. Il faut alors conserver une mesure par différence ou choisir un autre indicateur relatif adapté.
Comparaisons de revenus. Deux écarts exprimés dans des monnaies, des périodes ou des populations différentes ne se comparent pas directement. Il faut d'abord harmoniser l'unité, la période d'observation, la population et la méthode de calcul des déciles.

Pour aller plus loin

Le décile précise comment une distribution ordonnée est partagée et éclaire le rôle exact de D1 et D9.
Le quartile permet de comparer la zone centrale de 50 % à la zone centrale associée aux deux déciles extrêmes.
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